Fraude à la carte bancaire : réagissez vite

Fraude à la carte bancaire : réagissez vite

Les cartes bancaires représentent un moyen de paiement fiable. À condition de rester vigilant et d’adopter les bons réflexes en cas de problème.

Plus d’un tiers des Français qui détiennent une carte bancaire estiment utiliser le moyen de paiement le plus sûr, selon une étude réalisée par l’Observatoire de la fraude, un organisme présidé par le gouverneur de la Banque de France.

Une confiance confortée par un taux de fraude modeste : 0,064 % en 2006, comme en 2005, selon le même observatoire. La contrefaçon des cartes régresse et ne compte plus que pour 16 % des problèmes. La perte et le vol constituent le principal souci (48 % de la fraude nationale), devant l’usurpation du numéro de la carte (31 %).

Les principales difficultés proviennent de transactions réalisées à l’étranger : 60 % du total des fraudes, alors qu’elles comptent pour moins de 10 % des paiements par carte réalisés par les Français.

Pour lutter contre ces difficultés, les banques ont développé le système de la carte à puce, plus sûr. Spécificité française, il est en cours de développement dans d’autres pays, notamment en Europe, ce qui devrait limiter les fraudes réalisées à l’étranger sur les cartes des Français.

Des précautions indispensables

Désormais, les utilisateurs connaissent bien les règles de base : ne pas prêter sa carte, ne jamais communiquer son code secret, le taper en se cachant des regards indiscrets, ne pas quitter la carte des yeux lorsque l’on règle un achat, etc.

Mais cela ne suffit pas. Par exemple, il est préférable d’éviter de retirer de l’argent dans un distributeur qui semble endommagé et qui pourrait avoir été trafiqué. Il faut aussi penser à faire opposition si une carte est avalée par le distributeur sans raison et que l’on ne puisse la récupérer immédiatement auprès de l’agence à laquelle il est adossé.

Attention au paiement sur Internet

Une vigilance particulière s’impose quand on utilise sa carte sur Internet. Il est sage, par exemple, de ne pas stocker son numéro de carte bancaire sur l’ordinateur. Et de ne jamais l’envoyer dans un courriel, même pour répondre à une prétendue sollicitation de la banque.

"Aucun établissement bancaire ne demandera à un client de lui communiquer un numéro de carte bancaire - et a fortiori un code confidentiel - par courrier électronique ou par téléphone. Il ne faut donc jamais obtempérer à un tel message. De même, un client qui reçoit un courriel “aux couleurs” de sa banque avec un lien vers le site de celle-ci ne doit pas l’utiliser. Il risque d’être emmené vers un site factice, où un fraudeur cherchera à obtenir le numéro de la carte ou du compte bancaire", avertit Alain Thiébaut, d’Europay France.

Autre précaution : n’inscrire son numéro de carte sur un site Internet que dans un espace "sécurisé", matérialisé par la lettre "s" après http au niveau de l’adresse ou un cadenas dans le bas de la fenêtre. Enfin, on vérifiera attentivement ses relevés de compte pour détecter les paiements frauduleux et réagir vite.

La procédure à suivre en cas de fraude

Lorsqu’un paiement frauduleux apparaît sur le relevé de compte alors que la carte est toujours soigneusement rangée dans le portefeuille de son titulaire, celui-ci doit adresser à sa banque une réclamation écrite. Il dispose de 70 jours pour contester ce débit (certaines banques accordent des délais plus longs, mais qui ne dépassent pas 120 jours), mais le plus tôt reste le mieux. L’établissement bancaire doit alors recréditer le compte dans le mois qui suit la réception de la lettre.

Si la carte est perdue ou volée, son détenteur doit immédiatement faire opposition auprès de sa banque par téléphone ou contacter le centre interbancaire au 0 892 705 705 (0,34 €/min à partir d’un poste fixe), puis confirmer sa démarche par un courrier recommandé avec avis de réception auquel sera joint, le cas échéant, le récépissé de déclaration de vol.

Les personnes qui ont souscrit auprès de la banque une assurance "moyens de paiement" se manifesteront également auprès de celle-ci pour obtenir, le cas échéant, le remboursement des paiements frauduleux réalisés avant la mise en opposition, voire les frais d’opposition eux-mêmes, selon les garanties offertes par le contrat.

Les Français sont bien protégés

En France, si les paiements frauduleux ont été réalisés à distance sans utilisation physique de la carte (par correspondance ou Internet, par exemple), ou si une carte contrefaite a permis d’effectuer des retraits ou de réaliser des paiements, alors que le porteur était toujours en possession de sa carte à ce moment-là, la responsabilité de ce dernier n’est pas engagée.

En revanche, si sa carte lui a été volée ou est perdue, il reste responsable des paiements frauduleux réalisés avant la mise en opposition, dans la limite forfaitaire de 150 €.

Mais ce plafond ne joue pas s’il a commis une faute lourde, par exemple s’il a laissé le code secret avec la carte, ou s’il a tardé à faire opposition. Dans ce cas, il assumera la responsabilité de tous les paiements effectués avant la mise en opposition. Pour juger de son éventuelle négligence, la banque observera la fréquence avec laquelle le client utilise d’ordinaire la carte. Mais elle peut aussi imposer d’être avertie sous un délai maximal, qui ne doit pas être inférieur à deux jours.

Pour se mettre à l’abri de tout souci, il faut donc faire opposition impérativement dans les deux jours qui suivent la perte ou le vol. Dans tous les cas, le porteur n’a pas à supporter les éventuels paiements réalisés avec la carte après opposition.