Assurance-vie : sur quel support verser son argent ?

Assurance-vie : sur quel support verser son argent ?
Les assurances-vie dites « multisupports » disposent, en plus d’un fonds en euros, de différentes unités de compte. - © Sergey Nivens

Les Français détiennent actuellement 1 681 milliards d’euros placés sur leur produit d’épargne préféré. Faut-il délaisser les fonds en euros, dont la rentabilité baisse, pour les unités de compte ? Les clés pour décider.

Fonds en euros : choisir la sécurité

Placer son épargne sur le fonds euros, c’est opter pour la sécurité et la disponibilité. Vous êtes assuré de récupérer tout ce que vous y placez (hors frais), quel que soit le moment où vous avez besoin de cet argent. Revers de la médaille, le rendement n’est plus ce qu’il était : + 1,8 % net en moyenne en 2017, contre + 3,4 % en 2010, par exemple.

« Ce mouvement de baisse devrait se poursuivre encore un an 
ou deux, avec un point bas probablement vers + 1,5 %, explique Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne. En regard des + 0,75 % annuels du livret A, cela reste compétitif ! »

Un conseil : veillez aux frais sur versements (parfois de 3 %, voire plus) qui ne doivent pas absorber le rendement de l’année ou celui des deux années qui vont suivre. Pour les minorer, votre contrat vous obligera peut-être à placer une part de votre versement sur les unités de compte. Mais rien ne vous interdit par la suite d’effectuer un arbitrage pour tout ramener vers le fonds en euros.

Vous avez intérêt à miser sur le fonds en euros si :

  • vous souhaitez pouvoir mobiliser à tout moment votre épargne de précaution, sans avoir à essuyer de pertes ou à décaler
 vos projets si la conjoncture boursière n’est pas bonne ;
  • vous venez de percevoir une somme importante (donation, héritage, cession d’un fonds de commerce, etc.) que vous devez impérativement sécuriser en attendant de la réinvestir (achat immobilier, création d’entreprise ou autres) ;

  • vous voulez être sûr de transmettre 
un certain capital à vos enfants ou à vos petits-enfants, par le biais d’un contrat intergénérationnel notamment ;
  • vous anticipez un risque de dépendance éventuelle et souhaitez éviter de solliciter vos enfants pour faire face aux coûts élevés d’une structure médicalisée.

Unités de compte : 
viser la rentabilité 
à long terme


Les assurances-vie dites « multisupports » disposent, en plus d’un fonds euros, de différentes unités de compte (UC). Avec 
ces supports adossés à des actions, des obligations ou des sociétés civiles de placement immobilier (SCPI), votre argent
 est investi sur les marchés financiers : il peut
 se valoriser ou essuyer des pertes. Un risque qu’il faut impérativement prendre en compte. N’investissez en UC que si vous disposez d’au moins cinq ans avant d’avoir besoin de l’argent.

Un conseil : avec l’appui de votre assureur, dosez la proportion d’UC (20 %, 40 % ou davantage) qui permettra de booster 
le rendement de votre épargne sans avoir l’impression de faire face à une catastrophe en cas de chute des marchés financiers.

Si vous n’avez pas envie de gérer vos UC ni d’effectuer régulièrement les arbitrages qui s’imposent (sécurisation des gains obtenus sur le fonds euros, vente en cas de moins-values...), optez pour une gestion profilée ou un mandat de gestion.

Vous avez intérêt à investir en unités de compte si :

  • vous n’avez pas de projet précis à moyen terme (achat immobilier, par exemple) et souhaitez obtenir un rendement optimal de votre épargne ;
  • vous préférez jouer la carte des marchés financiers par le biais des UC plutôt que d’ouvrir un compte-titres ou un plan d’épargne en actions (PEA) et d’acheter en direct des actions ;
  • vous avez la capacité réelle d’endosser des contrecoups violents. Le CAC 40 a baissé de 42 % en 2008, 33 % en 2002 et 22 % en 2001 !

Et les fonds euro-croissance ?

Ils offrent en principe un rendement supérieur à celui des fonds euros et une garantie du capital investi, à condition d’immobiliser son épargne huit ou dix ans minimum. Une contrainte qui explique, entre autres, le peu le succès de ces fonds lancés il y a trois ans. Le plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (projet de loi Pacte qui doit être débattu au Parlement) pourrait les rendre plus attractifs.

Pour Philippe Crevel, « un panachage astucieux entre fonds en euros et UC vaut actuellement mieux qu’un fonds euro-croissance avec lequel toute sortie avant le terme prévu expose forcément à une perte en capital ».

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