Découvert bancaire : comment l'éviter ?

Découvert bancaire : comment l'éviter ?

Une dépense imprévue, une baisse de revenus, et le risque de découvert bancaire plane sur votre compte. Pas de panique, des solutions simples et efficaces existent.

Demander un délai de paiement pour les factures EDF et GDF

N’attendez pas le courrier de relance ! À la première difficulté, ­prenez contact avec EDF afin de déterminer la solution la plus ­adaptée à votre situation.

Par exemple : la possibilité d’un délai de paiement. Soit en appelant un conseiller au numéro inscrit, en haut à gauche, sur votre facture ou au 0 800 65 03 09, 24 h/24 et 7 J/7 (appel gratuit), soit en envoyant un courrier à l’adresse indiquée sur le relevé, avec votre référence client. Ainsi, vous ne risquez pas la coupure d’électricité !

Vous recevrez aussi des conseils visant à réduire votre consommation d’énergie, donc le montant de vos prochaines factures, et à vérifier que vos options tarifaires et la puissance souscrite sont adaptées à votre mode de vie, complète Philippe Monloubou, directeur ­commercial d’EDF.

S’agissant de votre facture de gaz, la même démarche est à entreprendre auprès de GDF Suez, en composant le 09 69 324 324 (coût d’un appel non surtaxé).

Echelonner le paiement des impôts

Le problème des factures EDF et GDF réglé, pensez au fisc ! N’hésitez pas à demander un étalement du règlement de votre impôt sur le revenu, dès que vous enregistrez une perte de salaire ou que vous rencontrez une difficulté familiale (divorce, séparation, maladie, décès…). Et cela quel que soit le mode de paiement choisi (prélèvement automatique mensuel ou à l’échéance, titre interbancaire de ­paiement…).

Il suffit de vous rendre, justificatifs en main, à votre trésorerie ou à votre centre des finances publiques, dont les coordonnées figurent sur votre avis d’imposition. Un agent des impôts examinera votre situation et, éventuellement, mettra en place un nouvel échéancier.

Cette démarche est préférable à l’envoi d’un courrier, moins rapide. Il convient de l’effectuer le plus tôt possible – surtout dans le cas du prélèvement automatique – pour laisser le temps au service technique de modifier le calendrier et le montant de vos paiements.

Solliciter une avance de salaire à son employeur

Alimentez votre compte ­courant au plus vite. Vous êtes en droit, comme tout salarié, de demander à votre employeur un acompte sur votre prochain salaire ou, le cas échéant, sur votre 13e mois. Et cela que vous soyez en contrat à durée indéterminée ou déterminée, à temps plein ou partiel. Vous ­recevrez par anticipation la partie du salaire qui vous est dû pour le temps de travail déjà accompli.

Le Code du ­travail (article L. 3242-1) prévoit ainsi, pour deux semaines de travail, un acompte correspondant à la moitié de la rémunération mensuelle, dès lors que vous êtes mensualisé.Par exemple : pour un salaire net mensuel de 1 100 €, vous recevrez 550 € le 16 janvier, pour un travail effectué du 1er au 15 janvier.

L’autre option consiste à demander à votre employeur le versement d’une somme correspondant à un ­travail encore non accompli, indique Delphine ­Bourrellier, juriste en droit social en entreprise. Mais, à la différence de l’acompte, cette avance sur salaire n’est pas un droit. L’employeur n’est donc pas tenu de vous l’accorder.

Action Logement : une aide pour payer son loyer  

Si vous êtes salarié du secteur privé non agricole, Action Logement peut vous aider. Cet organisme, chargé de collecter la participation des employeurs (0,45 % de leur masse salariale) au financement de la résidence principale des salariés, peut accorder un prêt pour allégement temporaire de quittance, destiné à régler un temps vos loyers, ou le prêt Sécuri-Pass, pour diminuer les mensualités d’un crédit immobilier.

Il faut être salarié d’une entreprise de 10 salariés et plus, ou demandeur d’emploi dont le dernier employeur cotisait à Action Logement, ou retraité depuis moins de cinq ans.

Attention, le prêt Sécuri-Pass est attribué sous conditions de ressources.

Mieux gérer son compte bancaire

  • N’hésitez pas à pousser la porte de votre agence. Même si ce n’est pas toujours simple, quand vos finances ne sont pas au beau fixe. Grâce à sa vision globale de votre budget, votre conseiller est le mieux placé pour vous apporter une solution personnalisée.
  • Adaptez la gestion de votre compte à votre nouvelle situation. Avec votre conseiller mettez en place un découvert autorisé ou, si vous bénéficiez déjà de ce dispositif, demandez-lui de relever temporairement son plafond.

Ainsi, votre banque honorera vos chèques ou prélèvements tant que vous ne dépasserez pas ce seuil. Un moyen efficace pour ne pas payer des frais liés au rejet des opérations et des commissions d’interventions. La banque en facture notamment pour les irrégularités de fonctionnement du compte qui nécessitent un traitement particulier. Autre avantage : on écarte le risque de se retrouver inscrit au Fichier central des chèques, donc de se retrouver « interdit bancaire ».

En revanche, vous devrez régler des intérêts, calculés en fonction de la somme manquant sur votre compte, de la durée du découvert et du taux fixé par la banque dans la limite du seuil de l’usure (taux maximal auquel un établissement bancaire prête de l’argent).

  • Rééchelonnez un prêt ­immobilier. Profitez de l’entretien avec votre conseiller pour revoir les remboursements de votre emprunt. Rien de plus simple si vous avez souscrit un crédit à échéances modulables : la ­révision à la baisse de vos mensualités est prévue au contrat avec, pour ­conséquence, l’augmentation de la durée de ­remboursement.

L’autre solution est d’obtenir la suspension de paiement d’une ou plusieurs mensualités, selon le niveau de vos difficultés financières.

Si elle n’est pas inscrite dans votre contrat, n’hésitez pas à la demander, ­recommande ­Marie-Pierre Kerembellec, de l’Association départementale d’information sur le logement du Morbihan. Revers de la médaille, ce report d’échéance augmente le coût final du prêt : vous ne réglez que les intérêts et l’assurance pendant cette période, mais le capital est ­augmenté de nouveaux intérêts quand vous le remboursez.

  • Allégez votre crédit à la consommation. Ces aménagements s’appliquent aussi aux souscripteurs d’un crédit à la ­consommation. En général, vous pouvez reporter sans frais le règlement d’une mensualité par an, ce qui allonge la durée du prêt d’un mois.

En revanche, revoir à la baisse le montant des mensualités génère des frais supplémentaires, car les intérêts courent sur une durée plus longue.

Crédit municipal : pensez au prêt sur gage

Réglez un problème de trésorerie en gardant l’anonymat. C’est ­possible ! Il suffit de souscrire un prêt sur gage dans l’une des dix-huit caisses du Crédit municipal.
En pratique, on dépose un objet de valeur – dans 85 % des cas il s’agit d’un bijou – chez Ma Tante et, en contrepartie, on obtient immédiatement un prêt.

Son montant n’excède pas 70 % de la valeur de l’objet sur le marché des ventes aux enchères publiques… et non du prix auquel vous l’avez acheté !, prévient Dominique Doizelet, du Crédit municipal de Lyon.

Le prêt dure six mois, sauf à Paris où il s’étend sur une année. Il est renou­velable sans limite. Seule exception : les objets qui perdent de la valeur avec le temps, par exemple les appareils photo, le matériel hi-fi, vidéo… En moyenne, les emprunts au Crédit municipal courent sur ­dix-huit mois.

Bien sûr, vous pouvez retirer votre bien avant le terme, à condition de rembourser le montant du prêt augmenté des intérêts. Ces derniers varient selon la somme prêtée et les établissements. Ainsi, à Lyon, aucun intérêt n’est demandé jusqu’à 29 € de prêt. Ensuite, le taux s’établit à 0,60 % par mois pour un prêt limité à 159 € (soit 0,95 €/mois maximum), à 0,85 % par mois jusqu’à 1 524 € (soit 12,95 €/mois maximum), puis à 0,65 % au-delà. À cela, il faut ajouter 1 % au titre des frais de garde par période de six mois. Et toute période commencée est due.

515 € : C’est le montant moyen du prêt sur gage accordé par le Crédit municipal (source : Conférence permanente des caisses du Crédit municipal, 2010).

Rédiger une reconnaissance de dette

Pour Ghislain Declercq, notaire à Henrichemont (Cher) : « Pour un prêt à un proche, la reconnaissance de dette est indispensable. »
Que l’on emprunte à un ami ou à un membre de la famille, il est nécessaire de prévoir la preuve de ce prêt. Par conséquent, d’établir une reconnaissance de dette.

Dès que la somme empruntée représente un certain capital, l’emprunteur doit respecter deux principes lors de la rédaction de ce document : indiquer la raison précise du prêt effectué et fixer les modalités de remboursement. Par exemple : « Je reconnais devoir à M. X : 1 500 € pour payer mon loyer. Je m’engage à rembourser cette somme à partir du 1er avril 2012 à raison de 100 € par mois sans intérêts (ou avec intérêts). »

Cette reconnaissance de dette doit être datée et signée par le débiteur, sa signature étant précédée de la mention manuscrite en lettres et en chiffres de la somme empruntée (article 1326 du Code civil). Établie en trois exemplaires originaux, elle doit être enregistrée au centre des impôts avant le 15 février de l’année suivante pour être en règle avec le fisc.

Des sites pour s’informer

Électricité : http://bleuciel.edf.com.
Gaz : www.dolcevita.gazdefrance.fr.
Banque : www.lesclesdelabanque.com ; www.credit-municipal.fr, pour trouver les coordonnées des différentes caisses du Crédit municipal.
Logement : www.actionlogement.fr.
Impôts : www.impots.gouv.fr.