Label Rouge, AOC, AB, sans OGM : peut-on s'y fier ?

Label Rouge, AOC, AB, sans OGM : peut-on s'y fier ?

Chaque année, le concours général agricole décerne une médaille d’or, d’argent ou de bronze aux produits du terroir. Et les labels se multiiplient : AB, sans OGM, Label rouge, AOC, AOP, IGP, STG... Le consommateur peut-il se fier à toutes ces indications ?

Les 6 200 jurés du concours général agricole désignent chaque année, dans le cadre du Salon de l’Agriculture à Paris, les trois meilleurs producteurs dans une catégorie donnée (foies gras, vins, huiles d’olives…), leur décernant une médaille d’or, d’argent ou de bronze.

Une récompense qui dope le chiffre d’affaires des lauréats, comme l'explique Stéphanie Salgues, éleveuse de canards gras à Rocamadour, récompensée trois années de suite pour son magret :

Une médaille du concours de Paris, c’est clairement un argument de vente. Cela permet de se distinguer. Cela incite les visiteurs à venir découvrir la ferme. »

Aucun cahier des charges pour le concours général

Le concours général agricole est-il pour autant un gage de qualité ? Olivier Andrault, juriste alimentation à l’association UFC-Que choisir, oppose l’absence d’un cahier des charges officiel. Pourtant, le concours se veut sérieux, comme l'explique Jean-Luc Poulain, organisateur du salon :

Les échantillons sont jugés par huit jurés bénévoles, issus de la fabrication, de la restauration ou des amateurs avertis, comme vous et moi, qui peuvent bénéficier de trois jours de formation. »

Chacun remplit sa grille d’évaluation, puis la décision est discutée et prise à la majorité.

Quelques labels exigeants, d’autres qui le sont moins

À côté du Concours général agricole, il existe une multitude de mentions : produits saveurs de l’année, marques de territoires… Comment s’y retrouver ? Les plus exigeants, et donc les plus fiables, sont les signes officiels délivrés par l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao).

Il s’agit de labels (AOC, label AB, label Rouge) créés par de petits producteurs locaux, qui se sont regroupés pour mieux se faire reconnaître et pour garantir un produit typique et traditionnel, un sérieux qui assure leur pérennité. Le cahier des charges est validé par le ministère de l’Agriculture, publié au Journal officiel et révisé régulièrement par l’Inao, qui envoie également des experts contrôler les exploitations.

Les labels alimentaires dans le détail

1. L’AOC et l’AOP : la défense d'un terroir précis

  • L’appellation d’origine contrôlée (AOC) est à la fois le signe le plus connu et le plus ancien, puisqu’il a été créé en 1935 pour défendre les vins français. Il garantit aujourd’hui 456 produits, dont 309 vins.
  • L’appellation d’origine protégée (AOP) est son équivalent européen : il se substitue désormais à l’AOC sur toutes les étiquettes, sauf sur le vin qui compte 309 AOC reconnues. Il désigne un produit dont toutes les étapes de fabrication sont réalisées dans une zone géographique délimitée – un terroir – et qui répond à un cahier des charges bien déterminé. Ainsi, le saint-nectaire ne peut être fabriqué que dans une partie de l’Auvergne, à partir de lait local, selon un mode de fabrication traditionnel.

2. L’IGP : le produit d’une région

  • L’indication géographique protégée est également un signe officiel européen mais il est plus récent (1992) et, surtout, beaucoup plus souple : il suffit qu’une seule étape de sa fabrication, par exemple la production ou encore la transformation, ait lieu dans la zone géographique indiquée. De plus, la région en question est très étendue, comme le riz de Camargue ou les mirabelles de Lorraine.

3. La STG: un savoir-faire traditionnel

  • La spécialité traditionnelle garantie est le label le plus méconnu. Jambon Serrano (Espagne), bière Gueuze (Belgique), moules de Bouchot (France)… S’il s’agit d’un signe officiel européen, la STG n’est pas attachée à un territoire, mais à une « recette » ou une façon de faire traditionnelle : tous les producteurs peuvent élaborer une STG et utiliser son nom à condition de respecter son cahier des charges.

4. AB : la marque du bio

  • Le signe Agriculture biologique est également un signe officiel européen : la « feuille verte » remplace désormais le logo AB. Il signale que les conditions de production sont respectueuses de l’environnement et du bien-être animal. C’est une obligation de résultats : il garantit que le mode de production de la crème dont est issu un beurre bio, par exemple, respecte bien le cahier des charges de l’agriculture biologique. Les produits transformés n’ont droit qu’à un nombre limité d’additifs. En revanche, le signe n’est pas lié à un lieu de production. Et il n’offre pas de garantie sur la qualité gustative du produit.

5. Le label Rouge : une qualité gustative supérieure garantie

  • Le premier Label Rouge a été obtenu par des volailles des Landes en 1965, puis par l’ail rose de Lautrec en 1966. Très prestigieux, le label Rouge est un gage de qualité, il garantit des produits ayant des caractéristiques gustatives supérieures à celles d’un produit courant. Des caractéristiques qui se paient : un produit label Rouge vous coûtera parfois jusqu’à 60 % de plus que le standard. C’est un signe français, mais qui n’est pas rattaché à un territoire. Près de 500 produits se partagent le label : saumon fumé, ravioles, pommes de terre, miel… Il est d’ailleurs possible de le cumuler avec une AOP ou une IGP pour se référer à un territoire comme les poulets de Loué ou les ravioles du Dauphiné.

6. Nourri sans OGM : une mention non officielle mais très contrôlée

  • Le label Nourri sans OGM n'est pas d’une mention officielle de l’Inao comme les labels précédents. Cependant, cette indication, née en 2013, est encadrée et réglementée par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. Elle correspond à un cahier des charges strict et s’applique à la viande de bœuf, de porc, aux volailles, aux œufs… Cette mention reste toutefois encore peu exploitée, notamment en grande distribution, même si le consommateur semble la réclamer.
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