Assurance-vie : quelle stratégie d'investissement ?

Assurance-vie : quelle stratégie d'investissement ?

Après les contrats en euros et les unités de compte, les assureurs déploient leur offre de fonds euro-croissance début 2015. Une autre façon d’investir en assurance-vie.

L'assurance-vie se caractérise par sa souplesse d’investissement :

L’assurance-vie permet de diversifier son épargne sur tous types de produits, du plus risqué au moins risqué. L’épargnant peut ainsi piloter sa prise de risque et sa performance dans un cadre fiscal favorable, souligne Arnaud Thauvron, maître de conférences à Paris Est Créteil.

Les stratégies d'investissement

Les méthodes d'investissement diffèrent selon les investisseurs.

Ainsi, un jeune épargnant ayant un horizon de placement de plusieurs dizaines d’années pourra investir en partie sur des produits risqués à fort potentiel de performance. Avant de sécuriser son épargne, dans quelques années, en arbitrant en faveur de supports moins risqués s’il prévoit de puiser dans sa cagnotte.

Autre atout de l’assurance-vie, elle est accessible à tous, même aux plus modestes, puisque quelques dizaines d’euros suffisent généralement pour ouvrir un contrat.

Vous avez donc intérêt à souscrire le plus tôt possible, même si votre capacité d’investissement n’est que de quelques centaines d’euros au départ. En effet, la fiscalité du contrat dépend de son âge, et donc de sa date d’ouverture.

Un cadre fiscal privilégié

Avantage notable de l'assurance-vie : l’épargnant peut réaliser des arbitrages entre ses différents supports sans régler d’impôt sur la plus-value. Ce n’est qu’en cas de retrait que le gain est taxé, à un taux variant en fonction de l’âge du contrat :

  • en cas de retrait avant 4 ans, un prélèvement forfaitaire libératoire de 35 % est appliqué ;
  • entre 4 et 8 ans, il s’établit à 15 % ;
  • au-delà de 8 ans, il s’élève à 7,5 % après un abattement annuel de 4 600 € pour un célibataire et de 9 200 € pour un couple.

Quel que soit l’âge du contrat, l’assuré peut opter pour une imposition sur le revenu plutôt qu’au taux forfaitaire. «  Les ménages peu imposés ont intérêt à opter pour l’imposition au barème de l’impôt sur le revenu en cas de retrait avant 4 ans », précise Arnaud Thauvron, maître de conférence. Par ailleurs, les prélèvements sociaux (15,5 % de CSG et de CRDS) s’appliquent sur tous les fonds selon un calcul différent.

Et, contrairement à une idée reçue, l’assurance-vie n’est pas bloquée. Il est toujours possible d’effectuer des retraits partiels en cas de besoin.

Enfin, l'assurance vie est dotée d’un régime fiscal très favorable en cas de succession. Il est en effet possible de transmettre jusqu’à 152 500 € au bénéficiaire de son choix en franchise d’impôts.

Arbitrer entre performances et sécurité

Vous pouvez miser à votre guise sur trois différents supports.

  1. Les fonds en euros.
  2. Les nouveaux contrats euro-croissance, créé en 2014.
  3. Les unités de comptes.

Il ne convient pas forcément de choisir entre un seul de ces différents supports mais de répartir son épargne entre eux. L’investissement initial n’est d’ailleurs pas figé : il est recommandé de réaliser régulièrement des arbitrages entre les différents supports pour tenir compte à la fois de l’évolution de vos objectifs de gestion et de la conjoncture financière.

Contrats en euros : pour la sécurité

  • Principe. Les contrats en euros sont des placements sans risque disponibles dans les contrats d’assurance-vie monosupports en euros ou au sein de contrats multisupports. Le capital est garanti à tout moment. Chaque année, les intérêts sont capitalisés et sont, eux aussi, garantis.
  • Gestion. Ils sont gérés par la compagnie d’assurances pour le compte de ses assurés, et non par les sociétés de gestion comme pour les unités de compte. Ils sont investis majoritairement dans des obligations émises par l’État et par des entreprises, mais aussi, à la marge, sur des actifs risqués comme les actions ou l’immobilier pour capter du rendement.
  • Pour qui ? Les épargnants ne souhaitant prendre aucun risque sur leur capital.
  • Rendement. Il s’est établi, en moyenne, à 2,80 % brut en 2013, d’après la Fédération française des sociétés d’assurances.
  • Prélèvements sociaux. Ils s’appliquent chaque année sur les intérêts.

Fonds euro-croissance : pour un meilleur rendement

  • Principe. Les fonds euro-croissance proposent une garantie en capital, totale ou partielle, à partir de huit ans. Les retraits restent possibles avant huit ans, sauf si le contrat stipule le contraire, mais à la valeur de marché du fonds, ce qui peut entraîner une perte en capital. Ils sont disponibles dans le cadre de contrats monosupports dédiés ou dans des contrats multisupports.
  • Gestion. Gérés par la compagnie d’assurances pour le compte de ses assurés, ils sont investis dans des obligations émises par l’État et par des entreprises, mais avec une part d’actifs risqués destinés à améliorer le rendement.
  • Pour qui ? Les épargnants acceptant de bloquer leur épargne huit ans minimum pour obtenir un rendement supérieur à celui des fonds en euros classiques.
  • Rendement. Il sera légèrement supérieur à celui des fonds en euros classiques, soit de 3,3 % à 3,5 % selon les experts.
  • Prélèvements sociaux. Ils seront dus à l’échéance de la garantie du capital (huit ans minimum).

Fonds en unités de compte : pour la performance

  • Définition. Les fonds en unités de compte sont des supports d’investissements accessibles dans les contrats multisupports, comme les Sociétés d’investissement à capital variable (Sicav) par exemple. Il s’agit de placements risqués, sans garantie sur le capital.
  • Gestion. Ils sont gérés par des sociétés de gestion et non par la compagnie d’assurances. Il existe des unités de compte sur toutes les classes d’actifs : actions, obligations, immobilier…
  • Pour qui ? Les épargnants prêts à accepter une dose de risque pour obtenir, sur le long terme, une performance supérieure à celle du fonds en euros.
  • Rendement. Il s’est établi en moyenne à 8,2 % brut pour 2013 d’après la FFSA et le Groupement des entreprises mutuelles d’assurance après + 11 % en 2012 et - 7 % en 2011.
  • Prélèvements sociaux. Ils sont prélevés en cas de rachat, c’est-à-dire si vous effectuez un retrait sur le contrat.