Sicav, FCP, comment ça marche ?

Sicav, FCP, comment ça marche ?

Plusieurs milliers de sicav et de fonds communs de placement (FCP) sont disponibles en France. Mais ils sont loin de tous se ressembler. Voici quelques repères pour mieux choisir.

Les sicav (sociétés d'investissement à capital variable) et les fonds communs de placement (FCP), que l'on peut traditionnellement souscrire auprès d'un établissement financier, sont aujourd'hui aussi de plus en plus souvent mis en avant dans les contrats d'assurance-vie, les PEA (plans d'épargne en actions), les plans d'épargne retraite ou encore les PEE (plans d'épargne entreprise).

SICAV

Appelés également OPCVM (organismes de placement collectif en valeurs mobilières), ils permettent d'investir sur les marchés financiers en confiant la gestion à un gérant professionnel. Une sicav est une société créée pour gérer un portefeuille de titres (des actions ou des obligations, par exemple). Elle émet des actions que vous pouvez acquérir.

FCP : un fonctionnement proche

Un FCP est une copropriété, créée dans le même but, et dont vous achetez des parts. En pratique, ces différences juridiques ont peu de conséquences, car sicav et FCP fonctionnent pratiquement de la même façon. La valeur de leurs actions ou de leurs parts est en général calculée chaque jour ou chaque semaine sur la base de la valeur nette du portefeuille, aux cours de Bourse du jour. C'est à ce prix - appelé "valeur liquidative" - que vous achetez et revendez les actions d'une sicav ou les parts d'un fonds.

Les OPCVM se distinguent par type de placement réalisé dans le portefeuille.

Droits d'entrée...

Lorsque vous souscrivez des parts d'OPCVM, vous acquittez en général des droits d'entrée - ou commission de souscription - de 0,5 % à 5 % selon les cas, excepté parfois sur les fonds monétaires. Si vous revendez vos parts, certains fonds - peu nombreux - réclament en outre des frais de sortie. Enfin, vous payez aussi les frais de gestion de l'OPCVM, mais ils sont prélevés directement sur le portefeuille.

... frais de transaction et droits de garde

Attention, si vous achetez les OPCVM d'un concurrent, votre établissement financier peut aussi vous facturer des frais de transaction (pour l'achat et la revente des parts), et des "droits de garde", c'est-à-dire des frais annuels, en général proportionnels à la valeur des parts qu'il conserve pour vous dans son système informatique.

Les sicav et FCP "monétaires"

Les sicav et FCP "monétaires" investissent sur les taux d'intérêt à moins d'un an. Ce placement rapporte moins de 2 % en moyenne par an aujourd'hui (hors frais de gestion), mais ne fait courir aucun risque à

votre capital. Ces OPCVM sont donc utiles pour placer de l'argent pour de très courtes périodes, si vous souhaitez qu'il reste toujours disponible.

Les OPCVM obligataires

Les OPCVM obligataires (investis en obligations) sont un peu plus risqués : la valeur de leurs parts peut baisser momentanément. Elle dépend en effet pour partie des intérêts que servent les obligations détenues en portefeuille, et du prix de ces obligations sur le marché. Or ces titres s'apprécient quand les taux d'intérêt baissent, et chutent quand les taux remontent.

Depuis dix ans, la forte diminution des taux d'intérêt sur les marchés financiers a permis aux OPCVM obligataires d'offrir de belles performances. Mais ce mouvement semble aujourd'hui achevé. Les experts attendent désormais une stabilisation ou une légère hausse des taux, ce qui devrait être moins porteur pour ce placement.

Les OPCVM "actions"

Les OPCVM "actions" subissent les aléas de la Bourse, ce qui implique de les choisir seulement pour un placement à long terme. Le choix est vaste. Souvent, les épargnants préfèrent les sicav et FCP spécialisés sur la Bourse française ou sur celle de pays de la zone euro (elles évoluent d'ailleurs de façon très voisine), plus proches et surtout sans risque de change. Mais, à certaines périodes, des OPCVM spécialisés sur d'autres pays (États-Unis, Japon…) peuvent offrir des opportunités.

À noter : d'un OPCVM actions à l'autre, les styles de gestion sont parfois différents. Les uns privilégient les actions des grandes entreprises, les autres peuvent être spécialisés dans certains thèmes d'investissement (petites valeurs), secteur géographique ou style de gestion (valeurs de croissance, valeurs de rendement).

Les fonds profilés

Il est rarement conseillé de miser toute votre épargne sur les actions ou même sur les seules obligations. Aussi certains OPCVM proposent-ils d'effectuer une répartition. Ils investissent à la fois en actions, en obligations et sur des placements monétaires dans des proportions variables selon le risque que vous êtes prêt à prendre. On les appelle les "fonds profilés", car ils sont conçus pour correspondre à un profil de gestion donné : prudent, équilibré, dynamique, offensif…

Chaque OPCVM fixe ses propres règles, mais, en général, un fonds "équilibré" détient autour de 50 % d'actions, européennes ou internationales. Le reste du portefeuille est investi en obligations ou placements monétaires. En revanche, un fonds prudent n'est en général investi en Bourse qu'à hauteur de 5 à 15 %. La performance finale de ces OPCVM profilés dépend donc de l'évolution des marchés obligataire et actions. Avec eux, votre capital n'est donc pas à l'abri du risque.

Les fonds garantis

Si vous êtes tenté par la Bourse, mais inquiet à l'idée de perdre peut-être une partie de votre capital, vous préférerez sans doute les OPCVM "à formule". Aujourd'hui, la plupart d'entre eux garantissent le capital investi. Ces FCP sont commercialisés en général pendant quelques semaines et conçus pour être conservés de deux à dix ans selon les cas.

À l'échéance, vous êtes certain de récupérer au minimum le prix initial de vos parts. En plus, si les marchés boursiers ont été favorables, vous empocherez un gain calculé selon une formule définie au départ, et en général liée à l'évolution d'un ou plusieurs indices boursiers (CAC 40, Euro Stoxx 50, etc.) ou d'une sélection d'actions. En contrepartie de cette garantie, souvent votre gain ne peut dépasser un certain plafond, même si les marchés flambent. En outre, si vous devez récupérer votre argent avant la date prévue, la garantie en capital ne joue pas et des frais de sortie anticipée risquent de vous être réclamés. Bref, vous n'avez pas la même liberté qu'avec une sicav ou un FCP classique.

Les fonds de fonds

Un OPCVM peut investir dans d'autres OPCVM. On parle alors de "fonds de fonds".Cette méthode permet par exemple de diversifier facilement un portefeuille sur différents pays : le fonds répartit ses investissements sur un fonds spécialiste des Etats-Unis, sur un fonds actions japonaises, un autre dédié aux pays émergents, etc.

Cette méthode est aussi utilisée pour profiter des expertises de différents gérants d'établissements différents. Le fonds sélectionne quelques fonds censés être les meilleurs dans le choix de valeurs sur une zone précise (par exemple l'Europe) et les souscrit.

Un prospectus à lire absolument !

Un prospectus à lire absolument. Chaque OPCVM doit établir un document, agréé par l'Autorité des marchés financiers (AMF), pour décrire son objectif de gestion, sa stratégie de gestion, les risques, le niveau de frais, éventuellement les performances passées faisant référence à un indice boursier auquel elles peuvent se comparer, etc.

Ce "prospectus" (c'est le terme officiel) est donc indispensable pour bien connaître une sicav ou un fonds. Il est également disponible en principe sur les sites Internet des sociétés de gestion et sur le site de l'AMF. Avant toute souscription de parts d'OPCVM, un exemplaire du prospectus simplifié doit obligatoirement être remis au souscripteur.

Un document plus détaillé existe sur chaque OPCVM, il s'agit d'un document appelé "prospectus complet" qui comprend une note détaillée, un prospectus simplifié et les statuts ou le règlement de l'OPCVM.

Et aussi sur Dossier familial