Savoir puiser dans ses placements

Savoir puiser  dans ses placements

Un budget un peu serré à cause des vacances ? Vous avez parfois besoin de puiser dans votre épargne. Certains placements se prêtent mieux que d'autres à des retraits.

Généralement, l'ouverture d'un compte d'épargne est destinée à répondre à un souci particulier. Souscrits dans le but de parer à un éventuel besoin de trésorerie, les livrets d'épargne se caractérisent par la disponibilité des fonds et sont les premiers dans lesquels il faut puiser en cas de besoin.

Rentabilité à long terme

Les autres placements se caractérisent soit par un projet (le plan d'épargne logement est destiné à financer l'achat d'un bien immobilier), soit par un souci de rentabilité à long terme (c'est le cas du PEA, par exemple), soit par tout autre projet à long terme (financer sa retraite avec un PEP, transmettre un patrimoine en exonération de droits avec une assurance-vie…).

Vous êtes libre, mais…

La caractéristique de ces placements est que les revenus sont exonérés d'impôt ou donnent droit à un prêt (PEL) si on les conserve pendant un certain temps. Malgré cela, vous êtes libre de retirer votre épargne quand vous le souhaitez. Mais c'est parfois pénalisant : la rémunération promise peut se trouver réduite, le retrait taxé, le placement clôturé d'office, etc. Parfois, il peut être plus intéressant de souscrire un prêt pour financer une dépense ponctuelle plutôt que de puiser dans vos placements. Dûment informé des pénalités encourues, vous pourrez faire vos calculs.

Les livrets d'épargne : rois de la trésorerie

Puiser sur les livrets d'épargne est de loin la meilleure piste. Car sur un Codevi, un livret A, un LEP ou un compte sur livret, par exemple, vous pouvez tour à tour verser, retirer et reverser sans pénalités, et sans modifier la fiscalité du placement. Simplement, il vaut mieux attendre le 16 ou le début du mois pour retirer votre argent, car, pour porter intérêt, les sommes placées doivent rester sur le livret pendant une quinzaine civile complète, jusqu'au 15 ou au dernier jour du mois. Les retirer avant vous ferait donc perdre quinze jours d'intérêts. Si vous avez plusieurs livrets d'épargne, faites vos retraits en priorité sur celui qui rapporte le moins. C'est souvent le compte sur livret, un des rares dont les intérêts sont imposables.

Attention : il existe des soldes minimaux à conserver sur les comptes ; pour le compte épargne logement (CEL), par exemple, vous pouvez faire des retraits à votre guise, sans pénalités, mais à condition de laisser en permanence au moins 300 €. Sinon, le CEL doit être fermé.

Plan d'épargne logement (PEL) : retraits impossibles sans le fermer

Impossible de faire un retrait sur un PEL sans le fermer. De plus, s'il a été ouvert depuis moins de quatre ans, la rémunération sera réduite.

Si le plan a moins de deux ans, les intérêts seront calculés au taux du CEL.

Si le plan a entre deux et trois ans, vous conserverez les intérêts versés par la banque, mais la prime d'État, qui les complète, ne vous sera pas attribuée.

Si votre PEL a entre trois et quatre ans, vous ne recevrez que la moitié de cette prime d'État si le PEL a été ouvert avant le 1er août 2003. S'il a été ouvert après, les droits à prime sont décomptés sur les intérêts acquis jusqu'à la fin de la 3ème année. Dans tous les cas de sortie anticipée, les droits à prêt seront minorés, voire supprimés.

Si votre PEL a plus de quatre ans, la rémunération annoncée, prime comprise, vous est entièrement acquise, même si vous le fermez. Mais si vous voulez réinvestir par la suite, vous devrez ouvrir un nouveau PEL, dont la rémunération est hélas plus faible que celles des « vieux » PEL (les plus anciens rapportent encore 6 % avec la prime d'État, et 4,62 % si elle a atteint son plafond). Ce n'est donc pas forcément une bonne affaire.

Si vous devez vous résigner à fermer votre PEL, attendez de préférence d'avoir fêté l'anniversaire de sa souscription : c'est à cette date qu'est calculée la prime d'État. Si vous clôturez votre PEL avant, vous n'aurez droit qu'à la prime qui vous était due… au dernier anniversaire en date.

Plan d'épargne populaire : mieux vaut attendre dix ans

Vous ne pouvez faire des retraits sur votre PEP sans le fermer que s'il a déjà fêté son dixième anniversaire. Mais si la banque vous a garanti une rémunération fixe jusqu'à une échéance donnée, elle peut néanmoins exiger des pénalités si vous retirez l'épargne avant cette échéance. Et n'oubliez pas qu'après un premier retrait tout nouveau versement sur votre plan sera interdit.

Si votre PEP a moins de dix ans,

vous serez obligé de le fermer pour retirer votre épargne.

Si votre plan a entre huit et dix ans, les intérêts ne seront pas taxés. Seuls les prélèvements sociaux (CSG, CRDS…) vous seront réclamés, si vous ne les avez pas payés chaque année.

Si votre plan a moins de huit ans, les intérêts seront soumis soit à l'impôt sur le revenu, soit, si vous préférez, à un prélèvement forfaitaire de 35 % (+ CSG et CRDS) si le PEP a moins de quatre ans, et de 16 % (+ CSG et CRDS) s'il a entre quatre et huit ans. Mais vous pouvez y échapper si le retrait est justifié par un cas de force majeure : décès de votre conjoint, expiration de vos droits aux assurances chômage ou de ceux de votre conjoint, invalidité de l'un ou de l'autre, cessation d'activité professionnelle après un jugement de liquidation judiciaire.

Attention, depuis le 25 septembre 2003, il n'est plus possible d'ouvrir un PEP, mais ceux qui en ont ouvert un avant cette date peuvent le conserver.

Plan d'épargne en actions (PEA) : s'abstenir d'y puiser avant huit ans

Aucun problème si le plan a au moins huit ans. Tous vos gains sont alors exonérés d'impôt (ils subissent seulement les prélèvements sociaux) et vous avez le droit de faire un retrait partiel sans fermer votre PEA. Mais après ce premier retrait vous ne pourrez plus y reverser de l'argent.

En revanche, lorsque le PEA a moins de huit ans, faire un retrait vous oblige à le fermer. Vos gains éventuels seront exonérés d'impôt s'il a au moins cinq ans. Dans ce cas, vous supporterez seulement les prélèvements sociaux.

Et sinon ? Vos gains seront taxés au taux de 33,5 % si le plan a moins de deux ans (dont 11 % de prélèvements sociaux), et de 27 % s'il a entre deux et cinq ans (dont 11 % de prélèvements sociaux). Mais attention, vos gains sont imposables seulement si le seuil annuel de cession de valeurs mobilières atteint plus de 15 000 €. Pour vérifier si vous avez atteint ce seuil, il faut ajouter au montant des ventes hors PEA la valeur liquidative ou de rachat du PEA, à la date du retrait.

L'assurance-vie : opter pour une avance quand c'est possible

L'assurance-vie a une vocation de long terme et ne répond pas à un objectif de liquidité. Il est néanmoins possible de disposer de tout ou partie du capital en cas de besoin. Cette opération, qui porte le nom de rachat, s'effectue sans mettre fin au contrat si on laisse le capital minimal demandé par l'assureur (sinon, il s'agira d'un rachat total). Néanmoins, un retrait présente plusieurs inconvénients.

Il peut y avoir des impôts à payer.

Chaque rachat est constitué du capital (les versements) et des intérêts ou plus-values. Au prorata du capital placé et des gains réalisés sur l'ensemble du contrat, l'assureur calcule le poids respectif, dans votre rachat, du capital et des intérêts ou plus-values. Une partie de la somme retirée, celle qui correspond à ces gains, peut donc être taxée.

Si votre contrat a moins de huit ans, elle sera soumise à l'impôt sur le revenu ou, si vous préférez, à un prélèvement forfaitaire de 35 % (pour un contrat de moins de quatre ans) ou de 15 % (s'il a entre quatre et huit ans). Il faudra ajouter les prélèvements sociaux, à régler lors d'un retrait sur les contrats multi-supports (ils se paient chaque année sur les contrats en euros).

Si le contrat a plus de huit ans, tous les gains qui proviennent de versements réalisés avant le 1er janvier 1998 sont exonérés d'impôt. Seuls ceux issus de l'épargne placée après cette date sont soumis à l'impôt sur le revenu ou à un prélèvement forfaitaire de 7,5 %, après un abattement de 4 600 € pour un célibataire (le double pour un couple marié).

Notez que certains sont exonérés d'impôt sur le revenu : les produits des contrats souscrits avant le 1er janvier 1983, les produits des contrats en actions DSK ou Sarkozy, les produits qui se rapportent aux primes versées jusqu'au 25 septembre 1997.

Certaines compagnies d'assurances prévoient des frais de retrait anticipé

si vous retirez une partie de votre épargne avant une certaine date. Dans la même logique, certaines prévoient d'attribuer une prime de fidélité (des intérêts supplémentaires) aux souscripteurs qui ne font aucun

retrait avant, par exemple, quatre ou huit ans. Mais ces pratiques deviennent rares.

Enfin, pour vous éviter de faire des rachats, certains contrats vous donnent la possibilité de profiter d'une "avance". C'est un prêt consenti par l'assureur pour une durée généralement de trois ans maximum (parfois renouvelable). Vous le rembourserez en général en une seule fois, au moment de votre choix, ou à l'échéance prévue. Vous aurez des intérêts à payer. Mais le coût de cette avance est inférieur à celui d'un crédit, puisque le capital n'est pas entamé du montant de l'avance et continue d'être rémunéré sur toute la durée de l'avance. C'est une solution intéressante si vous pensez pouvoir rembourser rapidement

Retrait anticipé sur les fonds garantis : rendement moindre

Les fonds à capital garanti vous assurent que vous retrouverez à l'échéance (trois à huit ans après la souscription) au moins votre mise de départ, augmentée éventuellement de tout ou partie de la hausse d'un indice boursier (le CAC 40, l'Eurostoxx 50…).

Dans le même esprit, se sont également multipliés les fonds "à promesse", qui garantissent un rendement ou une performance si une condition est remplie à l'échéance (par exemple si le CAC 40 n'a pas baissé de plus de 20 %). Que vous ayez souscrit ces fonds isolément, dans un PEA ou encore dans un contrat d'assurance-vie, il est en général pénalisant de revendre vos parts avant l'échéance. Car la garantie en capital ou la "promesse" ne joue pas dans ce cas. En outre, vous risquez de payer des frais de retrait anticipé.