Le paiement sans contact arrive en magasin

Le paiement sans contact arrive en magasin

Finis la monnaie, les billets et les codes confidentiels. Bientôt, vous réglerez vos achats en passant votre carte de paiement ou votre mobile devant une borne…

Moneo, l’ancêtre de la carte sans contact

Le paiement sans contact, vous connaissez déjà, peut-être sans le savoir, avec l’application Moneo. 30 millions de cartes bancaires en sont équipées en France. Mais son utilisation ne s’est pas généralisée chez les commerçants, qui l’ont jugée trop coûteuse. « Acheter une baguette avec une carte n’a pas non plus séduit les consommateurs », ajoute Serge Ragozin, directeur général de Moneo Applicam, un spécialiste de la carte à puce.

Du coup, Moneo est aujourd’hui surtout un porte-monnaie électronique matérialisé par une carte, distincte d’une carte bancaire. Les étudiants sont les plus nombreux à l’utiliser, avec 1,5 million de porteurs. Elle remplace à elle seule la carte étudiant « papier », les cartes de photocopies, de bibliothèque, de transport, la monnaie pour les distributeurs automatiques, le ticket de restaurant universitaire…

Sur les campus, le personnel administratif en est doté aussi. « Il paye plus cher le restaurant universitaire, mais Moneo donne la possibilité de gérer la tarification selon les porteurs », explique Serge Ragozin. Et, de la même façon, ce dispositif est commercialisé dans les gendarmeries et les casernes de pompiers.

Une carte pour vos achats jusqu’à 25 €

Peut-être avez-vous remarqué un dessin au recto de votre carte de paiement. Votre petit rectangle de plastique possède alors la fonctionnalité sans contact, c’est-à-dire la technologie NFC (Near Field Communication). Elle permet la communication entre deux appareils à une distance inférieure à 20 cm, sans contact, sans code et en toute sécurité.

Grâce à ce système, vous pouvez ­régler en sécurité les petits achats de la vie quotidienne, jusqu’à 20 € ou 25 €, chez certains boulangers, dans certains ­cinémas ou supermarchés pour des courses d’appoint.

Plus besoin d’insérer votre carte dans le terminal de paiement ni de taper votre code confidentiel. Il suffit de passer la carte devant l’écran du lecteur et, en moins d’une seconde, le paiement est effectué. Un simple bip signale la fin de l’opération.

Chaque transaction est débitée sur le compte en banque auquel est rattachée la carte. Mais, sécurité oblige, vous êtes limité à cinq opérations ne dépassant pas en tout 100 €, en moyenne. Au-delà, vous devez régler de manière habituelle, en saisissant votre code confidentiel. Vous réinitialiserez alors l’utilisation du mode sans contact.

Tous opérateurs confondus, on recense près de 13 millions de cartes de paiement sans contact (19 % du parc installé) et 58 600 points de vente équipés en terminaux de paiement sans contact (5 % du parc).

En juin 2015, toutes les cartes CB devraient être dotées de la fonctionnalité sans contact, avance Jean-Marc Bonnet, directeur du Groupement des cartes bancaires CB. Pour que le système se généralise, il convient aussi d’équiper les commerçants en terminaux adaptés, ce qui demande du temps. »

Demain, le paiement avec votre mobile

Aujourd’hui, le règlement des achats en magasin avec un smartphone demeure marginal, même si la grande distribution (Auchan, par exemple) l’expérimente dans le but de le développer. Car ce type de paiement nécessite non seulement la mise en place d’infrastructures complexes pour les banques et les commerçants, mais aussi l’emploi d’un téléphone NFC. Ce qui exclut les utilisateurs d’iPhone, Apple imposant sa propre technologie.

Mais « le paiement mobile est appelé à se déployer dans un à deux ans », assure Pierre Métivier, délégué général de l’association Forum des services mobiles sans contact.

En février 2013, le nombre de mobiles NFCl approchait les 2,9 millions, contre 1 million en juin 2012 (source : Observatoire du NFC et du sans-contact).

Nouveauté : en février dernier, Samsung, premier fabricant mondial de smartphones, et Visa, géant des cartes bancaires, se sont mis d’accord pour installer sur certains mobiles de la marque coréenne une application Visa permettant de régler ses achats en passant un téléphone à quelques centimètres d’une borne de paiement.

Cependant, les Français devront attendre deux à quatre ans pour s’équiper, Samsung donnant la priorité aux pays où les consommateurs achètent le téléphone sans le forfait, tels que la Turquie et la Slovaquie, précise Albert Galloy, vice-président de la branche mobile paiement sans contact chez Visa Europe France. Or, en France, 80 % des mobiles sont encore vendus avec un forfait. »