Placer au mieux un capital reçu

Placer au mieux un capital reçu
Bien placé, votre argent travaille pour vous. - © kupicoo

Une somme exceptionnelle a été versée sur votre compte courant. C’est le moment de l’orienter vers le placement sécurisé le plus avantageux pour vous.

Héritage, indemnité de licenciement ou de départ à la retraite… vous avez reçu des revenus inhabituels et vous vous interrogez sur le meilleur investissement adapté à votre situation.

Assurance vie
Niveau de risque : – – – 
Rentabilité : + +
Horizon de placement : 8 ans au moins
Rémunération : 2,5 % brut en moyenne (2014)
Disponibilité : à tout moment (la fiscalité des intérêts varie selon l’ancienneté du contrat).

Votre décision s’imposera après l’examen de deux critères : le montant de votre capital et la nécessité ou non de disposer de liquidités.

Les placements à privilégier

Si vous êtes amené à puiser régulièrement dans votre épargne pour compléter vos revenus en baisse, n’hésitez pas à remplir votre livret A et votre livret de développement durable jusqu’à leur plafond.

– Versez l’éventuel excédent sur un contrat d’assurance vie en euros, qui offre l’avantage de garantir le capital, les gains de l’année étant définitivement acquis (on appelle cela l’effet « cliquet »). Car, contrairement à une idée reçue, l’assurance vie ne bloque pas votre épargne : vous avez toujours la possibilité d’effectuer des retraits partiels en cas de nécessité.

– De plus, « dans le cas où vous retirez des sommes avant quatre ans, le rendement de l’assurance-vie en euros (2,5 % brut en 2014) excède celui du livret A, même si la fiscalité sur les intérêts culmine avec une imposition forfaitaire de 35% sur les gains ou le barème progressif de l’impôt », commente Jean-Jacques Branche, auteur d’un ouvrage sur ce placement.

– Enfin, si vous n’avez pas besoin de liquidités dans les deux années à venir, pensez également au plan d’épargne logement.

Votre dernière réserve
Gardez votre assurance vie le plus longtemps possible en la considérant comme votre dernière réserve. En effet, la fiscalité devient très favorable après huit ans de détention, avec des intérêts imposés à 7,5% (après un abattement annuel de 4600€ pour un célibataire, 9200€ pour un couple) ou intégrés à votre revenu imposable, auxquels s’ajoutent les prélèvements sociaux (15,5%).

Si les prix repartent à la hausse dans un ou deux ans, les placements en euros ne permettront pas de financer la même quantité de biens qu’aujourd’hui. C’est pourquoi je recommande d’investir dans des obligations indexées sur l’inflation, qui garantissent le pouvoir d’achat.” Denis Dupré, maître de conférences à l’Institut d’administration des entreprises de Grenoble

Comment choisir votre contrat d’assurance vie ?

Avec les contrats d’assurance vie multisupports, vous pouvez répartir votre épargne sur tous types de produits financiers, du plus sécurisé au plus risqué. Avant de signer, voici trois points à regarder de près.

1 Les investissements

Votre choix dépend de votre goût du risque, de votre âge et de votre objectif.

– Si vous voulez récupérer votre capital, diminué des frais et majoré des intérêts, misez sur les fonds en euros. Mais cette garantie a un prix : un moindre rendement (il a été de 2,5% brut en moyenne en 2014), appelé à baisser dans les prochaines années.

– Si vous pouvez vous permettre de risquer tout ou partie de votre capital, tournez-vous vers les unités de compte (actions, obligations, immobilier…), plus rentables (avec un rendement de 4,7% en moyenne en 2014).

– Vous avez la possibilité d’investir 20 % en unités de compte et 80 % en fonds en euros, par exemple.

– Pensez également aux nouveaux fonds euro-croissance, qui garantissent le capital à échéance après une immobilisation minimale de huit années.

Si vous cherchez à financer un projet immobilier, optez pour la sécurité. Mais si, dès l’âge de 35 ans, vous voulez commencer à préparer votre retraite, vous pouvez prendre quelques risques.” Philippe Crevel, économiste

2 Le rendement

Regardez les performances sur les trois dernières années (ne vous contentez pas de la plus récente), même si elles ne préjugent pas des performances futures.

Jean-Jacques Branche, auteur de L’Approche patrimoniale de l’assurance-vie, IS Édition, 2015.
« Prenons un couple avec enfants, marié sous le régime de la communauté légale. L’un des époux ouvre un contrat d’assurance vie, où il place 100000€ de fonds communs. Au décès de son conjoint, la somme rentrera pour moitié dans la succession, ce qui pourra augmenter le montant des droits à la charge des enfants, comme le stipule la réponse ministérielle Bacquet du 29 juin 2010 (n°26231). Une solution pour limiter ce phénomène : investir 50000€ sur un premier contrat d’assurance vie souscrit par monsieur au bénéfice de madame, et 50000€ sur un second souscrit par madame au bénéfice de monsieur. Deux contrats au lieu d’un. »

3 Les frais

Appliqués à chaque versement, ils peuvent monter jusqu’à 5% du capital investi. Il s’agit des frais d’arbitrage, les plus élevés, prélevés lorsque vous transférez votre épargne d’une unité de compte à une autre, et des frais de gestion facturés chaque année, qui diminuent la rentabilité de l’investissement. « N’hésitez pas à les négocier », conseille Cyril Blesson, de la société Pair Conseil. « Et, pour le prix indiqué, renseignez-vous sur l’accompagnement dont vous bénéficierez dans la gestion de vos avoirs », complète David Charlet, de l'Association nationale des conseils financiers.