Assurance vie : un investissement mal maîtrisé par les Français

Assurance vie : un investissement mal maîtrisé par les Français
La CLCV a réalisé une enquête sur les contrats d'assurance vie. - © hanohiki

L’association Consommation logement cadre de vie (CLCV) a enquêté sur le placement préféré des Français. Elle dénonce un manque de transparence des professionnels et des rendements inégaux.

Avec un encours de 1 682,3 milliards d’euros à la fin octobre 2017 et quelque 36 millions de contrats souscrits, l’assurance vie est le placement financier préféré des Français. Dans sa première enquête consacrée à ce produit, l’association Consommation logement cadre de vie (CLCV) a passé au crible 232 contrats et étudié les taux servis, le rendement des portefeuilles et les frais facturés sur 8 ans. 60 % de ces contrats sont toujours commercialisés, les autres ne le sont plus mais sont toujours détenus par des consommateurs.

Avant tout, l’association regrette un manque de transparence de certains professionnels. A l’origine, elle avait adressé 1 009 questionnaires – un par contrat d’assurance vie – mais seuls 232 lui ont été retournés.

Des frais de gestion plus importants

Globalement, les professionnels ont tendance à diriger les clients vers des contrats à frais de souscription moindres mais à frais de gestion plus importants. Concernant les performances, les assurances vie commercialisées par les banques ont un rendement plus faible que celles servies par les mutuelles ou assureurs (sur 8 ans, 22,62 % contre 27,96 % en moyenne). Et « les contrats fermés à la commercialisation ont tendance à être moins bien servis que les contrats ouverts (sur 8 ans, 25,62 % contre 27,13 %) », constate la CLCV.

Des redistributions inégales

Par ailleurs, l’association s’est intéressée au taux de redistribution des assurances vie. Du fait de l’application de frais de gestion et de provisions, le rendement dégagé par l’argent investi ne revient qu’en partie à l’assuré. Calculée sur 8 ans, la part touchée s’établit en moyenne à 75,1 %, avec des écarts allant de 56,3 % à 107 %. Ce dernier taux s’expliquerait par de faibles frais de gestion, une redistribution intégrale des participations aux bénéfices et le versement éventuel d’un bonus. L’association note même qu’elle peut fluctuer chez le même assureur en fonction du contrat. « C’est par exemple le cas de la Caisse d’épargne sur les contrats gérés par CNP Assurance, où le taux de redistribution varie de 56,3 à 89 % ».

Un produit mal maîtrisé

Les mécanismes de l’assurance vie restent largement méconnus des assurés. Dans un questionnaire adressé aux abonnés de la newsletter de la CLCV, seuls 72,4 % des répondants titulaires d’un contrat ont été capables de cocher la bonne réponse quand on leur a demandé la définition de l’assurance vie : « je verse de l’argent pour moi si je suis en vie ou pour le(s) bénéficiaire(s) désigné(s) si je décède ». Les non titulaires étaient 58,5 % à avoir su répondre correctement.