Quelle épargne pour votre retraite ?

Quelle épargne pour votre retraite ?

Pour compléter vos revenus au moment de votre retraite, deux types d'épargne sont possibles : les produits classiques (immobilier, PEA, assurance-vie) ou l'épargne retraite réglementée, plus sécurisée.

En pratique, pour préparer votre retraite, vous pouvez choisir deux stratégies.

Un capital toujours disponible

La première consiste à investir vos économies dans l'immobilier ou sur un produit comme l'assurance-vie ou le plan d'épargne en actions PEA. Avantage : une grande liberté. Sur ces placements, votre capital reste en effet toujours disponible. Inconvénient : il faut, selon le produit, attendre de cinq à huit ans pour que la fiscalité des intérêts ou des plus-values produits par ces placements soit la plus avantageuse.

Attention : certains de ces placements sont soumis aux fluctuations des marchés financiers. Un PEA peut par exemple vous exposer au risque de dévaluation de votre capital.

Quand vous le souhaiterez, vous pourrez disposer de vos placements, en une fois ou en plusieurs, sous forme de retraits réguliers par exemple, pour compléter vos revenus. Il est aussi possible de demander la conversion du capital accumulé en une rente viagère.

Un complément de revenu versé à vie

La seconde stratégie consiste à souscrire un produit réglementé. Comme les travailleurs non salariés qui avaient accès aux contrats Madelin, les fonctionnaires et anciens fonctionnaires aux contrats Préfon, les agriculteurs non salariés à des contrats spécifiques, aujourd'hui chacun peut accéder au plan d'épargne retraite populaire (Perp), qui fait partie de cette même famille.

Tous ces produits ont un seul et unique objectif : vous procurer un complément de revenu versé à vie - lorsque vous serez retraité -, sous forme de rente viagère. Car les fonds que vous versez sur le plan d'épargne retraite populaire seront, sauf rares exceptions (cas de force majeure), obligatoirement convertis en rente lorsque vous prendrez votre retraite : à cette date, il ne sera pas possible de récupérer votre capital en une seule fois. Toutefois, depuis la réforme des retraites de 2010, le capital accumulé sur un Perp peut aussi être reversé sous forme de capital, à hauteur de 20%.

Une incitation fiscale

Les sommes investies ouvrent droit à une économie d'impôt pendant la phase d'épargne : chaque année, vous pouvez déduire de votre revenu imposable, dans les limites imposées par la loi, les sommes que vous y versez. La rente viagère que vous recevrez le moment venu sera, elle, imposée comme une pension de retraite, c'est-à-dire qu'elle sera soumise à l'impôt sur le revenu, après abattements de 10 % et 20 %.

Le fisc accorde donc une économie d'impôt "à l'entrée" (sur les versements) et taxe "à la sortie" la rente. Ce système fiscal est souvent avantageux, car, une fois retraité, vous êtes généralement imposé à un taux plus faible que lorsque vous êtes en activité. Notez qu'avec un PEP ou un PEA c'est l'inverse : vous ne profitez pas d'un avantage fiscal à l'entrée et vous ne payez pas d'impôt lorsque vous récupérez votre capital.
A noter : il n’est plus possible d’ouvrir un PEP depuis le 25 septembre 2003 ; les titulaires d’un PEP peuvent continuer à l’alimenter et à bénéficier des avantages fiscaux.

Le Perco, une troisième voie

Le Perco est un cas particulier, car c'est un plan d'épargne que les entreprises peuvent mettre en place si elles veulent aider leurs salariés à compléter leur retraite. Le principe est simple : vous pouvez faire sur ce plan des versements (qui ne sont pas déductibles de votre revenu imposable)… et l'entreprise peut compléter vos versements dans certaines limites définies par la loi, pour participer à votre effort d'épargne.

Le capital est, comme pour le plan d'épargne retraite populaire, bloqué jusqu'à votre retraite (sauf là aussi cas de force majeure). À cette date, vous pouvez simplement récupérer votre capital ou demander une rente viagère. Si vous choisissez une sortie en capital, les intérêts produits par le plan ne seront soumis qu'aux prélèvements sociaux à hauteur de 12,3 %. Si vous préférez une sortie en rente viagère, elle sera soumise aux prélèvements sociaux et imposable sur le revenu, après application d’un abattement.

Qu'est-ce qu'une rente viagère ?

Une rente viagère est un revenu versé régulièrement, toute votre vie, en échange d'un capital que vous remettez à l'assureur qui vous la verse. Le montant de cette rente dépend principalement de votre âge lorsque vous la demandez et de l'importance de votre capital. La rente n'est pas indexée sur l'inflation ni sur l'évolution des retraites, mais elle bénéficie d'une revalorisation annuelle visant à protéger le pouvoir d'achat du rentier.

Celle-ci dépend de ce que rapportera le capital confié à l'assureur. C'est pourquoi il est impossible de connaître son niveau à l'avance. L'assureur vous verse la rente jusqu'à votre décès, même si vous vivez plus que centenaire. C'est donc un système très proche des pensions de retraite servies par les régimes obligatoires.

En comparaison, les épargnants qui gardent leur capital pour y puiser de temps en temps prennent le risque de l'avoir épuisé avant la fin de leur vie. En revanche, si vous décédez peu de temps après avoir converti votre capital en rente, et donc sans avoir beaucoup profité de celle-ci, le capital sort définitivement de votre patrimoine. Sauf clause particulière, vos héritiers en sont privés.

La réversion

Opter pour une rente viagère, c'est donc prendre un pari sur l'avenir. Un pari dont vous pouvez atténuer les risques en optant pour la réversion, qui consiste à prévoir qu'à votre décès la rente continuera à être versée, en totalité ou en partie, à une autre personne, votre conjoint par exemple. Dans ce cas, son montant sera au départ plus faible, puisque l'assureur devra probablement la verser plus longtemps.

En outre, beaucoup de compagnies d'assurances proposent, notamment sur le plan d'épargne retraite populaire, des "annuités garantie" : elles s'engagent à verser la rente un nombre minimal d'années, par exemple vingt ans. Dans ce cas, si vous décédez dix ans seulement après avoir commencé à percevoir votre rente, elle sera versée à la personne de votre choix pendant les dix années restantes. Bien sûr, le coût de cette garantie supplémentaire diminue légèrement le montant de la rente elle-même.