PEA, Perco, immobilier… Les placements gagnants selon votre âge

PEA, Perco, immobilier… Les placements gagnants selon votre âge
Pour tous, une épargne investie dans le court terme, une autre dans le long terme. - © Rawpixel.com

De la constitution de son épargne pour les plus jeunes à la préparation de la retraite pour les autres, les priorités financières évoluent au cours d’une vie et les objectifs diffèrent. Les meilleures stratégies d’investissement adaptées à votre situation.

À 40 ANS

Diversifier et tirer parti du rendement de la Bourse

Toute la gamme des placements vous est ouverte. Mais tous ne présentent pas 
le même niveau de risque ni les mêmes espoirs de rendement. Avec des taux d’intérêt aujourd’hui au plus bas, les placements en actions, plus risqués, devraient en principe vous rapporter le plus à condition de les conserver pendant au moins une dizaine d’années de manière à gommer l’effet des fluctuations boursières à court terme. Seule règle à respecter : gardez confiance en période de morosité boursière. Revendre 
vos actions lorsqu’elles sont au plus bas 
– décision à bannir ! – vous priverait
 de la possibilité de bénéficier d’une reprise de la Bourse.

Actions en direct, Sicav et fonds communs de placement (FCP) investis en actions, fonds dynamiques... vous avez l’embarras du choix. Il est préférable de diversifier vos placements dans plusieurs secteurs économiques, différentes 
zones géographiques, voire différentes classes d’actifs (actions de grandes entreprises, de PME non cotées, etc.).

Pour accéder directement à un portefeuille diversifié, privilégiez l’achat
 de parts de Sicav et de FCP composés de plusieurs lignes de titres. Le plus simple est d’investir dans un compte-titres. Attention, même si sa fiscalité a été significativement allégée avec la mise en place du prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 12,8 % sur les dividendes, intérêts et plus-values, chaque opération d’arbitrage demeure taxée.
 Pour gérer activement votre argent sans frottement fiscal, mieux vaut jouer la carte des enveloppes fiscales ; vous capitaliserez vos gains en franchise d’impôt sur le
 revenu. Entre Plan d’épargne entreprise (PEE), Plan d’épargne en actions (PEA)
 et contrat d’assurance-vie, vous avez le choix.

Si votre entreprise vous en propose un, le PEE est sans contexte la meilleure formule pour épargner de manière quasi indolore en y versant votre participation et/ou vos primes d’intéressement. En outre, votre employeur peut – mais ce n’est pas obligatoire – compléter vos versements 
par des versements additionnels appelés abondements, exonérés d’impôt sur le
 revenu et pouvant atteindre le triple de vos versements, ce qui a le mérite de doper le rendement instantané de votre épargne. Autre atout, les frais de gestion du plan sont pris en charge par votre employeur. En contrepartie, votre épargne est bloquée pendant au moins 5 ans et vous ne pouvez pas la récupérer, sauf dans neuf situations prévues par 
la loi (mariage, pacs, divorce ou dissolution 
du pacs, rupture du contrat de travail, etc.).

Faute d’accès à un PEE, le PEA est une alternative séduisante pour tirer parti du dynamisme de la Bourse à l’abri du fisc. À la différence du PEE, rien ne vous interdit de récupérer votre épargne en cours de route, mais tout retrait avant 5 ans entraîne la remise en cause de l’exonération d’impôt précédemment acquise et la taxation des gains réalisés depuis l’ouverture du plan. Le principal inconvénient du PEA est qu’il ne peut accueillir que des actions européennes ou des fonds eux-mêmes principalement investis en actions, alors qu’avec un PEE (ou un contrat d’assurance-vie) le choix des fonds proposés se révèle plus large. En outre, les frais du PEA sont généralement plus élevés que ceux appliqués aux fonds d’épargne salariale.

À 50 ANS

Défiscaliser et préparer sa retraite

Il est temps de commencer à se constituer un complément de revenus en vue de sa retraite. De plus, à l’approche de la cinquantaine, la fiscalité commence à peser. Si votre entreprise en propose un, vous aurez intérêt à privilégier le Plan d’épargne collectif pour la retraite (Perco) qui offre les mêmes avantages que le PEE et qui prévoit, à la différence des autres produits d’épargne retraite, une sortie en capital défiscalisée (les gains réalisés sur le plan 
ne supportent que 17,2 % de prélèvements sociaux). Si votre employeur abonde à la fois le PEE et le Perco, n’hésitez pas à répartir vos versements sur les deux supports
 de manière à profiter de l’abondement maximum sur chacun d’eux.

Si vous êtes lourdement imposé, ouvrir
 un Plan d’épargne retraite populaire
 (PERP) ou un contrat Madelin, réservé
 aux indépendants, se révèle avantageux dans certains cas. L’un comme l’autre vous permettent de réduire sensiblement
 la facture, vos versements venant en déduction de votre revenu imposable. Mais cette stratégie n’est intéressante que si 
vous atteignez les tranches les plus élevées du barème et que vous avez la certitude de baisser d’une tranche, une fois à la retraite. Sinon, le fisc risque de vous reprendre
 d’une main ce qu’il vous donne de l’autre, car la rente est soumise à l’impôt dans les mêmes conditions que vos pensions de retraite. Attention, PERP et Madelin sont
 des produits « tunnels » : une fois ouverts, ils ne peuvent pas être fermés, même si vous cessez de les alimenter, et vous ne pouvez pas récupérer votre épargne avant l’heure, sauf cas exceptionnels, par exemple le décès du conjoint. Enfin, vous n’avez pas le choix du mode de sortie puisque ces produits se dénouent obligatoirement en rente viagère. Seul le PERP propose une échappatoire avec une sortie partielle en capital, mais à hauteur de 20 % seulement de l’épargne accumulée.

L’investissement dans l’immobilier locatif vous permet aussi de vous aménager une source future de revenus récurrents. Principal intérêt par rapport aux placements, vous pouvez financer votre acquisition à crédit. Ensuite, vous avez le choix entre différentes formules, de l’achat dans le neuf avec une réduction d’impôt à la clé avec le dispositif Pinel,
 en passant par la location meublée.


« Avec la location meublée, vous pourrez déduire les frais liés à l’acquisition, y
 compris les frais de notaire, et constater immédiatement un déficit. Puis, grâce à l’amortissement, vous pourrez neutraliser vos revenus imposables sur une longue durée », explique Christine Chiozza-Vauterin, avocate chez LightHouse LHLF.

À 60 ANS OU PLUS

Sécuriser son épargne et organiser sa transmission

Pensez à mettre progressivement votre épargne à l’abri d’un retournement des marchés en la réorientant vers des supports peu ou pas investis en actions avec les fonds en euros dans le cadre de l’assurance-vie, du PERP et des contrats Madelin, et des fonds investis en titres à court terme dans le cadre de l’épargne salariale. Si vous aviez opté pour un PERP multisupport ou pour un Perco, cette sécurisation de l’épargne est en principe effectuée automatiquement par la banque qui gère votre contrat.

Votre priorité, une fois à la retraite, sera de compenser la chute de vos revenus pour maintenir votre train de vie. Avec un PERP ou un contrat Madelin, vous n’aurez pas d’autre choix que celui de demander la liquidation de votre rente en une seule fois. Mais vous n’êtes pas obligé de réaliser cette démarche lors
 du départ à la retraite. Différer de quelques années la liquidation de votre rente peut
 vous permettre d’augmenter son montant. Avec un PEE ou un contrat d’assurance-vie, vous pouvez récupérer votre épargne au fur et à mesure de vos besoins en effectuant des retraits partiels étalés dans le temps. Avec l’assurance-vie, il est même possible
 de programmer ces retraits de manière à se garantir le versement de revenus réguliers, comme avec une rente, mais sans aliéner son capital.

Ce que vous n’aurez pas prélevé sous forme de retraits de votre vivant sera versé aux bénéficiaires de votre contrat – hors succession – avec une fiscalité avantageuse : jusqu’à 152 500 euros par personne, les bénéficiaires n’auront aucune taxe à payer, sous réserve que vous aurez alimenté votre contrat avant vos 70 ans.

Conservez toujours un volant d’épargne de précaution

Quel que soit votre âge, commencez par faire le plein des livrets réglementés : livret A, livret de développement durable et solidaire (LDDS) et livret d’épargne populaire (LEP) si vous y avez accès. Certes, cela ne vous rapportera que 0,75 % pour le livret A et le LDDS et 1,25 % pour le LEP, et il y a peu de chance pour que cela change à court terme. Mais les intérêts sont exonérés de tout prélèvement fiscal (ni impôt sur le revenu ni prélèvements sociaux) et vous n’avez ni frais à payer ni risque de perte. Dernier avantage, vous pouvez à tout moment récupérer tout ou partie de votre épargne pour financer un coup dur comme un coup de cœur.

L’assurance-vie à tous les âges de la vie

L’assurance-vie constitue un placement incontournable pour sa souplesse. Contrairement à une idée répandue, votre épargne n’est pas bloquée et vous pouvez effectuer des retraits 
à tout moment sans entraîner la fermeture du contrat. En revanche, tout retrait avant 8 ans est en principe plus lourdement imposé qu’un retrait après 8 ans. Cependant, ce n’est pas 
la totalité des sommes retirées qui est imposée, mais uniquement la part des produits – intérêts et plus-values – contenus dans le retrait. En outre, les produits relatifs aux versements effectués depuis le 27 septembre 2017 sont soumis au
 PFU de 12,8 % dans les mêmes conditions que 
les produits perçus hors assurance-vie. Après 8 ans, les gains contenus dans un rachat échappent à l’impôt à hauteur de 4 600 euros par an (9 200 euros pour un couple) et sont soumis pour le surplus à une taxation réduite de 7,5 %.