Assurance-vie : comment l’optimiser

Une fois ouvert, un contrat se gère. L’épargnant délègue la gestion de son contrat monosupport en euros à la compagnie d’assurances. Mais si l’assuré veut une gestion particulière, il lui faut transformer son contrat.

Si la vie d’un contrat multisupport débute elle aussi formellement à la souscription, son aventure réelle démarre avec le premier versement.

Choisir les supports d'investissement

Comment choisir les supports d’investissement destinés à recueillir les versements, et quelle répartition adopter entre le fonds "en euros", où le capital est garanti, et les supports en "unités de compte", ces fonds investis sur les marchés financiers ?

Certaines de ces unités de compte sont totalement dirigées vers un seul type de produit, comme les actions par exemple, et évoluent au gré des fluctuations de marché.

D’autres sont "diversifiées" et assemblent des produits plus ou moins "volatils" (c’est-à-dire dont la valeur change fréquemment, à la hausse ou à la baisse) pour présenter des profils de risque intermédiaires.

Panacher les fonds

On trouve ainsi des fonds "prudents", "équilibrés" ou "dynamiques" ; les premiers comportent peu d’actions et les derniers sont majoritairement investis en Bourse.

"Dans l’assurance-vie, vous n’êtes pas contraint de rester sur un seul fonds : vous pouvez les panacher entre eux", rappelle Sophie Gonsard. Par exemple, placer 80 % sur le fonds en euros garanti, pour construire un socle solide, et consacrer 20 % à des supports en actions, risqués à court terme, mais historiquement plus rentables à long terme.

Se faire conseiller

Déterminer la part à consacrer à chacun de ces supports est une alchimie délicate et les non-spécialistes ne doivent pas hésiter à se faire conseiller. "Il ne faut pas prendre de risque avec l’épargne dont on peut avoir besoin à tout moment, ou avec celle qui est destinée à être utilisée à une date précise, explique Sophie Gonsard. Il faut donc placer ces sommes sur le fonds en euros."

En revanche, si votre horizon est long, une diversification s’impose au travers des unités de compte. Lors de chaque versement, il est possible de choisir une nouvelle répartition entre les différents supports du contrat. Sans précision, l’assureur placera chacune des nouvelles cotisations de la manière choisie pour le versement d’origine.

Les besoins du souscripteur évoluent

Lorsque la situation économique change, si les besoins du souscripteur ou la composition de sa famille évoluent, les choix de répartition effectués entre les différents supports peuvent ne plus correspondre à la nouvelle donne.

Ce sera aussi le cas si aucun réajustement n’est opéré : "Le fait que les compartiments financiers évoluent à des rythmes différents crée une déformation des choix initiaux", prévient Sophie Gonsard.

Une forte baisse des actions fait ainsi diminuer leur poids relatif dans le contrat, ce qui peut rendre la répartition entre les supports moins dynamique que prévue. À l’inverse, après une forte hausse, la part des actions est susceptible d’occuper une trop large place et de mettre en péril l’ensemble de l’épargne en cas de retournement.

Pour corriger le tir, tous les contrats multisupport autorisent à pratiquer des "arbitrages", c’est-à-dire à transporter tout ou partie des capitaux d’un compartiment financier à l’autre. Ces transferts ne sont pas assimilés à une sortie (l’argent reste dans le contrat) et ne sont pas fiscalisés, mais ils supportent des frais.

Arbitrer à bon escient

Un nombre croissant de sociétés vont encore plus loin et offrent désormais des options d’arbitrage automatique qui pilotent l’épargne entre les différents supports.

La "dynamisation" permet par exemple d’investir dans un fonds en euros et d’arbitrer seulement les intérêts sur un fonds en unités de compte. Le capital d’origine est toujours préservé, même si les marchés financiers dérapent.

La "sécurisation" a un objectif inverse : prendre les bénéfices sur les supports les plus dynamiques - lorsqu’ils sont au rendez-vous ! - pour les mettre en sécurité dans le fonds en euros.

Des rééquilibrages réguliers

Il existe également des arbitrages permettant de rééquilibrer régulièrement la composition du multisupport en ramenant l’ensemble des compartiments à leur proportion d’origine, "ce qui est intéressant à long terme pour prendre ses bénéfices après une hausse de la Bourse, ou renforcer la part des actions après une baisse", estime Sophie Gonsard.

Les délais nécessaires pour réaliser ces arbitrages sont plus longs que ceux d’un compte titres : compter une semaine entre la demande d’orientation financière et sa mise en œuvre.

L’assurance-vie n’est donc pas un produit destiné à une gestion très offensive : elle reste un placement de "bon père de famille", conçu pour transporter l’épargne dans le temps, dans les meilleures conditions fiscales.

Une gestion qui occasionne des frais

Contrairement à d’autres placements, moins techniques, moins patrimoniaux, la gestion d’un contrat d’assurance-vie occasionne des frais.

D’abord, ceux qui sont acquittés à l’occasion de chaque versement : compris entre 2 et 5 % de la somme investie, dont ils viennent en déduction, ils servent à rémunérer la mise en place du contrat.

Ensuite, les frais de gestion, prélevés, eux, chaque année et calculés en fonction du montant du capital en compte. Ils s’établissent en moyenne à 0,60 % de l’épargne constituée par an sur les contrats et fonds en euros et entre 0,45 et 1 % sur les unités de compte. Ils financent l’activité des équipes de gestion.

Enfin, l’assureur facture des frais d’arbitrage chaque fois que l’épargnant déplace des fonds d’un support à un autre. Leur montant varie de 0,5 à 1 % de l’épargne transférée ou prend la forme du forfait, une méthode qui favorise les assurés qui effectuent des arbitrages d’un montant important.

La proposition soumise à la signature du souscripteur

Toutes ces informations, les conditions générales et particulières du contrat forment la proposition qui est soumise à la signature du souscripteur.

Il lui est conseillé de la lire attentivement avant d’apposer son paraphe, même s’il dispose ensuite d’un délai de trente jours pour revenir sur sa décision et récupérer l’intégralité de sa mise, frais d’entrée inclus.

Etaler son exposition en actions

Les épargnants désireux d’investir un capital important disposent de l’option d’"investissements progressifs", qui conduit à placer d’abord cette somme sur un fonds sécuritaire (fonds en euros ou FCP monétaire), puis à en diriger chaque mois une partie vers des supports plus risqués.

Ainsi, l’entrée sur les marchés financiers est étalée. En investissant en une fois un capital en Bourse, le risque est en effet grand d’affronter une baisse immédiate et de devoir attendre longtemps pour récupérer sa mise ; cette option évite donc cet écueil.