Les cartes bancaires sont-elles sûres ?

Les cartes bancaires sont-elles sûres ?

Les techniques de
fraude à la carte bancaire évoluent et les outils
mis en place par les banques pour lutter contre ces fraudes
aussi. De plus,
la loi protège les consommateurs.

En France, la proportion de paiements frauduleux réalisés avec la carte bancaire est faible (0,03 % du total) et leur nombre diminue. En revanche, les Français voient de plus en plus fréquemment apparaître sur leurs relevés de compte des dépenses réalisées en Espagne, en Italie, à Hong Kong… alors qu'ils n'y sont jamais allés !

Escroqueries depuis l'étranger

Selon l'Observatoire de la sécurité des cartes de paiement, les transactions internationales sont responsables de près de 60 % de la fraude, alors qu'elles comptent pour moins de 10 % des transactions enregistrées dans les systèmes français.

Des cartes facilement falsifiables

Cette différence s'explique : la France a adopté la carte à puce, difficile à falsifier. En revanche, dans la plupart des pays étrangers, les transactions se font grâce à un sabot - ce "fer à repasser" qui prend l'empreinte de la carte - ou via la piste magnétique de celle-ci, la petite bande noire qui orne toutes les cartes et contient les informations nécessaires pour valider l'opération. Cela facilite le travail des fraudeurs.

Lutte contre le piratage

Les banques ont d'ores et déjà pris des dispositions pour lutter contre les piratages, qui leur coûtent de plus en plus cher. Un plan d'action a été lancé l'an dernier. En France, les distributeurs automatiques et les automates des stations-service sont contrôlés plus souvent. Et les transactions réalisées à l'étranger sont désormais bloquées immédiatement lorsqu'elles apparaissent douteuses.

Un nouveau standard en préparation

Les professionnels attendent beaucoup d'un nouveau standard international de carte à puce. Baptisée EMV (Europay Mastercard Visa), cette puce, inspirée du modèle français, équipe progressivement les cartes bancaires des pays européens, mais aussi de certains pays d'Asie (Japon, Chine, Corée…) ou d'Amérique latine. Chez les commerçants, les terminaux de paiement sont aussi changés.

Dix règles d'or à respecter

Le groupement des cartes bancaires donne dix conseils de prudence à tous les porteurs

de carte…

Préserver le secret

du code confidentiel

en ne l'écrivant nulle part,

en ne le communiquant à personne, pas même à la banque, aux services de police ou d'assurances, notamment par téléphone.

Composer toujours

le code confidentiel à l'abri des regards indiscrets,

ne pas hésiter à le saisir

tout en protégeant

le clavier de son autre main, notamment sur les automates de paiement.

Ne pas se laisser

distraire lors d'un retrait,

y compris par des personnes proposant leur aide, en se gardant de composer son code devant elles.

Conserver sa carte

dans un lieu sûr.

Strictement personnelle, elle ne doit être prêtée

à personne, pas même

à ses proches.

Conserver les tickets

de paiement et de retrait

pour faciliter la vérification des relevés bancaires.

Vérifier régulièrement

ses relevés bancaires

et signaler immédiatement toute anomalie à la banque.

Mettre immédiatement

la carte en opposition

si elle est avalée

par un distributeur

sans qu'un code erroné

ait été composé trois fois.

Conserver toujours

un œil sur sa carte

lors d'un paiement chez

un commerçant.

Conserver en lieu sûr

le numéro (16 chiffres) de la carte et sa date d'expiration

pour faciliter une mise

en opposition en cas

de perte ou de vol.

Noter le numéro d'appel

du centre d'opposition

de la banque ou du

serveur interbancaire,

accessible 7 jours sur 7

et 24 heures sur 24 :

0 892 705 705 (0,34 €/min).

La loi protège le client… dans certaines limites

La loi sur la sécurité quotidienne, votée le 15 novembre 2001, a renforcé la protection des consommateurs :

Si votre carte est perdue ou volée, les opérations frauduleuses réalisées avant que vous ayez fait opposition ne sont à votre charge que dans la limite de 150 € maximum. La banque doit vous rembourser le reste, à condition que vous fassiez opposition dans les deux jours qui suivent la perte ou le vol, et que vous n'ayez pas commis une négligence "constituant une faute lourde" avec votre carte ou votre code. Une notion floue, déterminée au cas par cas.Si votre carte est toujours physiquement en votre possession et que des dépenses frauduleuses ont pourtant été réalisées avec elle et votre compte débité, la loi vous décharge de toute responsabilité. Vous disposez d'un délai légal de 70 jours pour les contester auprès de votre banque. Celle-ci doit alors vous rembourser intégralement, y compris les frais bancaires que ces débits ont pu entraîner (par exemple, les agios du découvert que vous avez subi à cause d'eux).