Livret A, livret de développement durable et solidaire… Constituer une première cagnotte

Livret A, livret de développement durable et solidaire… Constituer une première cagnotte
Le livret A se révèle un outil idéal pour se constituer une première cagnotte, aux côtés des autres livrets réglementés. - © Maurusone

Socle de base de tout patrimoine, les livrets réglementés permettent à chacun, dès le plus jeune âge, de faire fructifier son épargne. Indispensable.

Presque 200 ans et pas une ride : le livret A, créé en 1818, reste incontournable. Ce placement grand public, accessible le plus souvent dès 10 euros à l’ouverture, convient à chacun, quels que soient son âge, ses revenus et sa situation de famille. 55,8 millions d’épargnants en détenaient un à la fin 2016, pour un encours total de 244,1 milliards d’euros, selon le dernier rapport annuel de l’Observatoire de l’épargne réglementée.

Grâce à son fonctionnement simple, le livret A se révèle un outil idéal pour se constituer une première cagnotte, aux côtés des autres livrets réglementés : livret de développement durable et solidaire (LDDS), livret d’épargne populaire (LEP) et livret jeune.

Dans cet univers, un changement est intervenu le 1er janvier 2017 : le livret de développement durable (LDD) est devenu aussi solidaire (LDDS). En effet, la loi Sapin II du 9 décembre 2016 a mis en place la possibilité, pour les détenteurs de LDDS, de donner tout ou partie de leur rémunération ou de leurs dépôts à une entreprise ou une association de l’économie sociale et solidaire, à partir de 2017. Le détenteur qui renoncera à une partie de ses intérêts pourra bénéficier en contrepartie d’un avantage fiscal lié au don accordé en faveur d’une association. Cependant, l’entrée en vigueur de ce dispositif nécessite la parution de textes d’application, toujours en attente.

Pour l’heure, la principale différence pour l’épargnant entre le LDDS et le livret A reste la condition d’accessibilité, leur rémunération étant identique : le livret A est ouvert à tous, même aux mineurs, tandis que le LDDS est réservé aux contribuables (deux au maximum par foyer fiscal).

Avantages

La rémunération du livret A (et du LDDS), fixée par les pouvoirs publics, s’élève à 0,75 % en franchise d’impôt depuis le 1er août 2015. Ce taux aurait dû augmenter le 1er août 2017, conformément à la nouvelle formule de calcul entrée en vigueur cette année. Mais Bercy a décidé de ne pas l’appliquer, dans une optique de stabilité. La prochaine révision interviendra, le cas échéant, le 1er février 2018. Le LEP, lui, rapporte 0,50 % de plus que le livret A, soit 1,25 %. Réservé aux ménages modestes, il est aujourd’hui le meilleur placement sans risque pour les plus de 25 ans. Pour y accéder en 2017, il faut afficher un revenu fiscal de référence inférieur à 19 275 euros pour une personne seule en 2015 (figurant sur l’avis d’imposition 2016).

Le LEP peut recueillir jusqu’à 7 000 euros. Quant au livret jeune, il bénéficie d’une situation à part puisque chaque banque est libre de fixer sa rémunération dès lors qu’elle est au moins égale à celle du livret A. Les taux s’établissent actuellement entre 1 et 2 % selon les établissements. Réservé aux 12-25 ans, le livret jeune est plafonné à 1 600 euros. Il doit être clôturé au 31 décembre de l’année du 25e anniversaire de son détenteur.

Point commun de tous ces produits, leur totale liquidité. Cela signifie que vous pouvez réaliser des versements et des retraits à tout moment, sans frais ni préavis. Mais ces livrets ne peuvent pas être à découvert. Dans la pratique, l’idéal est bien entendu de laisser fructifier votre épargne pendant plusieurs mois au minimum, mais la disponibilité des sommes reste un atout en cas de besoin. C’est en effet dans cette cagnotte que vous puiserez en priorité pour financer l’achat d’une nouvelle voiture, régler vos impôts ou financer de petits travaux. « Le livret A peut être utilisé comme un véritable compte du quotidien puisqu’il est possible d’y attacher une carte de retrait », précise Cyril Blesson de Pair Conseil.

Inconvénient

Pour Cyril Blesson, « le seul défaut des livrets réglementés est leur plafond ». Ces plafonds sont fort heureusement suffisamment élevés pour permettre à une grande majorité d’épargnants de se constituer une épargne de précaution. En effet, vous pouvez verser jusqu’à 22 950 euros sur un livret A et 12 000 euros sur un LDDS, soit 34 950 euros au total, le cumul des deux étant autorisé.

Conseil. Tenez compte, dans la mesure du possible, de la rémunération des livrets par quinzaine lorsque vous réalisez des opérations. En effet, les sommes déposées sur un livret ne commencent à produire des intérêts que le premier jour de la quinzaine suivant le dépôt. Ainsi, un versement réalisé le 9 décembre ne commence à rapporter que le 16 décembre. À l’inverse, un retrait cesse de produire des intérêts le dernier jour de la quinzaine précédant le retrait. S’il est effectué le 9 décembre par exemple, il ne génère plus d’intérêts depuis le 30 novembre. Autrement dit, versez des fonds le 15 ou le dernier jour du mois, et retirez-en le 16 ou le 1er du mois.

Les livrets sans plafond peu attractifs

En plus des produits réglementés, les banques proposent des livrets bancaires dont les intérêts sont soumis à l’impôt et le taux fixé librement. Leur principal atout : l’absence de plafonnement. Vous pouvez y investir la somme de votre choix, y compris plusieurs dizaines ou centaines de milliers d’euros en attente d’un investissement, reçus par exemple après un héritage, une donation ou la vente d’un bien immobilier. Malheureusement, le niveau actuel des taux d’intérêt à court terme sur les marchés financiers étant très faible, la rémunération des livrets bancaires reste peu attractive, soit entre 0,1 et 0,3 % avant impôts, dans la plupart des cas.

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