À quoi sert l’assurance-vie ?

À quoi sert l’assurance-vie ?

Qu’il s’agisse de réaliser un investissement, de préparer sa retraite, d’organiser sa succession, l’assurance-vie répond toujours "présent". Voici quelques clés pour tirer le meilleur parti de ce produit multi-usage.

En 2007, l’assurance-vie a drainé près des deux tiers des flux de placements financiers des Français : l’épargne qui y est investie dépasse les 1 136 milliards d’euros. De multiples raisons expliquent son succès. C’est que l’assurance-vie est un moyen à la fois simple et souple de se constituer un capital pour réaliser un projet : disposer d’un apport pour un achat immobilier, préparer sa retraite, optimiser sa transmission.

"Même si la hausse des taux d’intérêt à court terme favorise les placements de trésorerie (livrets d’épargne, comptes à terme), l’assurance-vie conservera un niveau élevé de collecte en 2008", prédit André Babeau, professeur émérite à l’université Paris-IX Dauphine.

Plusieurs possibilités de placements

L’assurance-vie se présente comme un plan d’investissement de moyen ou de long terme (une durée minimale de huit ans est conseillée pour des raisons fiscales), que son souscripteur alimente à son gré, par des versements libres (au fur et à mesure de ses disponibilités) ou programmés (virement du même montant, même modeste, chaque mois ou chaque trimestre).

La plupart des contrats présentent plusieurs possibilités d’investissements, aussi appelés "supports", d’où leur nom générique : les multisupports. Ces contrats donnent accès à un large choix de fonds investis en actions, obligations, titres monétaires, immobiliers, etc., entre lesquels vous répartissez les sommes que vous versez.

Il s’y ajoute en général un fonds dit "en euros", majoritairement investi en obligations d’État, qui présente la particularité d’offrir une garantie en capital et un effet "cliquet" : les intérêts produits chaque année par ce fonds restent définitivement acquis à l’assuré. Le fonds en euros génère un rendement modeste (autour de 4 % avant contributions sociales).

Investir en Bourse

À l’inverse, si le dynamisme de la Bourse vous tente, vous orienterez tout ou partie de vos versements vers les unités de compte. Investies en parts de Sicav et de fonds communs de placement (FCP), elles couvrent pratiquement toute la palette boursière (valeurs européennes et internationales, valeurs sectorielles, etc.). Sur longue période, les placements boursiers sont réputés plus rémunérateurs que les fonds en euros, même si, ponctuellement, ils peuvent enregistrer des variations parfois brutales.

Cependant, gardez à l’esprit que, contrairement aux fonds en euros, les unités de compte ne sont pas assorties d’une garantie (sauf fonds à formule, voir ci-après). Elles suivent à la hausse comme à la baisse les marchés sur lesquels elles sont investies et peuvent, dans ce dernier cas, subir conjoncturellement une baisse de valeur. La répartition de vos versements doit donc se réaliser en connaissance de cause dans une perspective de rentabilité au long cours.

On recommande en général de panacher fonds en euros et unités de compte. Ou bien de choisir un support dit "à promesse" (ou "à formule") susceptible de générer un gain boursier en garantissant tout ou partie du capital, selon la formule proposée. Échaudés par le krach de l’an 2000, les assureurs proposent par ailleurs diverses options pour réduire la prise de risque (investissement progressif vers les unités de compte, sécurisation des plus-values sur un fonds en euros, arbitrage automatique en cas de baisse des cours boursiers…).

Sécurité et dynamisme

À l’ouverture du contrat, votre conseiller établira avec vous une répartition type de vos versements : plutôt sécuritaire si vous caressez un projet à moyen terme (financer les études d’un enfant, par exemple), plus offensive s’il s’agit d’un objectif de retraite (et que vous êtes jeune) ou de valorisation. Elle prendra aussi en compte votre intérêt - ou la mesure de vos réticences - pour les marchés boursiers.

Au fil du temps, il est possible de changer cette clé de répartition, de s’alléger du fonds en euros au profit des actions ou, à l’inverse, de "prendre ses bénéfices" sur une unité de compte pour les sécuriser sur le fonds en euros. Cet "arbitrage" (transfert au sein du même contrat d’un fonds à un autre) enclenchera cependant des frais, calculés soit de façon forfaitaire (autour de 15 € par arbitrage), soit en proportion du montant arbitré (0,5 % en moyenne).

À cet égard, il faut être conscient que la tenue d’un contrat d’assurance-vie génère quelques coûts. Chaque versement supporte des frais dits "d’entrée", variables selon les établissements et le type de contrat (de 5 % à 2 %, voire moins selon le montant placé). Par la suite, chaque année, il faut compter avec les frais de gestion. Calculés sur la totalité des sommes capitalisées sur le contrat, ils varient dans une fourchette moyenne de 0,6 % à 1 %.

Sans limites dans le temps

Ce n’est pas parce qu’il est loisible de récupérer un capital au bout de huit ans, en franchise partielle ou totale d’impôts, qu’il faut solder son contrat. Non limitée dans le temps, l’assurance-vie constitue avant tout une excellente solution financière pour valoriser un capital que vous utiliserez comme bon vous semblera : apport pour une acquisition immobilière, travaux d’agrandissement, tour du monde en bateau, préparation à la retraite, succession, etc.

Au-delà de huit ans, l’assurance-vie devient cependant un excellent moyen pour améliorer vos revenus. Par exemple, en laissant fructifier votre capital, voire en continuant à alimenter votre contrat tout en effectuant des retraits partiels défiscalisés. Ou encore en choisissant l’option "distribution du revenu". Dans cette logique, l’assurance-vie constitue un complément de retraite idéal. Votre contrat peut également être dénoué sous forme de rentes viagères.

Enfin, parce qu’il s’agit avant tout d’un produit d’assurance, votre contrat profite sur le plan successoral d’un statut fiscal spécifique. Après votre décès, le ou les bénéficiaires que vous aurez désignés récupéreront le capital restant sur votre contrat et recevront (quels que soient vos liens de parenté) jusqu’à 152 500 € en franchise de droits de mutation (voir tableau ci-dessus). Cet abattement s’applique à l’ensemble des contrats conclus par une même personne au profit d’un même bénéficiaire.

Du nouveau pour la clause bénéficaire

Désignant la ou les personnes à qui le capital sera dévolu après la mort de l’assuré, la clause bénéficiaire s’est trouvée à l’origine de quelques contentieux car une fois connue et acceptée par le bénéficiaire, ce dernier pouvait empêcher l’assuré de modifier son contrat. La loi (n° 2007-1775 du 17 décembre 2007, J.O. du 18) limite ce risque.

Ce texte soumet désormais l’acceptation du bénéficiaire à l’accord écrit du souscripteur du contrat, qui a ainsi toute latitude pour confirmer ou infirmer son choix. Cette même loi accentue les obligations de recherche des bénéficiaires de contrats non réclamés par des bénéficiaires ignorant que des capitaux leur étaient alloués, et impose à l’assureur un délai d’un mois maximum - après réception des pièces nécessaires au paiement - pour verser le capital dû. Elle complète le dispositif Agira déjà mis en place par les assureurs.