Livret A, LDD, LEP : misez sur les livrets réglementés

Livret A, LDD, LEP : misez sur les livrets réglementés

L’épargne réglementée, livret A en tête, reste le support idéal pour placer votre trésorerie à court terme. Sans aucun risque et, la plupart du temps, avec une totale disponibilité.

En 2011, la rémunération du livret A a été relevée pour la troisième fois en un an, pour atteindre 2,25 % net depuis le 1er août. En août 2010, le placement chouchou des Français ne rapportait encore que 1,75 %.

Près de deux siècles après sa création, en 1818, le livret A reste un placement incontournable pour beaucoup d’entre eux, du nouveau-né auquel les grands-parents offrent de quoi ouvrir son premier livret, jusqu’aux épargnants à la recherche d’un placement exonéré d’impôt pour leurs liquidités. Résultat, avec près de 60 millions de détenteurs et 205 milliards d’euros de dépôt, ce livret est devenu un poids lourd de l’épargne.

La rémunération actuelle du livret A le place au rang des produits sans risque les plus rentables, aux côtés des autres livrets réglementés comme le livret de développement durable (LDD, ex-Codevi) et le livret d’épargne populaire (LEP). ­Chacun a donc intérêt à y placer tout ou partie de son épargne de précaution, celle dont on peut avoir besoin pour payer ses impôts, remplacer sa voiture ou financer les études d’un enfant.

Livret A, LDD, LEP : une rémunération encadrée

Avec les livrets réglementés, votre trésorerie est à l’abri des fluctuations des marchés financiers. Outre leur absence de risque, ces placements, totalement liquides, vous donnent la possibilité d’effectuer des retraits à tout moment, sans pénalité.

En fonction de votre situation personnelle, vous pouvez alimenter vos livrets régulièrement, en mettant en place un dispositif d’épargne automatique mensuel, par exemple, ou de façon ponctuelle, lorsque vos revenus vous le permettent. Ceci dans la limite des plafonds fixés pour chacune de ces enveloppes.

Autre aspect sécurisant, la rémunération des livrets réglementés est strictement encadrée. Leur taux dépend d’une formule mathématique tenant compte de la variation des prix à la consommation (l’inflation) et du niveau des taux d’intérêt à court terme (Euribor 3 mois et Eonia) sur les marchés financiers. Les récentes poussées inflationnistes expliquent les dernières hausses des taux de l’épargne réglementée.

« Le livret A garantit aux particuliers une rémunération supérieure à l’inflation : ce principe est acté dans la formule de calcul. L’épargnant est donc assuré de toujours dégager un gain net par rapport à la hausse des prix », explique Cyril Blesson, cofondateur des Cahiers de l’Épargne, qui prévoit toutefois un reflux de l’inflation au deuxième semestre 2011, pouvant plaider pour un recul du taux du livret A. « Mais d’ici là, la Banque Centrale Européenne augmentera ses taux directeurs, ce qui pourrait justifier le maintien de la ­rémunération du livret A à son niveau actuel », ajoute-t-il.

   Rémunération Plafond Condition
Livret A 2,25 % 19 125 € Aucune
LDD 2,25 % 12 000 € Réservé aux contribuables
Livret d’épargne populaire  2,75 %  7 700 € Réservé aux contribuables
payant moins de 769 € d’impôt
sur le revenu en 2011

Le taux des livrets réglementés révisés deux fois par an

La rémunération de l’épargne réglementée est en principe révisée deux fois par an, au 1er février et au 1er août, mais la Banque de France a toute latitude pour proposer une révision supplémentaire au 1er mai et au 1er novembre en cas de variations importantes de l’inflation ou des taux d’intérêts. C’est cependant Bercy qui garde la main sur la décision finale. Car la politique n’est jamais très loin de ce placement populaire, notamment à l’approche des élections.

Notons ici - et ce n’est pas le moindre de leurs avantages - que les livrets réglementés constituent l’une des rares niches fiscales à ne pas avoir été remise en cause : leur rémunération est à la fois nette d’impôt, mais aussi, dans la plupart des cas, de contributions sociales.

Point commun de tous ces livrets, les intérêts sont calculés par quinzaine. Cela signifie que les sommes déposées commencent à produire des intérêts le premier jour de la quinzaine suivante.

À l’inverse, les sommes retirées cessent de produire des intérêts le dernier jour de la quinzaine précédente. Un mode de fonctionnement qu’il faut intégrer pour optimiser vos opérations. En clair, « il est préférable de réaliser vos versements juste avant le 15 ou le 30 du mois pour que votre épargne commence à fructifier dès le 16 ou le 1er du mois du suivant », conseille Laurence Dourron, analyste Banque des particuliers pour le site testepourvous.com.

Le raisonnement est le même pour les retraits, ils sont à effectuer dès le 16 ou le 1er du mois, pour engranger les intérêts de la quinzaine précédente. Inutile cependant de vous compliquer la vie si vous réalisez seulement un ou deux dépôts par an. En revanche, vous devez intégrer la règle des quinzaines à votre stratégie si vous procédez chaque mois à des retraits et à des versements. À noter : les intérêts capitalisés vous sont versés une fois par an.    

Le livret A, pour tous publics    

Au-delà de cette règle de fonctionnement commune, les caractéristiques des produits réglementés varient d’un livret à l’autre. Le livret A, que tous les établissements bancaires proposent depuis le 1er janvier 2009, peut être détenu par tous, y compris par les enfants mineurs. Seules contraintes, on ne peut détenir qu’un seul livret et y déposer un maximum de 19 125 €. Toutefois, « les plafonds des livrets ne peuvent être dépassés que par le versement des intérêts, chaque année », précise Laurence Dourron.

De son côté, le livret de développement durable est réservé aux contribuables soumis à l’impôt sur le revenu, qui peuvent y placer jusqu’à 12 000 €. Sa rémunération est strictement identique à celle du livret A, dont il est le complément idéal.

Là encore, on ne peut détenir qu’un seul LDD par personne, ou un par conjoint soumis à imposition commune. Au total, une famille composée d’un couple et de deux enfants peut, si elle en a les moyens, placer 100 500 € à 2,25 % sur quatre livrets A et deux LDD. À noter que les enfants peuvent aussi disposer d’un livret jeune, lui aussi défiscalisé, en complément.

Par ailleurs, les personnes non imposables ou ayant payé moins de 769 € d’impôt sur le revenu de 2011 peuvent ouvrir un livret d’épargne populaire (LEP) et y déposer jusqu’à 7 700 €. Avantage, ce livret bénéficie d’une rémunération supérieure d’un demi-point à celle du livret A, soit 2,75 % depuis le 1er août. Là encore, vous ne pouvez détenir qu’un seul LEP par personne, ou un par conjoint soumis à imposition commune.

Les livrets bancaires, sans plafonds, mais soumis à l’impôt

Les livrets bancaires constituent une autre possibilité pour placer votre épargne de précaution au-delà des plafonds légaux de l’épargne réglementée. Ces livrets, à la fois sans risque, disponibles et rémunérés par quinzaine, fonctionnent comme les produits réglementés, mais avec quelques notables différences.

Chaque établissement fixe, par exemple, librement la rémunération de son livret et la modifie à sa guise, en fonction des taux d’intérêt du marché et de sa politique commerciale.

Actuellement, les taux de base des livrets bancaires, hors promotion, sont inférieurs à celle du livret A. Autre différence, cette fois à leur avantage : vous pouvez y placer des sommes très élevées, parfois même illimitées. De façon plus réaliste, un livret bancaire vous permettra, au-delà de votre livret A, de placer une somme reçue en héritage ou en donation, le temps de décider d’un investissement à plus long terme.

Mais attention : contrairement aux livrets réglementés, les intérêts des livrets bancaires sont soumis à l’impôt sur le revenu, ce qui ­diminue mécaniquement la rémunération nette.

Pour cela, vous avez le choix entre deux régimes fiscaux : soit les intérêts sont imposés dans le cadre de la déclaration de revenu, à votre taux marginal d’imposition ; soit ils sont soumis au prélèvement forfaitaire libératoire, au taux de 24%, auxquels s’ajoutent, dans les deux cas, les contributions sociales à hauteur de 15,50 % depuis le 1er juillet 2012. Avec le prélèvement forfaitaire libératoire, votre banque prélève automatiquement l’impôt et ne vous verse que les intérêts nets.

Les contribuables les plus lourdement imposés ont bien évidemment intérêt à opter pour ce mode d’imposition. En revanche, si vous êtes peu ou non imposable, mieux vaut inscrire vos intérêts dans votre déclaration de revenus.

Les autres placements de court terme

D’autres types de placements répondent aussi aux contraintes de sécurité et de liquidité. C’est le cas, par exemple, des Sicav monétaires, distribuées par les banques, mais dont la rémunération est actuellement très faible et largement inférieure à celle des livrets réglementés, en dépit de la hausse récente des taux d’intérêts. Leur principal atout : elles sont rémunérées au jour le jour, et non par quinzaine comme les livrets.

Autre solution, les comptes à terme permettent de placer une somme à un taux prédéfini, sur la durée de son choix, généralement entre un et douze mois. Avantage, le taux de rémunération est connu dès le départ, sans risque de changement. Inconvénient : votre épargne est « bloquée ». En cas de sortie anticipée, vous ne bénéficiez pas de la rémunération annoncée et même d’aucune rémunération si vous sortez avant un mois.

Des retraits sur votre assurance-vie

Bien que l’assurance-vie soit un placement de long terme, rien ne vous empêche de puiser dans le fonds en euros de votre contrat si vous avez besoin de liquidités. Pour cela, il suffit d’effectuer un rachat partiel auprès de votre assureur, qui vous versera les sommes demandées sous un délai de quelques semaines.

Techniquement, vous recevrez une partie de capital et une partie d’intérêts, seuls ces derniers étant imposés. Si votre contrat a plus de huit ans, ils seront taxés - dans le cadre du prélèvement forfaitaire libératoire - à 7,5 % après un abattement de 4 600 € pour un célibataire ou 9 200 € pour un couple (35 % avant 4 ans et 15 % entre 4 et 8 ans, sans abattement). Autant dire que vos retraits ont de bonnes chances d’être défiscalisés.

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