Épargne solidaire : investissez utile !

Épargne solidaire : investissez utile !

Vous souhaitez placer votre argent tout en faisant un geste pour des organismes d’insertion, des créateurs d’entreprise ou des sociétés respectueuses de l’environnement ? Les placements solidaires sont faits pour vous !

L’épargne solidaire consiste à faire fructifier ses économies tout en finançant des activités au service de l’emploi, de la lutte contre la précarité et l’exclusion ou de la préservation de l’environnement. Bref, à répartir les richesses autrement.

Loin d’être une utopie, c’est déjà une réalité : 4,7 milliards d’épargne sont investis dans des placements solidaires par plus de 900 000 épargnants, selon l’observatoire de Finansol, association qui labellise ces produits d’épargne.

Le label Finansol est attribué aux produits d’épargne solidaire par un comité d’experts indépendants, sur la base de critères de solidarité et de transparence. Pour le recevoir, il faut qu’une partie du placement soit affectée au financement de projets solidaires ou qu’au moins un quart des revenus de ce produit d’épargne soit donné chaque année à des associations.

Pour la seule année 2012, plus d’un milliard d’euros a été collecté, soit une croissance de 33 % en un an.

Livrets d'épargne et assurance-vie avec option de partage

Certains établissements financiers proposent des livrets d’épargne ou des contrats d’assurance-vie qui prévoient une option de « partage ». Cela consiste à reverser soit une partie des frais d’entrée sur le produit, soit un minimum de 25 % des gains à une association de votre choix.

C’est le cas de l’association Initiative France qui recueille ainsi les dons des épargnants, dans le but d’accorder des prêts d’honneur à taux zéro à des créateurs ou à des repreneurs d’entreprise.

C’est aussi le cas de l’Association pour le droit à l’initiative économique, ou Adie, qui pratique le microcrédit, c’est-à-dire des prêts de très petits montants à des conditions préférentielles pour des créateurs d’entreprise. Ou encore d’Habitat et Humanisme, le premier opérateur solidaire dans le logement, qui a créé une société foncière dont la vocation est de racheter des habitations pour reloger des personnes en situation difficile.

Avantage de cette épargne solidaire pour l’investisseur : une réduction d’impôt égale à 66 % de la somme donnée. Des banques coopératives proposent aussi des comptes à terme solidaires, permettant de choisir le domaine dans lequel vous souhaitez que votre argent soit utilisé.

Acheter des parts de Sicav solidaires

Autre solution, les fonds communs de placement ou les Sicav solidaires dits 90/10. Particularité : 10 % au maximum de l’encours sont investis dans des actions non cotées, support habituel des entreprises solidaires, 90 % dans des actions traditionnelles.

Pour être sûr que le fonds n'est pas qu'une vitrine mais suit une véritable démarche éthique, faites confiance au label Finansol. Ses experts indépendants vérifient chaque produit avant de les estampiller. En 2012, sur 128 produits d’épargne examinés, 11 ont été « délabellisés » pour non-conformité à un ou à plusieurs critères du label.

Vous pourrez souscrire à ces fonds de placements solidaires par le biais d’un plan d’épargne en action (PEA), d’une assurance-vie, dans un compte-titres ou encore dans un plan d’épargne d’entreprise.

Depuis janvier 2010, tous les plans d’épargne entreprise et Perco (plan d’épargne retraite collectif) doivent en effet inclure au moins un fonds solidaire de type 90/10. Une mesure efficace : l’épargne d’entreprise représente plus de la moitié de l’encours solidaire global, soit 2,6 milliards d’euros en 2012 (+ 51 %) sur un total de 4,7 milliards d’euros.

Entrer dans le capital d’une entreprise solidaire

Les plus audacieux choisiront d’investir dans le capital d’une ou de plusieurs entreprises solidaires. Elles ont des secteurs de prédilection : l’agriculture bio, le logement très social, les entreprises d’insertion aux personnes en situation de grande précarité et la solidarité internationale. En 2012, 400 millions d’euros ont été investis de cette manière selon le baromètre Finansol.

Est-ce un investissement risqué ? Oui, car il s’agit souvent d’entreprises de petite taille qui découvrent des métiers nouveaux ou embauchent des salariés en situation difficile et dont le financement a été refusé par une banque.

C’est un autre modèle économique, qui réinvestit la grande majorité de ses bénéfices dans son activité », insiste Frédéric Fourrier, responsable de l’observatoire de Finansol.

Pour regrouper les forces, des clubs d’investisseurs pour une gestion alternative et locale de l’épargne solidaire, les Cigales, sont nés dès les années 1980. Le principe : chaque membre verse tous les mois une petite somme (de 10 à plusieurs centaines d’euros) et le club prend une participation dans des entreprises ou des associations.

Autres structures, les Clubs locaux d’épargne pour les femmes qui entreprennent, ou Clefe, ou la coopérative Garrigue pour financer des projets plus importants.

La priorité d’un placement solidaire n’est pas de vous rapporter plus, mais de fournir un soutien à ceux qui en ont besoin. Pourtant, quelques années après l’investissement initial, beaucoup d’entreprises solidaires réalisent des gains. Il est donc possible de sortir gagnant d’un tel placement, en se rendant utile à la collectivité.