Assurance auto : les femmes paieront-elles plus cher ?

Assurance auto : les femmes paieront-elles plus cher ?

Une décision de la Cour de justice de l’Union européenne en date du 1er mars 2011 est venue bousculer les assureurs français, les obligeant, désormais, à ne plus faire de différence, côté tarifs, entre les hommes et les femmes.

Le critère jugé « discriminant » du sexe, jusque-là tout aussi important que de nombreux autres paramètres pour établir un tarif, notamment en assurance-automobile (nombre d’années de conduite, usage professionnel ou non du véhicule, existence d’un garage fermé, puissance fiscale, localisation géographique…) ne fait plus partie des grilles d’évaluation des risques propres à chaque compagnie.

Seulement les nouveaux contrats d'assurance auto

Conséquence logique de cette mesure : le prix de l’assurance-automobile pour les femmes, moins élevé jusque-là puisqu’elles provoquent statistiquement moins d’accidents et surtout moins d’accidents graves que les hommes, devrait être orienté à la hausse dans les prochaines semaines. Parallèlement, le tarif appliqué aux hommes devrait connaître une baisse.

Voilà pour la théorie… En pratique, il ne faut s’attendre à aucun bouleversement majeur, c’est-à-dire aucune augmentation généralisée et importante des contrats existants. Pourquoi ? D’abord parce que la décision de la Cour de justice européenne ne s’applique qu’aux contrats souscrits depuis le 21 décembre 2012 : la quasi-totalité des contrats d’assurance-automobile en cours n’est donc pas concernée.

Hausse des tarifs : surtout les jeunes conducteurs

Seconde raison, comme le souligne Stéphane Pénet, directeur des assurances de biens et de responsabilité à la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA), parce que « cette mesure concerne essentiellement les jeunes conducteurs », ceux – et celles – qui souscrivent un contrat d’assurance dès leur permis en poche ou dans les deux années qui suivent son obtention.

En effet, statistiquement, un conducteur âgé de 18 à 20 ans provoque environ deux fois et demie plus d’accidents qu’un conducteur de 30 ans ou plus.

Un constat à nuancer pour les jeunes conductrices qui affichent, pour leur part, un profil moins risqué. Concrètement, les assureurs tiennent compte de cette différence : elle se traduit, pour tous les jeunes conducteurs, par des majorations qui peuvent aller jusqu’à 100 % de la prime de base et qui s’éteignent au terme des deux premières années d’assurance sans accident. Pour les jeunes conductrices, ces surprimes étaient jusqu’à présent moins élevées de 20 % : c’est désormais terminé.

Enfin, il est difficile d’imaginer un dérapage des tarifs, tous assureurs confondus, face à la sensibilité des consommateurs vis-à-vis des prix affichés et compte tenu de la concurrence féroce qui s’exerce actuellement.

Les complémentaires santé à la baisse

Comme en automobile, les hausses ou les baisses de tarifs éventuelles appliquées aux autres types de contrats ne seront pas spectaculaires. Par exemple, la cotisation d’assurance des femmes détentrices d’une complémentaire santé, jusque-là plus élevée que celle des hommes du fait d’une plus grande consommation médicale (elles prennent davantage soin de leur santé), devrait ainsi baisser.

A contrario, le coût des assurances crédit et décès des femmes devraient augmenter, car leur espérance de vie est plus importante que celle des hommes. Là encore, ces modifications ne s’appliqueront qu’aux nouvelles souscriptions.

Les autres assurances de risques (habitation, annulation de voyage, protection juridique, assurance scolaire…) ne sont pas concernées : leurs tarifs ne prennent pas en compte la disparité hommes-femmes.