Laver le linge de façon écologique

Laver le linge de façon écologique

Énergivore, le lave-linge ingurgite aussi des kilos de lessive contenant de multiples substances nocives pour l’environnement. Des solutions de remplacement existent. Mais que valent-elles ?

Laver toujours aussi blanc en respectant l’environnement passe, en premier lieu, par l’achat d’un lave-linge économe en eau et en énergie. Les appareils de classe A ou A+, dotés d’une fonction qui ajuste le volume d’eau en fonction du poids du linge, consomment environ trois fois moins d’eau que les modèles de classe C. Ensuite, il faut préférer des lessives respectueuses de la planète.

Privilégier les produits labellisés

Depuis le 1er juillet 2007, les phosphates sont interdits dans la fabrication des lessives, car ces substances, destinées à adoucir l’eau, sont responsables de la prolifération des plantes et algues dans les rivières et les océans. Cependant, les lessives contiennent toujours un cocktail important de composés chimiques.

Des tensioactifs pour détacher la saleté, des alcalins pour faciliter l’entrée de l’eau dans les fibres et la sortie des salissures, des anticalcaires, des agents de blanchiment, des azurants optiques pour accroître l’effet de blanc, des enzymes pour rendre certaines molécules plus solubles, des agents antiredéposants, des antimousses, des parfums, des conservateurs, des colorants…

Tous ces "ingrédients" proviennent de la pétrochimie et ils ne sont pas sans conséquences sur l’environnement et la santé (sécheresse de la peau, allergies…).

Des emballages de lessive trompeurs

La grande majorité des lessiviers n’utilisent aucun composant d’origine minérale ou végétale, mais ils soignent la présentation des produits pour laisser croire au consommateur qu’il achète une lessive bio.

L’emballage est vert prairie ou bleu océan, les dessins évoquent la nature et les mentions entretiennent la confusion : "Aux huiles essentielles", "Respecte les peaux sensibles", "Pour une planète plus propre", "Aux éléments essentiels de savon de Marseille"…

L’un des rares moyens à la disposition des consommateurs pour acheter une lessive dont la fabrication préserve l’environnement est de privilégier les produits portant l’un des trois labels existant en France, créés par des structures privées indépendantes des fabricants. Il s’agit de l’Écolabel européen (la Fleur), d’Écocert et de Nature & Progrès.

Lessives labellisées écologiques

Mais ces labels garantissent uniquement les critères retenus dans leurs cahiers des charges. Par ailleurs, certains fabricants autoproclamés "verts" refusent d’entrer dans ces labels, comme la société Écover qui a créé son propre référentiel écologique, "Modèle diamant", contrôlé par la société indépendante AIB-Vinçotte Environment.

Aujourd’hui, la plupart des lessives labellisées écologiques proviennent de petites ou moyennes entreprises (Novamex, Laboratoire Gravier…). Elles sont vendues dans des magasins spécialisés ou sous la marque des enseignes de la grande distribution (Monoprix, Carrefour, Magasins U…).

Parmi les trois grands lessiviers - Henkel, Procter & Gamble et Unilever -, seul le premier a mis sur le marché une lessive plus respectueuse de l’environnement. "Le Chat Éco Efficacité" contient des tensioactifs produits à partir de cœurs de palme issus de palmeraies bénéficiant du label RSPO (Roundtable on Sustainable Palm Oil). Les flacons sont fabriqués à partir de plastiques recyclés par un sous-traitant sur le site de l’usine pour réduire les transports.

Mais le lessivier doit encore respecter des règles de dosage afin d’obtenir l’Écolabel européen. Les lessives écologiques doivent rester efficaces. Si ce n’est pas le cas, les utilisateurs surdosent. Finalement, le but de préservation de la nature n’est pas atteint.

L'efficacité des noix de lavages est décevante

Les défenseurs de l’écologie pensaient avoir trouvé dans les boules ou les noix de lavage le produit miracle. Les boules (10 à 15 €) sont remplies de petites billes de céramique. Placées dans le tambour de la machine, elles sont censées assurer plus d’une centaine de lavages.

Les noix de lavage, de petites coques provenant de l’arbre à savon asiatique (Sapindus mukorossi), doivent être introduites dans le tambour (quatre ou cinq dans un petit sac). Réutilisables, elles se vendent au poids (8 à 20 € le kg), et 1 kg assure 100 à 150 lavages. Mais l’efficacité des unes comme des autres est très décevante.

Un test comparatif réalisé en octobre 2009 par l’UFC-Que Choisir montre que ces produits ne font guère mieux qu’un simple brassage du linge à l’eau chaude. Les taches difficiles ­restent et le linge blanc vire assez vite au gris, car boules et noix ne contiennent ni azurants optiques ni agents de blanchiment.

Créer sa lessive au Savon d’alep

Une alternative : confectionner sa lessive à base de savon de Marseille ou d’Alep. Leur fabrication n’étant ni protégée ni labellisée, vérifiez leur composition avant tout achat.

Le savon de Marseille, de couleur marron-vert, est fait d’huile d’olive (72 %), d’huile de coprah (noix de coco), d’huile de palme et de soude. Attention aux savons de Marseille industriels qui utilisent de l’huile de sésame, d’arachide, ou du suif (graisse de bœuf), ainsi que des additifs (conservateurs, colorants et parfums de synthèse).

Quant au savon d’Alep, il contient essentiellement de l’huile d’olive et de l’huile de baies de laurier. Sans traces de parfum, de colorant et d’adjuvant de synthèse, il est biodégradable à 100 %. Pour fabriquer de la lessive liquide pour le lave-linge, mélangez 100 g de savon en paillettes (ou râpé) à 2 litres d’eau bouillante, laissez refroidir et agitez avant utilisation.

L’avis de l'expert Robert Victoria, ingénieur à l’INC (Institut national de la consommation)

Consulter le site www.guidetopten.fr pour l’achat d’un lave-linge économe en eau.

Préférer les cycles courts à basse température (30 ou 40 °C).

Remplir complètement sa machine, car deux cycles économiques - ou deux demi-charges - consomment plus d’eau et d’électricité qu’un seul cycle.

Nettoyer les taches difficiles avec du savon de Marseille.

Doser la lessive selon la dureté de l’eau (renseignements auprès du distributeur d’eau ou à la mairie). Si elle est dure, on augmente les doses ; si elle est douce, on les diminue.

Les labels pour vous aider à choisir

L’Écolabel européen

Contrôlé en France par l’Agence française de normalisation, il garantit une biodégradabilité supérieure à celle d’un produit équivalent classique pour une efficacité comparable et quelle que soit l’origine des composants : naturels ou chimiques. Les critères, assez souples, devraient être plus stricts en 2011. Produits : L’Arbre Vert, Auchan, U écologique, Carrefour Agir Éco Planète, Naturella…

Infos : www.ecolabels.fr et 01 41 62 80 00.

Écocert

Délivré par Écocert, un organisme indépendant de contrôle et de certification, ce label garantit que la grande majorité des ingrédients qui composent les détergents sont naturels (tensioactifs, parfums, colorants) et biodégradables. Produits : Biovie, Écodoo, Étamine du Lys…

Infos : www.ecocert.fr et 05 62 07 34 24.

Nature & Progrès

Délivré par la Fédération des associations Nature & Progrès, ce label est contrôlé par l’organisme certificateur indépendant Certipaq. Outre l’exigence de naturalité et de biodégradabilité des composants, l’entreprise est obligée de s’engager dans une démarche environnementale concernant plus de 70 % de ses références.

Produits : Lérutan et Harmonie Verte (Laboratoire Gravier), Écolavie. Infos : www.natureetprogres.org et 04 66 91 21 94.