Cherche financement pour projet

Cherche financement pour projet

Vous rêvez de créer une start-up ou encore de vous lancer dans l’humanitaire ? Tour d’horizon des solutions pour financer votre projet.

Pour financer la création d’une association ou le développement d’un nouveau logiciel, de plus en plus de particuliers font appel à des plates-formes internet de financement participatif ou  crowdfounding (« financement par la foule »).

En plein essor, cette formule, qui consiste à solliciter le public pour réaliser de petits investissements, vient compléter les offres classiques de prêt des établissements bancaires, les fonds attribués par les clubs d’investisseurs, les subventions accordées par les collectivités locales ou le mécénat d’entreprise.

Je développe un projet créatif

Lou, 22 ans, stagiaire de l’association humanitaire Muse, vient de réaliser un reportage vidéo à Vientiane, la capitale du Laos. Son but ? : Faire connaître l’association au travers de ce documentaire afin de récolter des fonds pour la création d’un Samu local dans cette ville.

J’avais évalué le coût du projet à 4 000 €, ce qui incluait mon voyage et celui du cameraman, la location du matériel audiovisuel et le montage du film. » 

Une somme difficile à réunir pour cette étudiante en master de coopération internationale. Elle a alors décidé de faire appel à Kiss Kiss Bank Bank, une plate-forme internet de financement participatif.

Kiss Kiss Bank Bank ne sélectionne qu’un projet reçu sur quatre, ajoute Lou. J’ai rédigé le mien avec soin et j’ai constitué un réseau (famille, amis, associations, professionnels…).

Le financement participatif est l’un des moyens les mieux adaptés pour réunir les fonds nécessaires à la création d’un spectacle pour enfants, l’édition d’un livre ou le convoyage de matériel sanitaire.

Son principe  : le projet est présenté sur un site Web et les internautes intéressés participent à l’apport de capitaux.

Une manière de tester aussi sa viabilité (les collectes ratées peuvent être reprises en modifiant certains points pour s’adapter au public) et de préserver ses droits sur la propriété de créations lorsqu’il s’agit de produire une œuvre (BD, CD, roman…) ou un spectacle.

La collecte de fonds s’élève en moyenne à 4 000 €, et peut aller bien au-delà. Mais comment taper à la bonne porte ? En consultant AlloProd, un site recensant dans un annuaire les sites de crowdfounding.

Vous pourrez alors choisir les plates-formes susceptibles d’être intéressées par le projet et cibler les donateurs. Le don moyen s’élevant à 45 €, plus le projet est important, plus il est nécessaire de réunir de souscripteurs.

Si l’objectif est atteint à 100 %, les donateurs recevront une contrepartie : leur nom inscrit au générique, un cadeau personnalisé, une invitation au lancement du projet… Dans le cas contraire, ils seront remboursés.

Sur Ulule et Kiss Kiss Bank Bank, qui sont les deux sites leaders de crowdfunding, 40 à 60 % des projets atteignent leur objectif de collecte. Lou a ainsi réuni 5 000 €, et une fois son voyage payé, reversé le surplus à l’association humanitaire.

Je crée mon entreprise

Pour créer une start-up ou reprendre une entreprise, le panel des aides est large. Le Prêt à la création d’entreprise (PCE), octroyé par Bpifrance, d’un montant de 2 000 à 7 000 €, doit obligatoirement s’accompagner d’un prêt bancaire.

Les personnes n’offrant pas les garanties de solvabilité demandées par les banques peuvent solliciter des microcrédits (jusqu’à 10 000 €) auprès de différents organismes de microfinance. Ceux-ci sont spécialisés (La Nef pour les projets d’utilité sociale ou environnementale, Créajeunes, pour ceux portés par les 18-32 ans, Racines-Clefe, pour ceux créés par des femmes…) ou généralistes (Adie, France Active). 

Les prêts d’honneur, sans intérêts ni garantie, sont accordés par des associations (Initiative France, Réseau Entreprendre) pour des montants allant de 8 000 à 30 000 €.

Quant aux demandeurs d’emploi, ils peuvent prétendre au prêt Nacre, à taux zéro, accordé par l’État (10 000 € maximum).

Les différents réseaux d’aide à la création d’entreprise sont complémentaires, explique Amine Moussaoui, directeur de la communication d’Initiative France. Réseau Entreprendre s’intéresse aux projets de grosses entreprises, Initiative France vise à dynamiser le tissu économique local. D’autres, comme le réseau des Boutiques de gestion, aident au montage du projet. »

Les créateurs d’entreprise peuvent aussi solliciter divers clubs d’investisseurs : le réseau des Cigales, dont l’épargne solidaire vise le développement local, celui des Business Angels, avec des investissements de 50 000 à 1 million d’euros, ou l’association Love money pour l’emploi.

Certaines plates-formes de financement participatif, axées sur la création d’entreprises (Reservoir Funds, Prêt de chez moi, Hello Merci…) ou sur des secteurs plus ciblés comme les jeux vidéo ou la mode, permettent de lever en moyenne 15 000 €.

Je monte mon association

Les cotisations et les dons des adhérents ne suffisent généralement pas pour monter un projet associatif d’envergure. En premier recours, vous pouvez solliciter les collectivités publiques (commune, département, région…) qui délivrent des subventions, à condition que le projet présente un intérêt pour le territoire et que l’association puisse justifier de l’emploi des fonds.

D’autres pistes peuvent s’avérer fructueuses comme l’appel aux dons, sous forme de mécénat ou de sponsoring (ou parrainage). Ou le recours aux fondations et aux fonds de dotation : il existe plus de 3 000 fondations d’entreprises et 1 400 fonds dans des domaines de l’art, de l’enseignement, de l’environnement, de l’emploi… recensés sur le site du Centre français des fonds et fondations.

J'organise mon voyage d'étude

Trouver des donateurs pour financer des périples à l’autre bout du monde est possible à condition d’être porteur d’un projet innovant. Ainsi, la Guilde européenne du raid Fondation Aventure soutient les expéditions à caractère humanitaire, scientifique et sportif, en aidant au montage du dossier et en le soumettant aux différents organismes – collectivités territoriales, fondations d’entreprises – susceptibles de délivrer des bourses.

Les bourses sont en moyenne de 1 000  ou 2 000 €, certaines pouvant atteindre 20 000  € (prix Latécoère pour l’innovation solidaire).

Pour les jeunes désireux d’organiser un voyage porteur d’utilité sociale ou solidaire, certains conseils généraux, régionaux, certaines municipalités et directions de la Jeunesse et des Sports proposent aussi des bourses.

Ainsi, les jeunes de moins de 30 ans qui habitent, travaillent ou étudient à Paris peuvent prétendre aux Bourses de l’aventure de la mairie de Paris, d’un montant de 500 à 5 000 €.

Le programme Défi jeunes, de l’association Envie d’agir, propose des bourses allant de 1 000 à 6 000 € selon le projet. La Fondation Zellidja, quant à elle, attribue des bourses de voyage aux 16-20 ans qui effectuent seuls un voyage d’études sur un sujet donné, dans le pays de leur choix.