Reconversion professionnelle : comment devenir fonctionnaire ?

Reconversion professionnelle : comment devenir fonctionnaire ?
Le troisième concours a été instauré pour moderniser le recrutement et intégrer de nouveaux profils, riches et plus variés. - BraunS

Vocation tardive, volonté de redonner du souffle à sa carrière ou nécessité de retrouver un emploi : certains salariés du privé ont fait le grand saut en réussissant le troisième concours de la fonction publique.

Traditionnellement, on acquiert un emploi dans la fonction publique au sortir de l’école (après le baccalauréat ou l’université), après avoir réussi un concours :

  • soit un concours externe (ouvert aux diplômés) ;
  • soit un concours interne, pour ceux qui occupent déjà un poste dans l’administration.

Une autre voie d’accès, assez méconnue mais qui existe pourtant depuis plus de quinze ans, permet de rejoindre les métiers de la fonction publique : le « troisième concours » a été instauré pour moderniser le recrutement et intégrer de nouveaux profils, riches et plus variés.

Selon les statistiques publiées en juin 2015 du ministère de la Fonction publique, sur les 507 postes proposés au troisième concours en 2013, 444 personnes ont été admises pour la fonction publique d’État (hors fonction publique territoriale et hospitalière).

Quelles sont les conditions d’accès ?

Les candidats doivent justifier d’une expérience professionnelle dans le secteur privé en tant que salariés, indépendants, ou avoir occupé des responsabilités au sein d’une association, ou encore avoir été titulaires d’un mandat d’élu local (maire, conseiller municipal, général ou régional).

La durée minimale cumulée de ces activités est fixée à quatre ans (parfois davantage pour certains concours). Aucune limite d’âge n’est imposée (à de rares exceptions), aucune condition de diplôme n’est requise.

À quels métiers accède-t-on ?

Les postes proposés pour un recrutement – sans qualification pour la catégorie C, niveau bac pour la catégorie, B, études supérieures pour la catégorie A – permettent d’accéder à de nombreuses filières (administratives, hospitalières, culturelles, techniques, etc.) et à des postes variés.

  • Catégorie A : inspecteur du travail, professeur des écoles, ingénieur territorial…
  • Catégorie B : gardien de la paix, secrétaire administratif, infirmier, technicien territorial…
  • Catégorie C : adjoint administratif, surveillant de l’administration pénitentiaire, agent de maîtrise…

Le troisième concours donne également accès aux écoles de la fonction publique, comme les Instituts régionaux d’administration (IRA), l’École nationale d’administration (ENA) ou l’École nationale de la magistrature (ENM).

Quelle est la probabilité de réussite au concours ?

Les épreuves sont souvent allégées par rapport à celles du concours externe, et même si le nombre de postes proposés est restreint, peu de candidats se présentent. Le ratio entre le nombre de candidats et celui des postes à pourvoir est donc plus favorable que pour les deux autres voies de concours.

« Les candidats ont plus de chance de réussir. Les sujets sont un peu plus faciles, en général, mais un bon niveau est exigé. Il est essentiel de bien se préparer, parfois un an avant », confie Francine Levannier, directrice des concours et de la mobilité des cadres de direction au Centre national de la fonction publique territoriale.

Instituts, centres ou écoles préparent les candidats en présentiel ou à distance, comme les centres de préparation à l’administration générale (CPAG), les instituts de préparation à l’administration générale (IPAG), le Centre national d’éducation à distance (Cned), les groupements d’établissements (Greta)…

À quel poste est-on nommé ?

Une fois le concours en poche, les lauréats suivent une formation de six à trente et un mois, selon les métiers, qui peut se dérouler loin du domicile. De même, il faut parfois accepter d’être mobile géographiquement, l’affectation étant liée au classement.

Dans la fonction publique territoriale, un poste n’est pas immédiatement assuré au candidat. Celui-ci est inscrit sur une liste d’aptitude qui lui permet de postuler, CV et lettre de motivation à l’appui, dans toute la France auprès des collectivités territoriales.

Quelles qualités sont requises ?

«Ce parcours, parfois difficile, nécessite une réelle motivation. Les candidats qui sont admis sont des personnes très investies», souligne Francine Levannier. Certains évoquent la recherche d’un sens à donner à leur activité, d’autres l’envie profonde d’une reconversion professionnelle ou encore la nécessité de retrouver un emploi après une période de chômage.

Christian avait besoin de se rassurer lorsqu’il a passé le concours d’entrée des IRA, il y a six ans : «J’ai eu envie de me tester. Je n’avais plus de perspective d’évolution à mon poste, et je ne m’entendais pas avec mon supérieur.»

Il a échoué de peu (9e pour 8 postes), mais l’expérience lui a été bénéfique : «Je sais désormais qu’avec un peu plus de préparation, le concours est à ma portée. En cas de nouvelles difficultés professionnelles, je le repasserai.»

Les fonctionnaires issus du troisième concours, riches d’une expérience professionnelle antérieure, sont très appréciés de leurs nouveaux collègues. Une étude de l’Apec, publiée en novembre 2015, révèle qu’ils sont « très réactifs, apporteurs de compétences ». Ils sont perçus comme « dynamiques », ayant une « culture du résultat » et des « modes de management performants ».