Donnez de l’air à votre budget

Donnez de l’air à votre budget

Quand elles s’accumulent, les mensualités des crédits à la consommation nous étranglent. Une solution : le regroupement de crédits.

Alors qu’il devient urgent d’envisager des travaux d’isolation, le lave-linge donne des signes d’essoufflement ! Les distributeurs d’électroménager et les grandes surfaces de bricolage proposent bien des crédits, mais de pépins en petites folies, les traites s’additionnent et l’écart entre revenus et charges s’amenuise, au risque d’interdire une dépense nécessaire.

Et si, au lieu de souscrire un découvert bancaire ou un nouveau prêt personnel, vous "rachetiez" tous vos crédits à la consommation ? Si vous empruntiez de quoi solder en une seule fois toutes les dettes auprès de différents organismes ? Si vous en avez la possibilité, l’opération se monte simplement, car, contrairement aux prêts immobiliers, ces crédits à la consommation présentent l’avantage d’être remboursables de manière anticipée, sans pénalités. En règle générale, seuls les ménages qui disposent de revenus stables peuvent prétendre à l’opération.

Profiter d’un taux d’intérêt raisonnable

Si un rachat de crédits donne de l’oxygène à un budget, c’est qu’il diminue la mensualité. D’abord parce que le taux d’intérêt accordé sur le nouveau prêt reste très raisonnable (entre 6 et 10 %), alors que celui des réserves d’argent des cartes délivrées par les grandes enseignes vogue souvent entre 15 et 22 %.

"Restructurer ses crédits peut être une opération intéressante à réaliser pour un ménage, car les taux d’intérêt restent historiquement bas", confirme Reine-Claude Mader, présidente de l’association Consommation, Logement et Cadre de vie. Ensuite parce que le nouveau crédit est consenti sur une durée plus longue (entre sept et dix ans, voire douze), ce qui allège le prélèvement mensuel.

Revers de la médaille : le coût global. Prenons l’exemple d’un couple qui a souscrit cinq crédits, de durées différentes, pour un total mensuel de 868,50 €. Ils ont négocié un regroupement avec leur banque pour revenir à une échéance mensuelle de 304 €. Mais le coût du crédit (les intérêts) a représenté le prix à payer pour retrouver une marge de manœuvre au quotidien, et va surtout les autoriser à négocier du même coup le financement de leurs travaux d’isolation.

Même le crédit "gratuit"

Un rachat de crédits se prépare en dressant la liste des dettes. "Il faut réfléchir à son budget, comprendre comment on en est arrivé à cette situation d’accumulation de crédits. Et ne pas hésiter à demander l’assistance de l’une de nos conseillères en économie sociale et familiale, dans un centre communal d’action sociale ou au conseil général", propose Sonia El Heit, de Familles rurales.

Crédits auto ou travaux, prêts personnels, crédits renouvelables (revolving ou réserve), mais aussi "gratuits" (les fameux trois fois sans frais) et découverts bancaires… tous sans exception seront répertoriés afin de déterminer le montant à emprunter.

Un dossier sera constitué comprenant les contrats de prêt, les derniers relevés de comptes des cartes et crédits renouvelables, les éléments justificatifs de vos revenus et l’énumération des charges courantes afin de servir de basse de calcul pour déterminer le montant à emprunter et votre capacité à rembourser.

Gare au seuil de 21 500 €

Puis commence la recherche d’un prêt. "Il n’y a aucune raison de payer quoi que ce soit à un intermédiaire, car il sera rémunéré par l’organisme financier qui réalise le prêt", prévient Reine-Claude Mader. Mais attention : "au-delà de 21 500 €, un crédit personnel n’est plus encadré par la législation des crédits à la consommation, extrêmement protectrice (Loi Scrivener, articles L. 311-1 et suivants du Code de la consommation)", alerte Sonia El Heit.

En effet, jusqu’à ce seuil, vous disposez d’un délai de sept jours, à compter de la signature de l’offre préalable, pour réfléchir à votre engagement. Si le montant du crédit dépasse ce niveau, le prêt relève du droit des contrats du Code civil. Si les banques éditent en général une offre préalable, rien ne leur interdit de prévoir, par exemple, des pénalités de remboursements anticipés.

"Dans tous les cas, je conseille d’étudier une solution avec son banquier plutôt qu’avec une officine de prêt", commente Sonia El Heit, qui observe que les dossiers de restructuration de crédits portent en moyenne sur 30 000 €.