Cartes de paiement : une grande famille

Cartes de paiement : une grande famille

S’il n’existe pas une carte mais des cartes, c’est pour que chacun trouve celle qui lui rend les services au plus près de ses besoins et qui lui ouvre un éventail de possibilités permettant de tirer le meilleur parti de son usage.

Au moment de choisir le petit rectangle de plastique à glisser dans notre portefeuille, le vertige nous saisit, tant l’offre est abondante. Notre perplexité vient de la panoplie de plus en plus vaste des cartes bancaires proposées par les banques.

Comment s’y retrouver ? Retrait, paiement, crédit, nationale, internationale, bleue ou verte, virtuelle ou réelle ? En fait, chaque catégorie propose un mode d’utilisation, à bien connaître avant de s’engager.

Carte de retrait : pour obtenir des espèces

Premier filtre par l’usage : s’agit-il d’un outil pour obtenir des billets ou d’un instrument de paiement ? Les cartes de retrait permettent exclusivement de retirer des espèces dans les distributeurs automatiques de billets (Dab). Une fonction qui n’est parfois accessible que dans les automates de l’agence, ou dans tous ceux de la banque, ou encore qui s’étend à ceux de toutes les enseignes.

En revanche, en aucun cas elles ne sont utilisables pour régler des achats. Si certaines ne fonctionnent qu’en France, la plupart permettent un usage international, c’est-à-dire qu’elles sont reconnues par les distributeurs à l’étranger, dans le réseau Visa ou MasterCard selon le cas.

Ces cartes de retrait sont souvent proposées aux adolescents (pour qu’ils puisent dans leur livret jeune, par exemple) ou aux personnes qui ont connu des difficultés bancaires et ne veulent plus de carte de paiement. La cotisation annuelle, qui oscille en général entre 15 et 25 €, est souvent offerte ou réduite, par exemple pour les jeunes ou lorsque la carte fonctionne seulement dans les distributeurs de l’agence du client.

Mais attention ! Les retraits "déplacés", c’est-à-dire effectués dans d’autres distributeurs que ceux de la banque émettrice de la carte, lorsqu’ils sont autorisés, sont souvent tous facturés (de 0,5 à 1 € chacun) sans exception, alors que certaines cartes de paiement plus élaborées donnent droit, elles, à quelques retraits gratuits chaque mois.

Carte de paiement : nationale ou européenne ?

Plus étoffées, les cartes de paiement permettent aussi bien d’effectuer des retraits aux distributeurs que de régler des dépenses dans un très grand nombre de magasins ou sur des sites Internet. Sous leur ancienne version "nationale", il s’en commercialise de moins en moins, car elles présentent la particularité d’être valables seulement en France, pas à l’étranger, même dans la zone euro.

"Or la réglementation européenne prévoit que les cartes bancaires devront d’ici à 2008-2010 être obligatoirement utilisables dans les pays de l’Espace économique européen, qui comprend les vingt-sept pays de l’Union européenne. La carte nationale doit donc disparaître. Chaque banque s’organise pour proposer progressivement d’autres cartes aux clients qui la détenaient jusqu’à présent", explique Emmanuel Robert, directeur marketing chez Carte Bleue. Qu’ils voyagent ou non hors des frontières, les Français vont donc désormais s’équiper d’une carte internationale.

Autorisation systématique

Dans cette gamme, le fonctionnement des cartes dont la cotisation est la plus économique est subordonné à une autorisation systématique. Ce sont par excellence des cartes "antidéplacement", car, lors de chaque paiement, le système qui exécute les transactions vérifie le niveau du compte bancaire du client (ou celui du découvert autorisé). De type Visa Électron ou Maestro, elles coûtent entre 15 et 30 € par an et sont valables aussi bien en France qu’à l’étranger.

Comme les cartes de retrait, mais avec plus de fonctionnalités, elles conviennent particulièrement aux jeunes ainsi qu’aux personnes plus cigales que fourmis qui craignent les découverts ou qui ont connu des incidents de paiement.

Même si ces dernières n’ont pas accès à un chéquier, elles peuvent en effet détenir une carte à autorisation systématique. Celle-ci est d’ailleurs comprise dans le service bancaire de base proposé aux personnes dont le compte a été ouvert dans le cadre de la procédure du "droit au compte".

Assurance et services réduits

Il faut cependant savoir que les péages routiers, certains parkings, distributeurs de carburants ou autres automates de paiement n’acceptent pas les cartes à autorisation systématique. Par ailleurs, elles disposent de garanties d’assurance ou d’assistance parfois réduites, ou ne sont assorties d’aucun service.

Et surtout, dans de nombreux établissements, tous les retraits "déplacés" sont facturés, sans exception. "Attention ! Les paiements réalisés avec ces cartes sont immédiatement débités du compte bancaire du porteur. Il n’est pas possible d’opter pour un débit différé, c’est-à-dire le paiement en une seule fois, en fin de mois ou au début du suivant, de toutes les dépenses réglées avec la carte", souligne Alain Thiébaut, à Europay France, le représentant de MasterCard en France.

Les cartes classiques ou haut de gamme

Les cartes internationales classiques présentent moins de contraintes. Il en existe deux sortes : les cartes Visa ou MasterCard, qui tendent à se banaliser, et les cartes haut de gamme, Visa Premier ou Gold MasterCard. La cotisation annuelle des deux premières tourne autour de 35 à 50 € ; elle peut atteindre 110 € pour les deux autres.

Les personnes qui circulent souvent en avion ou en train, ou qui voyagent beaucoup à l’étranger, trouvent un avantage à s’offrir une Gold ou une Premier, avec des services d’assurance et d’assistance plus étoffés et des plafonds de retrait et de paiement plus élevés que ceux qui s’appliquent aux Visa et MasterCard classiques.

En outre, dans certains établissements, elles donnent notamment accès à la gratuité des retraits dans les distributeurs de toutes les banques (les "déplacés").

On notera qu’il existe également des cartes conçues dans un seul but : payer des achats sur Internet. Certaines banques proposent l’e-carte Bleue de Visa (une carte "virtuelle" dont le service consiste en l’attribution d’un numéro de carte unique par achat) ou l’@ccess de chez MasterCard (une carte réelle assortie de services spécifiques à l’Internet), des instruments de paiement qui renforcent la sécurité des transactions électroniques.

Débit immédiat ou différé

En général, une carte bancaire (hors celles à autorisation systématique) se décline en deux types : débit immédiat ou débit différé des achats du compte bancaire.

Le report en fin de mois du paiement de tous les achats réalisés avec la carte renchérit de quelques euros son prix, mais donne un peu de répit aux titulaires d’une autorisation de découvert et permet aux autres d’affiner la gestion de leur trésorerie. Mais il faut surveiller leur montant pour ne pas risquer, à ce moment-là, de dépasser le découvert autorisé. À noter : les retraits aux distributeurs sont, eux, toujours débités le jour où ils sont effectués, même sur une carte à débit différé.

Peut-on parler de "carte de crédit" pour une carte de paiement à débit différé ? Non, car une carte de crédit est une carte de paiement adossée à un prêt permanent (ou renouvelable). Ainsi, lorsqu’elle est utilisée pour régler un achat ou effectuer un retrait au distributeur, le paiement ou le retrait ne sont pas directement débités du compte bancaire du titulaire de la carte, mais de sa réserve d’argent. À charge pour lui ensuite de rembourser ce crédit, selon les modalités prévues avec la banque.

Des cartes prépayées

Solution pratique pour les jeunes qui doivent gérer leur budget, les cartes prépayées devraient se généraliser. "Ces cartes de paiement internationales ne sont pas adossées au compte bancaire du titulaire mais à un “compte carte”, que les parents peuvent par exemple alimenter par virement", explique Alain Thiébaut, à Europay France. Ainsi, le jeune ne peut utiliser sa carte que si elle est suffisamment approvisionnée.