Livret A, PEL, Perp : choisir le bon placement

Livret A, PEL, Perp : choisir le bon placement

La fiscalité des placements financiers s’est durcie depuis le 1er janvier 2013. Quels supports choisir pour épargner sans être taxé ? Nos conseils pour investir en fonction de votre budget et de vos objectifs.

Jamais le livret A et le livret de développement durable (LDD) n’ont autant attiré les économies des ménages. En 2012, la collecte cumulée sur ces deux produits a atteint 55,3 milliards d’euros, contre 17 milliards d’euros en 2011, indique l’Observatoire de l’épargne réglementée.

Un record dû au relèvement des plafonds de ces placements.

  • Celui du livret A a été porté de 15 300 € à 19 125 € le 1er octobre 2012, puis à 22 950 € le 1er  janvier 2013.
  • Celui du LDD (réservé aux contribuables) est passé de 6 000 € à 12 000 €.

Un couple avec deux enfants peut désormais investir sur ces supports jusqu’à 115 800 €, en franchise d’impôts et en toute sécurité !

Parallèlement, on constate une désaffection pour les livrets bancaires, dont la fiscalité s’est accrue depuis le 1er janvier 2013. Les intérêts sont désormais soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu – sauf pour les ménages ayant perçu moins de 2 000 € d’intérêts imposables, dont les gains restent taxés sur option au taux forfaitaire de 24 %.

Pour sa part, l’assurance-vie demeure, en montants investis, le premier support financier des ménages, même si elle a recueilli moins de liquidités en 2012.

En fait, le choix d’un produit d’épargne dépend en premier lieu de vos besoins et de vos objectifs, et vous veillerez à ne pas mettre tous vos œufs dans le même panier.

Découvrez nos suggestions pour trois montants d’épargne.

1. Jusqu'à 35 000 € : un livret A pour financer un voyage

Votre objectif

Une prime de fin d’année, un apport en capital, une donation… Vous projetez de mettre vos économies de côté afin de financer les dépenses à venir, programmées (études des enfants, voyage…) ou imprévues (voiture à remplacer…).

Les placements à privilégier

  • Le dépôt sur un livret A est aujourd’hui plafonné à 22 950 € et celui sur un LDD à 12 000 €, ce qui élève la capacité d’épargne à 34 950 € pour une personne et à 69 900 € pour un couple, hors intérêts.
  • Les épargnants autorisés à posséder un livret d’épargne populaire (LEP) — ceux dont l’imposition du foyer fiscal n’excède pas un seuil fixé à 769 € en 2013 — peuvent se constituer une trésorerie supplémentaire de 7700 € par contribuable.

Cela porte le montant des dépôts, tous livrets confondus, à 42 650 € pour une personne et à 85 300 € pour un couple, hors intérêts.

Ces placements ne présentent aucun risque — vous êtes certain de récupérer votre capital majoré des intérêts —, et les sommes déposées sont disponibles à tout moment.

Le rendement

  • En baisse depuis le 1er août dernier (1,25 % pour le livret A et le LDD), le rendement représente le point faible de ces livrets. Les intérêts sont calculés par quinzaine (du 1er au 15 du mois, puis du 16 à la fin du mois). Mieux vaut donc effectuer vos virements en fin de quinzaine et vos retraits en début.
  • Cumulés sur l’année, les intérêts sont inscrits sur votre compte au 1er janvier et produisent alors eux-mêmes des intérêts.

La fiscalité

Principal avantage de ces livrets : vous ne paierez ni prélèvements sociaux ni impôt sur les intérêts, contrairement à ce qu'il se passe avec les livrets bancaires soumis aux prélèvements sociaux (15,5 %) et au barème de l’impôt sur le revenu.

2. Jusqu'à 60 000 € : un PEL pour acheter son logement

Votre objectif

Vous souhaitez acquérir votre résidence principale dans quelques années. Pour cela, il vous faut gonfler au maximum votre apport personnel.

Les placements à privilégier

  • Avec un plan épargne logement (PEL), conservé pendant au moins quatre ans, vous bénéficierez non seulement de l’assurance d’un capital garanti (plafonné à 61 200 €), augmenté des intérêts, mais encore de la prime d’État (1 000 € à 1 525 €) accordée pour tout achat immobilier avec le prêt lié au PEL. Comme le taux du prêt actuel (4,20 % hors assurance) n’est plus avantageux, mieux vaut limiter l’emprunt (5 000 € au moins tout de même).
  • Vous pouvez coupler le PEL avec le compte épargne logement (CEL), qui permet d’emprunter à un taux intéressant.
  • L’assurance-vie permet aussi d’investir à moyen terme en vous laissant le choix des supports : le fonds en euros, qui garantit le capital ; et les unités de compte (OPCVM actions, obligations, immobilier…), plus risquées mais plus rémunératrices.

Le rendement

  • L’épargne investie sur un PEL est rémunérée au minimum à 2,5 % brut (2,11 % net de prélèvements sociaux), hors prime d’État, pour toute la durée du contrat (dix ans, voire quinze ans maximum).
  • Quant au rendement de l’assurance-vie, il est supérieur à celui du PEL, même avec un contrat investi sur un fonds en euros : 2,9 % en moyenne en 2012, hors prélèvements sociaux de 15,5 %.

La fiscalité

  • Les intérêts produits par le PEL sont soumis chaque année aux prélèvements sociaux (15,5 %) et, après douze ans, à l’impôt sur le revenu.
  • Ceux de l’assurance-vie sont soumis aux prélèvements sociaux chaque année (fonds en euros) ou au dénouement du contrat (unités de compte). Après huit ans, les intérêts sont soit intégrés au revenu imposable, soit assujettis au prélèvement libératoire de 7,5 %, après un abattement de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple marié ou pacsé).

3. Jusqu'à 100 000 € : le Perp pour s’assurer une rente

Votre objectif

Avec une nouvelle réforme du système des retraites, il devient opportun d’anticiper la baisse de vos revenus au moment de votre cessation d’activité. Et de programmer un complément à votre future pension.

Les placements à privilégier

  • Si vous êtes imposé dans la tranche à 30 % ou plus de l’impôt sur le revenu, optez pour le plan d’épargne retraite populaire (Perp). Vous choisissez le ou les supports d’investissement. Spécificité du Perp, les sommes versées sont en principe bloquées jusqu’à votre départ à la retraite, puis converties en rente viagère, sauf exceptions.
  • Si au contraire vous payez peu d’impôts, investissez en assurance-vie. Cela vous permettra de choisir le moment venu le type de sortie (capital ou rente). En cas d’épargne suffisante, couplez-la avec un plan d’épargne en actions (PEA) qui, limité à 132 000 €, donne aussi la possibilité de sortir en rente.

Le rendement

La rémunération des fonds en euros du Perp a légèrement progressé, atteignant en moyenne 2,66 % en 2012 (2,56 % en 2011). Une performance cependant moindre que celle de l’assurance-vie, car la réglementation soumet le Perp à une gestion moins dynamique et à des frais de gestion plus importants.

La fiscalité

  • Le Perp permet la déduction de vos cotisations tous les ans, dans la limite de 10 % de votre revenu imposable, plafonné à huit fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 296 256 € en 2013 (37 032 € x 8). La rente, elle, est soumise à l’impôt sur le revenu, après abattement de 10 %, et aux contributions sociales au taux de 7,1 %.
  • De son côté, l’assurance-vie accorde le bonus fiscal à la sortie. Sa rente est taxée sur une fraction de son montant, qui varie selon l’âge de l’épargnant au moment de la demande.
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