Rodez, le cœur de l’Aveyron

Rodez, le cœur de l’Aveyron

Rodez, avec sa cathédrale de grès rose polychrome et son quartier moyenâgeux, allie le charme d’une ville moyenne et la proximité d’une campagne au patrimoine étonnant.

Photo : bcinfrance

La cathédrale de Rodez apporte sa marque au paysage de la ville et attire tous les regards. Elle est le point d’orgue de la visite du centre historique, qui permet de découvrir, au détour de ses rues piétonnes, quelques maisons remarquables par leur architecture et par l’éclairage qu’elles apportent à la connaissance de la vie médiévale du Rouergue.

« Cet édifice est particulier à plus d’un titre, explique Amandine Branchet, guide à l’office de tourisme. Ses dimensions - 107 m de long et 36 m de large - en font l’une des plus vastes cathédrales du sud-ouest de la France. Sa couleur, qui va du rose au blanc grâce au grès utilisé pour sa construction, capte le moindre rayon de soleil. De plus, elle n’a pas d’entrée côté ouest ; cette façade, qui faisait partie de l’ensemble défensif de la ville, a été intégrée au rempart qui a ceinturé la cité à partir du xive siècle. »

Autre singularité, le nombre considérable d’années nécessaires à sa construction : trois siècles durant lesquels la guerre de Cent Ans, les épidémies - la peste notamment -, les problèmes de financement et les dissensions au sein du clergé séculier local vont retarder son achèvement.

La cathédrale de Rodez et ses dentelles de pierre

L’entrée dans l’édifice s’effectue donc par les portes latérales nord et sud. La sobriété de la nef contraste avec la décoration des chapelles latérales. L’une d’elles abrite une sculpture de calcaire peint représentant la mise au tombeau du Christ . Autour de la sépulture, saint Joseph d’Arimathie, saint Jean, la Vierge, Marie-Madeleine et Nicodème, revêtus de riches tenues de style gothique, présentent des visages d’une infinie tristesse. Au-dessus, trois saynètes dont un Christ muni d’une bêche, renvoyant à la confusion qu’aurait faite Marie-Madeleine le prenant pour un jardinier. Presque en face, sur le transept nord, un orgue gigantesque - il comporte 3 155 tuyaux - a été parfaitement rénové en 1986. Le buffet, en bois de noyer, est orné de motifs floraux et de masques grotesques ainsi que d’une vierge à l’enfant.

À l’extérieur, le clocher, de style gothique flamboyant, est le joyau de la cathédrale. Érigé en position détachée le long du chevet, il fait penser à un campanile. Du haut de ses 87 m, il domine l’édifice, auquel il confère une grande légèreté.

Le palais de l'évêché de Rodez

Il suffit de traverser la rue pour aller admirer le palais de l’évêché . Cette élégante construction de pierres et de briques - une exception à Rodez - qui date de 1694 est actuellement la résidence de l’évêque. La tour austère qui se trouve au coin du jardin est l’une des trois tours - parmi les vingt-quatre qui en faisaient partie à l’origine - qui ont échappé à la destruction des remparts.

Sur le boulevard Estournel, qui suit le tracé des anciennes fortifications, trône la tour Corbières, un bâtiment qui a fait office de prison durant la Révolution.

Le quartier canonial de Rodez

Une fois la place d’Armes traversée, voici le quartier canonial. Il ne subsiste qu’une seule des maisons habitées

par les chanoines attachés à la cathédrale. Sa façade gothique est ornée de deux tourelles en encorbellement. Passé le porche, la cour intérieure est équipée d’un puits sur les flancs duquel des coquilles Saint-Jacques renvoient aux pèlerins qui trouvaient ici un refuge pour passer la nuit.

À Rodez, les relations n’ont pas toujours été sereines entre les pouvoirs civils et religieux. Les dissensions ont été telles que la ville a même été coupée en deux. Aux XIIe et XIIIe siècles, un mur séparait les quartiers du bourg, sous l’administration du comte d’Armagnac, et celui de la cité, sous l’autorité de l’évêque. Seule une porte - la porte du Pas - permettait de passer d’un quartier à l’autre. Il faut dire que le quartier du bourg pouvait accueillir les foires et marchés, un privilège jalousé par l’évêque, qui se trouvait privé d’une confortable source de revenus.

Les ruelles du quartier cathédral on conservé leur caractère médiéval.

Piétonnes pour la plupart, elles permet­tent d’admirer des façades dont celle de la maison dite « d’Armagnac » qui compte parmi les plus belles. Laissons les pas des visiteurs se perdre dans ceux des Ruthénois pour s’imprégner de l’ambiance d’une ville qui fut, le temps du Moyen Âge, un centre commercial très florissant.

Le parcours des églises fortifiées de Rodez

C’est une des curiosités à ne pas manquer : deux églises fortifiées, situées à Sainte-Radegonde et à Inières , à quelques kilomètres à l’est de Rodez. Si leur fonction les réunit, leur architecture les distingue. Elles ont été édifiées afin de servir d’abri aux villageois rançonnés par les grandes compagnies durant les troubles qui ont accompagné la guerre de Cent Ans.

« Ces pillards - on les appelait aussi les routiers - étaient davantage craints que les Anglais, raconte Amandine Branchet, notre guide. Lourdement armés et bien organisés, ils ne laissaient aucune chance aux malheureux qui croisaient leur route. Le pouvoir royal a mis plusieurs décennies pour s’en débarrasser. »

Les deux édifices remplissaient une double fonction : mettre à la disposition des villageois (contre un loyer à verser à leur seigneur qui était aussi évêque de Rodez) une pièce dans laquelle ils pouvaient ranger en sûreté leurs objets de valeur, et servir d’abri lors des périodes troubles. Il suffisait alors de fermer les lourdes portes pour se trouver en relative sécurité, les victuailles étant stockées là. Un puits procurait l’eau douce nécessaire à la survie.

Construite un siècle après Sainte-Radegonde, l’église d’Inières se présente comme un donjon : une tour rectangulaire à l’austérité soulignée par la pierre jaune qui a servi à l’édifier. Au rez-de-chaussée, la chapelle abrite une sculpture remarquable, le groupe de l’Annonciation, de type gothique finissant, réalisée en calcaire peint de couleurs vives et qui se trouvait jusqu’à la Révolution dans la cathédrale de Rodez. Un escalier à vis très étroit conduit aux étages supérieurs, récemment restaurés, divisés en chambres de dimensions modestes. L’ensemble est couvert d’un toit de lauzes et d’un clocher supportant trois cloches.

Plus ancienne, l’église de Sainte-Radegonde est d’architecture plus complexe. Trois tours ceinturent l’édifice, qui présente toutes les marques de la défense de l’époque : tours, échauguettes, mâchicoulis. L’édifice religieux comprend une nef, un chœur, deux chapelles et une abside. Ses vitraux témoignent de quelques-uns des miracles accomplis par sa sainte patronne. Et une peinture murale représente des scènes du paradis terrestre.

Rodez, informations pratiques

Aller à Rodez

Par la route. Sur l’A 20, prendre la sortie 56 vers Figeac, puis la N 140 par Decazeville. On peut aussi venir par l’A 71 et l’A 75 jusqu’à Séverac et emprunter la N 88 jusqu’à Rodez.

Par le train. Liaisons quotidiennes Paris-Rodez et Toulouse-Rodez. Renseignements : www.voyages-sncf.com. Pour contacter la gare de Rodez, composer le 36 35.

Par les airs. Vols quotidiens de Paris et de plusieurs villes d’Europe vers l’aéroport de Rodez-Marcillac.

Se renseigner

Office de tourisme du Grand Rodez, place Foch, BP 511, 12000 Rodez. Tél. : 05 65 75 76 77. Web : www.ot-rodez.fr.

Maison de l’Aveyron : 01 42 36 84 63 et www.maison-aveyron.org.