Labels de qualité : un surcoût justifié

Labels de qualité : un surcoût justifié

Les produits de qualité supérieure sont plus chers que les autres. Parce qu'ils supportent des contraintes de production importantes : matière première plus onéreuse, main-d'œuvre plus nombreuse, etc.

La qualité ne se décrète pas. Elle s'acquiert par la mise en place de structures, de matériels et de procédures élaborés, ce qui représente un investissement en hommes et en moyens. Elle se vérifie au travers de contrôles réalisés par un organisme indépendant.

Label rouge : ce qu'il garantit

Identifiable à son logo rouge vif, le label Rouge atteste d'une qualité supérieure à celle standard. Grâce à un mode de fabrication (alimentation, conditions d'élevage, abattage…) strictement encadré. Ainsi, la production moins intensive (alimentation à base de céréales, parcours en plein air, abattage plus tardif pour les bêtes, récolte à maturité, limitation de l'irrigation pour les végétaux…) garantit des aliments nettement plus savoureux.

En outre, l'utilisation d'antibiotiques de croissance dans l'alimentation des bêtes est rigoureusement interdite. Pour que ces obligations ne restent pas lettre morte, la surveillance est double : examen du dossier par le Comité national des IGP, STG (2) et label Rouge de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO), puis contrôles sur place (deux par an en général) par un organisme accrédité et agréé.

Ne pas confondre qualité et terroir

Si le label Rouge garantit une qualité supérieure, il n'est pas, en soi, le signe d'une exploitation artisanale ni même d'un terroir. Il s'engage sur une qualité supérieure, mais pas sur une typicité régionale. Il n'impose aucune obligation même si certains agriculteurs se contraignent à utiliser des matières premières locales et des méthodes traditionnelles.

Pour être sûr de consommer des produits de qualité supérieure, élaborés dans de petites exploitations, le consommateur devra choisir des aliments "label Rouge" avec la mention "fermier". Enfin, prudence concernant les produits "label Rouge" transformés (charcuterie, plats préparés) : les cahiers des charges n'imposent pas toujours l'utilisation d'une matière première "label Rouge" !

Les produits certifiés

À mi-chemin entre le label Rouge et un aliment standard, les produits sous certification de conformité se distinguent par deux ou trois caractéristiques valorisantes. Ils affichent le sigle "Atout qualité certifié" (AQC), créé par le Cepral (association des organismes certificateurs pour la promotion des systèmes de certification de produits agroalimentaires) ou le sigle "Critères qualité certifiés" (CQC), créé par Interbev, apposé sur les viandes.

Leur respect fait l'objet de contrôles par un organisme indépendant accrédité par l'État, le Comité français d'accréditation (Cofrac). À noter que si certaines caractéristiques sont importantes pour le consommateur, d'autres présentent beaucoup moins d'intérêt. C'est le cas notamment des garanties comme "Approvisionnement régulier", "Trié à la main", "Calibrage contrôlé", etc.

Peu de garanties dans les récompenses 'autodécernées'

Attention aux mentions telles que "Produit de l'année" ou "Grand Cru, qui fleurissent d'autant plus facilement que la réglementation n'impose aucun contrôle avant mise sur le marché. Il leur suffit de respecter les textes sur l'étiquetage, c'est-à-dire "n'entretenir aucune confusion sur les qualités du produit" pour être légales…

Ainsi, les aliments portant le marquage "Élu produit de l'année" (Grand Prix Marketing Innovation) sont distingués par des consommateurs qui ont acheté les produits et à qui on demande leur jugement. Mais leur opinion ne repose sur aucun cahier des charges particulier.

Et pour concourir, les producteurs doivent avoir acquitté des frais de participation de l'ordre de 3 000 €, auxquels s'ajoutent 15 000 € pour pouvoir apposer le logo sur le produit. Une somme malgré tout modeste, puisque l'apposition de cette mention permet aux ventes de progresser de 10 à 60 %.

Les produits portant la mention "Reconnu saveur de l'année" ont fait, eux, l'objet de tests de dégustation par des consommateurs. Chaque produit reçoit ensuite une note et il suffit d'obtenir 5 sur 10 pour devenir une saveur de l'année… Et de payer des frais de participation d'environ 1 400 € et une somme rondelette chaque année (autour de 10 000 €) pour porter le logo !

Enfin, il existe des récompenses décernées dans les concours agricoles : le Concours général agricole se déroule chaque année sous la tutelle du ministère de l'Agriculture. Les qualités gustatives des produits sont appréciées par un jury de professionnels. Mais aujourd'hui, un produit sur deux repart avec une distinction !

Attention aux sigles apposés par les distributeurs

Le développement des marques propres des distributeurs les a conduits, depuis quelques années, à créer leurs propres logos, qui ressemblent à s'y méprendre à un signe de qualité reconnu.

Pour ces produits ou ceux estampillés de la "Filière Qualité" de Carrefour, créée en 1991, les cahiers des charges (certifications de conformité) ne sont pas toujours publics. Quel que soit le marquage, il convient de vérifier l'étiquette du produit : s'il s'agit d'une démarche officielle de qualité, l'organisme certificateur et les caractéristiques certifiées doivent être mentionnés.

En cas d'absence totale d'information, le consommateur se trouve face à une astuce marketing ou à une marque propre. Parfois, lire la liste des ingrédients permet de débusquer la fausse appellation, comme celle de cette crème catalane "Destinations saveurs" élaborée selon "une authentique recette traditionnelle" qui contient des stabilisants, des conservateurs, des arômes et des colorants.

Il convient aussi de se méfier de toutes les allégations qui s'affichent sous forme de sigle (généralement un double cercle barré par une mention en diagonale) évoquant vaguement la certification de conformité produit. On trouve souvent dans cette catégorie les mentions suivantes : "Contrôle-qualité", "Traçabilité garantie", "Qualité-savoir-faire", "Engagement-qualité"…

Certaines grandes marques agroalimentaires cherchent également à être synonymes de qualité. Par exemple, Danone, qui communique sous la bannière de l'"Institut Danone" en mettant en avant les conseils nutritionnels et les bienfaits pour la santé de ses produits laitiers.

Le contrôle de la DGCCRF

La commercialisation des produits sous label est contrôlée par les services des directions départementales de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes.

Par exemple, en 2006, le label Rouge "veau fermier limousin élevé sous la mère" a été contrôlé dans les trois départements de la Corrèze, de la Creuse et de la Haute-Vienne. Dix-huit interventions ont été menées au cours de l'année chez les producteurs, dans les circuits de distribution et la restauration.

Peu d'anomalies ont été constatées dans les grandes et moyennes surfaces et chez les bouchers. Un rappel de la réglementation a été adressé à un restaurateur concernant la rédaction de sa carte et des menus et l'absence d'identification de l'origine des viandes servies à sa clientèle. Il méconnaissait le référentiel du label et la zone de production définie par l'Indication géographique protégée.

Les spécificités du logo AB

Seuls les produits agricoles et alimentaires issus de l'agriculture biologique peuvent arborer le logo AB, mis en place en 1980 par l'intermédiaire du ministère de l'Agriculture et de la Pêche.

Les produits "bio" doivent contenir au moins 95 % d'ingrédients d'origine biologique. Cela suppose qu'ils soient cultivés sans ajout de produits chimiques de synthèse et sans OGM (une contamination à hauteur de 0,9 % sera tolérée à partir de 2009).

Plusieurs organismes certificateurs peuvent vérifier l'application du cahier des charges de l'agriculture biologique : Aclave, Agrocert, Ecocert, Qualité France SA, SGSICS et Ulase. Outre le logo AB, le nom de l'organisme certificateur doit également être apposé sur l'emballage.