Faire mieux que le livret A… sans risque

Faire mieux que le livret A… sans risque

Les liquidités placées sur les livrets réglementés sont disponibles, mais elles rapportent peu. Voici des solutions pour améliorer son épargne sans mettre en danger son argent.

En février 2010, la rémunération du livret A est restée identique à celle qui avait été établie en août dernier : 1,25 %, soit son plus bas niveau depuis sa création, le 22 mai 1818. Même si le livret A, comme le livret de développement durable (LDD) qui affiche le même taux, continue à protéger vos économies des effets de l’inflation (elle s’est établie à 0,9 % en 2009) et génère des intérêts nets d’impôts et de taxes, ses détenteurs aspirent aujourd’hui à un meilleur rendement pour leurs économies.

Un choix de livrets aux intérêts non imposables

Dans la gamme des "livrets réglementés", il n’y a guère que le livret d’épargne populaire (LEP) à proposer davantage : 1,75 %. Il est cependant réservé aux foyers non imposables ou qui ont réglé en 2009 un impôt sur leurs revenus de 2008 au plus égal à 757 €. Quant au compte épargne logement (CEL), à 0,75 %, il rapporte moins que l’inflation ! Sans compter que le CEL supporte les contributions sociales, ce qui ramène sa performance à 0,66 % !

Mais existe-il des produits d’épargne sans risque et plus rémunérateurs ? Un rapide tour d’horizon de l’offre actuelle suffit pour se convaincre que non. En fait, la réponse à cette préoccupation réside dans l’utilisation judicieuse d’une panoplie de solutions et/ou le blocage de son épargne sur d’autres supports durant quelques mois.

Additionner les livrets réglementés

La détention des livrets dits réglementés est limitée à un par personne. Ils réunissent plusieurs atouts : pas de frais sur les versements ni sur la gestion, une épargne disponible à tout moment, sécurisée et exonérée d’impôt. La solution pour vraiment en profiter ? Les additionner !

Ainsi, un couple faiblement ou non imposable peut ouvrir deux LEP et loger jusqu’à 7 700 € chacun sur le sien (les plafonds des dépôts de ces livrets figurent dans le Tableau de bord, page 12). En un an, la pelote familiale s’arrondirait, au taux actuel, de 269,50 €. S’ils n’ont pas accès au LEP, avec un livret A et un LDD chacun (jusqu’à 42 600 € en tout), ce sont 532,50 € qui tomberaient dans leur escarcelle.

Il est aussi possible de cumuler les trois livrets l’année où l’on a toujours droit au LEP au regard de son impôt de l’année précédente, même si, ses revenus augmentant, on sait que l’on devra le clore l’année suivante.

Livrets fiscalisés : comparer les rendements

Les "superlivrets" affichent parfois des taux tonitruants. Attention ! Il s’agit de taux bruts, avant impôts et contributions sociales, appliqués juste pendant une période limitée sur les versements effectués lors de la campagne de souscription. Ils méritent que l’on succombe à cette tentation uniquement si leur taux hors promotion dépasse 2 %.

En effet, leur rendement supporte les contributions sociales et l’impôt. Que l’on opte pour le prélèvement forfaitaire libératoire (PFL), au taux de 18 %, ou l’ajout des intérêts à sa déclaration annuelle de revenus (notamment si l’on n’est pas ou peu imposable), la rentabilité du livret fiscalisé bat nettement celle du livret A. Un taux brut de 2 % revient à 1,65 % net pour un contribuable dont le taux marginal d’imposition se situe dans la tranche à 5,5 %, à 1,40 % s’il soumet ses gains au PFL.

Les sicav monétaires en perte de vitesse

Refuge des investisseurs il y a une dizaine d’années, les sicav monétaires ont vu leurs performances chuter l’année dernière, en même temps que l’inflation et les indices de référence des taux interbancaires. Résultat : alors que les rémunérations atteignaient de 4 à 4,5 % en 2007-2008, on ne peut plus compter désormais que sur 0,50 à 1 % brut !

Sans compter qu’avec ce placement, les plus-values sont taxées à l’impôt sur le revenu ou au prélèvement forfaitaire libératoire si l’on dépasse le seuil de cession des valeurs mobilières (25 830 € en 2010). En outre, depuis le 1er janvier 2010, les gains supportent les contributions sociales dès le premier euro.

L’amélioration du rendement des sicav monétaires est-elle envisageable ? Certains économistes tablent sur une reprise de l’inflation, de nature à les faire remonter. Cependant, cette inversion de tendance, si elle venait à se réaliser, provoquerait d’autres conséquences sur l’économie et entraînerait, de facto, une remontée du taux du livret A !

L’avis d’Isabelle Munier, analyste de l’observatoire indépendant Testé pour vous

Aujourd’hui, le livret A reste imbattable pour rémunérer des liquidités. Pour autant, les sommes consacrées à une épargne de précaution ne devraient pas dépasser trois mois de salaire. Au-delà, il convient de s’interroger sur ses projets à moyen terme.

Si l’on envisage une acquisition ou des travaux, le plan d’épargne logement devient le produit financier sécurisé le plus profitable du moment. Ceux qui sont ouverts depuis 2003 affichent un taux brut de 2,50 % (2,20 % net). Et si l’on utilise le crédit lié à ce placement, la prime d’État peut doper le taux jusqu’à 3,50 % (3,08 % net). Seule contrainte : ne pas le casser avant son quatrième anniversaire.