Foires aux vins : que valent les AOC ?

Foires aux vins : que valent les AOC ?

Depuis le 1er août 2009, l’Europe a défini une nouvelle réglementation pour les vins. En France, pour redonner une crédibilité à l’appellation d’origine contrôlée (AOC), de nouveaux cahiers des charges viennent d’être rédigés.

Imaginée dans les années 1930, l’appellation d’origine contrôlée (AOC) a été conçue pour caractériser 15 à 20 % des vins français, pas plus. Aujourd’hui, ce gage de qualité s’est banalisé : plus de la moitié des vins disponibles sur le marché bénéficient d’une AOC. De plus, le consommateur a du mal à s’y retrouver entre les vins de table, les vins de pays locaux, départementaux, régionaux, les AOC, les crus, les cuvées, les millésimes…

Cette abondance de termes porte préjudice à la commercialisation des vins français à l’étranger. Enfin, de nombreuses voix ont fait remarquer que les AOC, qui légitiment une typicité liée à un terroir précis, tendent de plus en plus à se standardiser. Soit l’inverse du but initial recherché !

L’AOC aujourd’hui

L’appellation d’origine contrôlée est une certification officielle délivrée par l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao). Elle garantit l’origine d’un produit et son lien au terroir, assuré par des facteurs naturels (sol, climat…) et humains (choix des cépages, méthodes de vinification…).

Pour prétendre à l’AOC, les vins doivent obéir à un cahier des charges qui définit, par exemple, les aires de production, les cépages qui le composent et fixe les quantités maximales à récolter. Il existe actuellement 471 AOC en France qui regroupent des vins rouges, blancs et rosés, mais aussi des eaux-de-vie (cognac, armagnac…), des liqueurs comme le Pineau des Charentes, des vins doux naturels (Maury ou Banyuls…) et des vins mousseux comme le champagne et les crémants.

De nouveaux cahiers des charges

L’Inao a lancé une réforme de la certification en remettant à plat le cahier des charges de chaque AOC afin de redorer leur blason et d’augmenter leur crédibilité auprès des consommateurs, français ou étrangers. Il faut préciser qu’auparavant les syndicats de défense de chaque appellation rédigeaient les cahiers des charges et assuraient leur respect.

À la fois juges et parties, ces syndicats se sont séparés en deux nouvelles entités : l’organisme de défense et de gestion (ODG) et l’organisme d’inspection (OI). Les appellations ont dû vaincre leurs divergences internes pour rédiger de nouveaux cahiers des charges, qui ont été ensuite validés par l’Inao, puis publiés au Journal officiel, et qui seront présentés à Bruxelles au plus tard le 31 décembre 2011.

Désormais, les contrôles destinés à vérifier que le vin répond bien au nouveau cahier des charges de son AOC sont désormais effectués par des organismes certificateurs totalement indépendants. Ces contrôles sont ainsi réalisés tout au long de la chaîne de fabrication du produit, depuis la culture du raisin jusqu’à la mise en bouteille.

Par ailleurs, les dégustations ont lieu au plus près de la mise en bouteille, ce qui n’était pas le cas dans l’ancien système, où elles pouvaient avoir lieu en cuve, avant l’assemblage final, un procédé beaucoup plus crédible, donc, pour garantir le lien au terroir.

Une réforme européenne

La réforme française des AOC était d’autant plus nécessaire que la France doit se mettre en conformité avec la réglementation européenne. Ainsi, depuis le 1er août 2009, les vins français sont censés devenir, soit des appellations d’origine protégée (AOP), soit des indications géographiques protégées (IGP), soit des vins sans indication géographique.

Mais que regroupent ces appellations ? La polémique n’est pas tranchée car tous les bénéficiaires de l’AOC refusent de devenir des IGP et souhaitent plutôt intégrer le "club" des AOP. Or si toutes les AOC deviennent des AOP, la réforme perd tout son sens…

Liberté sur l’étiquette

Théoriquement, les vins du millésime 2009 devraient porter les indications IGP ou AOP. Dans les faits, une visite chez le caviste montre que c’est loin d’être systématique car "en matière de vins, les mentions traditionnelles sont jugées équivalentes", explique-t-on à l’Inao. Les producteurs de vin français disposent donc d’une marge de liberté. Si la plupart ne changent rien à leur étiquetage, certains, comme les producteurs de vins de pays d’Oc, font désormais figurer sur leurs bouteilles l’IGP.