Épargner avant et après son départ à la retraite

Épargner avant et après son départ à la retraite
Vous pouvez placer dans votre plan d’épargne entreprise (PEE) la somme de votre choix, dans la limite de 25 % de votre revenu annuel brut. - © weerapatkiatdumrong

Placer judicieusement vos capitaux permettra d’améliorer votre niveau de vie à la retraite. Cela implique d’étudier les produits financiers à votre portée. 

Dans l’entreprise, l’épargne salariale

Le Plan d’épargne entreprise (PEE) « est un très bon produit pour épargner en vue de la retraite, particulièrement lorsque la contribution de l’employeur est maximale (3 138,24 € en 2017) », souligne Emmanuel Grimaud, Président fondateur de simul-retraite.fr et de Maximis Retraite. Encore faut-il que votre entreprise en propose un ! Vous pouvez y verser la somme de votre choix, dans la limite de 25 % de votre revenu annuel brut. Les capitaux, à investir sur plusieurs produits allant du fonds monétaire sans risque au fonds actions, sont bloqués pendant au moins 5 ans, sauf cas exceptionnels (rupture du contrat de travail, mariage, décès du conjoint...). Les gains sont défiscalisés, seuls les prélèvements sociaux (15,5 %) s’appliquent.

Le Plan d’épargne pour la retraite collectif (Perco) – votre entreprise en a peut-être mis un en place – se caractérise par une immobilisation des fonds jusqu’à votre retraite, sauf exceptions (par exemple, l’achat de la résidence principale). Les versements du titulaire sont facultatifs, comme l’abondement de l’employeur (jusqu’à 6 276,48 € en 2017). En cas de sortie en capital, les plus-values échappent à l’impôt sur le revenu, mais pas aux prélèvements sociaux (15,5 %).

La participation et l’intéressement peuvent alimenter le PEE ou le Perco, en plus des sommes versées volontairement par le salarié et de l’éventuel abondement de l’employeur. À noter, vous pouvez continuer à bénéficier, sous conditions, de votre PEE ou de votre Perco après votre départ de l’entreprise.

Un placement ouvert à tous

Le Plan d’épargne retraite populaire (Perp), à la différence de la Préfon-Retraite, dédiée aux fonctionnaires et du contrat Madelin réservé aux indépendants, s’adresse à tous. Les capitaux ainsi investis sont bloqués jusqu’à la retraite, sauf exceptions (invalidité, décès du conjoint...). Un avantage fiscal est consenti à l’entrée avec des versements déductibles des revenus imposables dans une certaine limite, fixée à 31 382 euros en 2017.

« C’est un bon placement, sur le long terme, pour les foyers imposables sur le revenu dans la tranche marginale à 30 % ou 40 %, à condition de choisir un Perp qui offre 25 à 27 annuités garanties, détaille Emmanuel Grimaud. Peu de prestataires les proposent. Il convient de bien étudier le contrat avant de souscrire. »

Autre élément à considérer : « Avec le report du prélèvement à la source en 2019, les sommes versées sur les Perp ne seront pas déductibles pendant l’année dite blanche, explique Emmanuel Grimaud. Ce sera en 2018. Il faut donc profiter de la déductibilité de l’épargne sur le Perp en 2017. »

« Compte tenu des taux de conversion appliqués actuellement, la sortie en capital doit être privilégiée par rapport à la sortie en rente, pour les placements comme le Perco par exemple, mais pas pour le Perp où l’épargne est reversée en rente à hauteur de 80 % », ajoute Emmanuel Grimaud.

Les atouts du PEA et de l’assurance-vie

Le Plan d’épargne en actions (PEA), lui, permet de se constituer un portefeuille d’actions d’entreprises européennes. Il ne garantit pas le capital. « Je conseille aux épargnants d’en ouvrir un, et même deux dans un couple, quitte à ne déposer qu’une petite somme au départ. Ce bel outil d’épargne, moins chargé en frais que d’autres produits, offre une exonération totale des plus-values », précise Emmanuel Grimaud. En effet, les retraits effectués après 8 ans échappent totalement à l’impôt sur le revenu (entre 5 et 8 ans aussi, dans une certaine limite), mais pas aux prélèvements sociaux (15,5 %).

« L’avantage fiscal est supérieur à celui de l’assurance-vie », conclut Emmanuel Grimaud. On peut placer jusqu’à 150 000 € par PEA, soit 300 000 € pour un ménage. Et la sortie s’effectue plutôt en capital. « La sortie en rente viagère n’est pas conseillée », dit-il encore.

Le contrat d’assurance-vie reste incontournable dans une stratégie de préparation à la retraite. Il conjugue flexibilité et rentabilité grâce aux unités de compte, et sortie en capital ou en rente. Les gains, eux, ne sont taxés qu’en cas de retrait partiel ou total. Si ce retrait intervient après le 8e anniversaire du contrat, les revenus sont soumis à l’impôt sur le revenu ou au prélèvement forfaitaire libératoire de 7,5 % après un abattement de 4 600 € pour un célibataire, le double pour un couple.

Le viager, une solution à étudier

En cas de maigre retraite, de faible patrimoine et d’absence d’héritiers, dégager une rente à vie contre la vente de son logement en viager est une option à envisager. Mais gare au viager occupé classique, négocié entre deux particuliers : il nécessite de miser sur un acquéreur ayant suffisamment de capitaux pour garantir le versement de la rente sur une longue période, augmentation de l’espérance de vie oblige ! Le viager occupé mutualisé, lui, offre plus de sécurité sur le paiement de la rente. Car vous cédez votre bien à une institution (mutuelle, assurance, caisse de retraite, etc.), qui devient alors propriétaire du logement. Dans tous les cas, renseignez-vous auprès d’un notaire.