Bien manger avec un petit budget

Bien manger avec un petit budget
De plus en plus de circuits alternatifs misent sur les produits de saison et suppriment les intermédiaires. - © vm

Pour se nourrir sainement sans se ruiner, il suffit de changer d’habitudes, de mieux s’organiser ou de recourir aux nouveaux circuits de distribution qui mettent en relation directe producteurs et consommateurs.

Choisir les aliments de premiers prix

« Pas de différence significative de composition nutritionnelle entre premiers prix, marques de distributeurs et marques nationales », tel est le rassurant constat de la dernière étude de l’Oqali. Cet organisme, géré par l’Agence de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) et l’Institut national de recherche agronomique (Inra), collecte régulièrement l’information nutritionnelle disponible sur les emballages. 35 000 références couvrant la totalité du secteur alimentaire ont ainsi été répertoriées, des céréales au jambon, en passant par les jus de fruit et les desserts lactés. Nous pouvons sans risque opter pour les produits d’entrée de gamme ou pour le hard-discount, notre santé n’en pâtira pas. En revanche, notre choix sera plus limité, et nos apports en protéines seront plus faibles, ce qui est sans importance puisque la population française dépasse les apports conseillés pour ce type de nutriments.

Opter pour les aliments proches de leur date de péremption

Tous les aliments affichent une date limite de consommation, DLC, ou une date limite d’utilisation optimale, DLUO, désormais appelée date de durabilité minimale, DDM. La première, exprimée par la mention « À consommer jusqu’au... », précise la date jusqu’à laquelle la denrée conserve ses propriétés spécifiques. Au-delà, elle est interdite à la vente, car le produit, après une courte période, risque de présenter un danger immédiat pour la santé. La seconde, exprimée par « À consommer de préférence avant le... », permet de savoir jusqu’à quand le produit conserve ses qualités gustatives. Au-delà de la DDM, le produit peut être vendu, car il n’est pas nocif, même s’il peut, parfois, se révéler moins bon. Pour les produits frais, deux start-up, OptiMiam et Zéro-Gâchis, référencent les commerçants qui organisent des ventes flash sur leurs stocks. Les réductions peuvent atteindre 70 %. Pour les produits non périssables, comme l’huile ou les conserves, des magasins de déstockage (destockeurs-alimentaires.fr) les vendent à moitié prix.

Acheter des produits bruts

En cinquante ans, la part des plats préparés a été multipliée par quatre. C’est dans ces petits plats mitonnés industriellement que se cachent le plus de gras, de sucre, de sel et d’additifs. Mieux vaut opter pour le fait maison et économiser 20 à 30 % en s’inspirant, par exemple, des idées de la Fabrique à menus (mangerbouger.fr). Les légumes délaissés à cause de leur aspect imparfait représentent 30 % de la production française. Pour éviter le gaspillage, ils ont leur place en rayon toute l’année sous le label Les gueules cassées (lesgueulescassees.org). Ces légumes sont vendus 30 % moins cher que les produits standard.

Expérimenter les circuits courts

De plus en plus de circuits alternatifs misent sur les produits de saison et suppriment les intermédiaires.

  • Les Amap, associations pour le maintien d’une agriculture paysanne, sont des groupes de particuliers qui achètent à un agriculteur sa production en début de saison, afin d’avoir toute l’année un panier hebdomadaire de fruits et légumes à environ 15 €.
  • La ruche qui dit oui s’inspire du même principe avec un système d’approvisionnement plus souple. Plus besoin de s’engager à l’année, et on peut choisir en ligne ses denrées, au gré de ses envies. Une fois la commande payée, vous allez la chercher sur le lieu de distribution.
  • Les fermes cueillettes allient balade à la campagne et économies. En vous rendant sur place cueillir vos fruits et vos légumes, vous économisez 20 à 30 % sur votre marché.
  • Les drive-fermier, mis en place par les chambres d’agriculture, donnent l’occasion aux agriculteurs de vendre en ligne leur récolte. Vous commandez, vous payez et vous allez récupérer vos achats dans un point de retrait.
  • La Super Halle d’Oullins ou Frais d’ici sont des magasins de vente directe de produits issus des fermes à proximité. Les prix ne sont pas plus bas, mais ils sont justes, et ils assurent une meilleure qualité.
  • Des coopératives participatives, comme La Louve à Paris ou Otsokop au Pays Basque, vont ouvrir dans le courant de l’année. Inspirés de la Park Slope Food Coop, qui a déjà quarante ans d’existence à New York, ces nouveaux supermarchés donnent la priorité aux producteurs locaux et aux produits de saison. Chacun peut y faire son marché pour 15 à 30 % moins cher, à condition d’investir 100 € dans l’entreprise et d’y consacrer trois heures par mois.

Des idées de menus à la pelle !

« On mange quoi aujourd’hui ? » C’est une question que vous ne vous poserez plus, grâce aux propositions de la Fabrique à menus. Vous y retrouverez, pour toute la semaine et tous les repas, des suggestions de préparations de saison équilibrées pour l’ensemble de la famille. Cette idée futée émane du site mangerbouger.fr. Élaborés par des nutritionnistes, les menus sont accompagnés de recettes et de listes de courses. Le panel est large et permet de concocter, toute l’année, des dîners à petits prix répondant aux apports nutritionnels conseillés (ANC) en France.

Et pour ne plus gaspiller les restes, pensez à l’application Frigo Magic, qui vous permet de sélectionner les ingrédients dont vous disposez et d’obtenir des recettes originales.

Et aussi sur Dossier familial