Assurance-vie, des garanties méconnues

Assurance-vie, des garanties méconnues

Certains contrats prévoient une garantie qui prend en charge les moins-values du contrat lors du décès de l’assuré. D’autres aident l’assuré à épargner dans des situations difficiles.

Le capital investi sur un contrat d’assurance-vie est-il garanti ? En ces périodes compliquées, la question ne manque pas d’intérêt. La réponse est positive lorsqu’il s’agit d’un contrat "en euros", sur lequel l’assureur verse des intérêts chaque année. Ils s’ajoutent au capital, qui ne peut donc que s’arrondir au fil du temps.

Le contrat multisupports

La situation des "multisupports" est différente, car ils offrent plusieurs fonds d’investissement : un fonds "en euros" (le capital progresse quelle que soit l’évolution des marchés financiers) et des "unités de compte", c’est-à-dire pour l’essentiel des sicav et des fonds communs de placement, qui sont investis, pour partie au moins, en actions.

Leur valeur varie en fonction des marchés boursiers et le capital qui y est placé connaît les mêmes fluctuations (les FCP "garantis" promettent de rembourser au moins votre mise à une date donnée, souvent cinq à huit ans plus tard, même si la Bourse s’effondre à ce moment-là).

Une épargne sensible au cours de la Bourse

Si vous investissez votre épargne sur les unités de compte d’un multisupport, c’est dans l’espoir, à long terme, de bénéficier d’un gain supérieur à celui d’un fonds en euros. En contrepartie de l’espérance d’un meilleur rendement, vous courez le risque de subir temporairement des pertes potentielles lors d’une chute sévère des valeurs boursières.

La crise financière que nous traversons montre que ce risque n’a rien de théorique : aujourd’hui, le capital disponible sur le contrat de certains souscripteurs est inférieur aux sommes qu’ils ont versées. Vous êtes dans ce cas ? Ces pertes seront effacées lorsque la Bourse retrouvera son dynamisme.

Une garantie "coup dur"

Cependant, dans certaines circonstances, il n’est pas possible de faire preuve de patience. C’est le cas notamment si vous devez puiser dans votre épargne pour faire face à un aléa de la vie (longue maladie, chômage, décès du conjoint).

Même s’il est judicieux de procéder d’abord à des retraits sur le fonds en euros pour répondre à un besoin pressant d’argent, cela ne suffit pas toujours. Il faut alors aussi entamer le capital investi sur les unités de compte. Ce qui fait perdre toute chance de rattraper un jour les moins-values boursières.

Pour éviter ces situations délicates, certains contrats proposent une garantie "coup dur", qui prend en charge ces pertes lorsque vous êtes contraint de récupérer votre argent au mauvais moment. Cette option permet de récupérer au moins les sommes versées.

"Le souscripteur doit pour cela se trouver dans une des situations prévues par le contrat, c’est-à-dire en général la fin de ses droits aux allocations chômage, la création de sa propre entreprise après un licenciement, la survenance d’une maladie de longue durée ou une perte irréversible d’autonomie", explique Agnès Canarelli, responsable technique à la Fédération française des sociétés d’assurances.

Une garantie plancher

Si les contrats équipés de cette protection restent rares, la plupart des assurances-vie comportent un dispositif similaire, la "garantie plancher", qui, elle, ne sera mise en œuvre qu’après votre décès. Elle profitera aux personnes désignées sur votre contrat et auxquelles le capital sera versé conformément à la clause bénéficiaire.

Cette garantie vise le cas où, pour cause de krach boursier, le capital à régler à vos bénéficiaires serait inférieur aux sommes versées. Elle leur restituerait vos versements, diminués des frais et, bien sûr, des éventuels retraits que vous auriez effectués de votre vivant. Bien sûr, si le capital acquis sur le contrat est supérieur aux versements réalisés, c’est ce montant, plus important, qu’ils recevront.

"Cette garantie est parfois automatique, et donc accordée à tous les souscripteurs du contrat. Son prix est alors en général compris dans les frais de gestion de celui-ci. Dans d’autres contrats, en revanche, elle est facultative. Cette option est alors valable seulement à la souscription", souligne Agnès Canarelli.

Pas d’assurance in extremis

Pas question, donc, de s’assurer au dernier moment quand la Bourse donne des signes de faiblesse. Et, bien évidemment, seuls les épargnants qui ont souscrit cette garantie paieront la prime correspondante.

Celle-ci n’est cependant facturée par l’assureur que lorsque le capital versé est bel et bien écorné par un krach boursier. "Son coût dépend dans ce cas à la fois de votre âge (plus vous êtes âgé, plus il est élevé) et du “capital sous risque”, c’est-à-dire de la différence entre les sommes versées sur le contrat et le capital qui y reste, compte tenu des pertes boursières", note Agnès Canarelli. Par exemple, de 0,4 à 0,5 % pour un assuré de 45 ans.

Attention ! Souvent, la garantie "plancher" cesse de produire ses effets après que vous avez fêté vos 70 ou vos 80 ans. Il est fréquent également qu’elle soit plafonnée à un montant fixé dans le contrat.

Des versements assurés

Vous alimentez régulièrement un contrat d’assurance-vie afin de disposer un jour d’un capital suffisant pour faire une donation ou financer les études des enfants ? Mais si vous décédez prématurément, vous n’aurez pas eu le temps d’accumuler le montant nécessaire à la réalisation de votre projet. C’est pourquoi de nombreux établissements vous proposent d’assurer votre engagement. Si vous disparaissez, la compagnie prendra le relais et alimentera le contrat à votre place.

Ainsi, les bénéficiaires de votre assurance-vie recevront la somme que vous souhaitiez leur réserver. Selon les contrats, l’assurance intervient quelle que soit la cause du décès ou seulement en cas d’accident, ce qui joue sur le tarif.