Assurance-vie : choisir le bon contrat

Une fois ouvert, un contrat d’assurance-vie peut accompagner son détenteur tout au long de l’existence. Il est donc nécessaire d’en choisir un en mesure de s’adapter à toutes les étapes de la vie.

Ouvrir un contrat d’assurance-vie ? Rien de plus simple : il suffit de s’adresser à son conseiller bancaire, de pousser la porte d’un agent général d’assurances ou celle d’une association d’épargnants. Aujourd’hui, 80 % des contrats sont conclus aux guichets des agences bancaires.

Où qu’il soit souscrit, il fonctionne selon le même principe : l’assuré confie une somme d’argent à une compagnie qui s’engage à la gérer, puis à transmettre le capital ou à servir une rente à l’assuré et/ou, après son décès, à verser un capital aux bénéficiaires désignés au contrat.

Une opération de prévoyance

L’assurance-vie constitue donc à la fois un produit financier et une opération de prévoyance qui permet de combiner plusieurs projets : se constituer une épargne, préparer sa retraite, transmettre son patrimoine.

Un “produit caméléon”

"Nous sommes en présence d’un “produit caméléon”, capable de s’adapter aux besoins des épargnants au fil de leur vie", résume Nicolas Reliquet, directeur du développement d’une association d’épargnants. À condition de bien définir ses priorités dès la souscription et de les adapter en cours de contrat.

La plupart des contrats présentent une "durée viagère", ne connaissant comme limite que le décès de l’assuré. Ils nous accompagnent le plus longtemps possible, nous laissant puiser dans le capital en cas de besoin, puis abandonner le solde aux bénéficiaires que nous aurons choisis.

Ouvrir un contrat adapté à ses besoins

Première question posée par l’assureur ou son représentant : monosupport en euros ou multisupport ? Le choix de l’enveloppe où déposer son argent dépend du projet du souscripteur, de son horizon de placement (le nombre d’années pendant lesquelles il estime ne pas avoir besoin de récupérer son épargne) et de son goût du risque !

Les "monosupports en euros" offrent une seule option de placement : le fonds garanti, essentiellement investi en obligations d’État ou de grandes entreprises. Ces contrats s’adressent aux personnes en quête d’une grande sécurité. "En effet, à l’échéance du contrat, l’assureur leur remboursera une somme égale aux cotisations versées (moins les frais de gestion), augmentée des intérêts, et cela quelle qu’ait été l’évolution des marchés financiers", explique Olivier Éon, de Testé pour vous, un observatoire indépendant de produits financiers.

Les intérêts répartis entre les contrats

Chaque année, l’assureur distribue au moins 85 % des intérêts générés par la gestion des sommes qui lui sont confiées (et 90 % des bénéfices techniques), qu’il répartit entre tous les contrats à proportion des capitaux en compte.

Les gains sont définitivement acquis chaque année (c’est le fameux effet cliquet) et s’ajoutent au capital investi pour devenir eux-mêmes productifs d’intérêts (principe de la capitalisation).

L’épargnant à la recherche d’un rendement supérieur à celui des contrats en euros privilégiera l’ouverture d’un multisupport. Ce type de produit permet de placer ses économies sur des unités de compte différentes réunies dans un même contrat.

En général, leur offre combine un fonds garanti, libellé en euros, avec des fonds boursiers ou immobiliers (sicav, fonds communs de placement, sociétés immobilières) dont la valeur augmente lorsque les marchés évoluent à la hausse ou… reflue lorsque ces derniers accusent une baisse.

Choisir un contrat évolutif

Les contrats multisupport présentent un autre avantage : la mobilité. Lorsque l’assuré constate qu’un fonds actions s’est suffisamment valorisé à son goût, il peut le reverser en totalité ou en partie sur le fonds en euros pour sécuriser son gain : on dit alors qu’il effectue un arbitrage.

"Il a intérêt à transférer ses fonds d’un support à l’autre au gré des fluctuations des marchés ou quand son projet de vie évolue, signale Nicolas Reliquet. Ainsi, par exemple, à 30 ans, il a du temps devant lui et, s’il possède déjà une épargne de précaution, il peut investir dans un produit adossé à des actions.

Certes, ce dernier présente un risque ponctuel de perte en capital, mais les perspectives de rentabilité à long terme sont plus élevées qu’avec un contrat en euros. À 45 ans, l’horizon de placement est moins éloigné et préparer sa retraite devient primordial : il cherchera alors à équilibrer le fonds en euros et les supports en actions, puis, au fil du temps, il réduira la part des seconds au profit du premier."

"Le souscripteur a intérêt à sélectionner un contrat qui dispose d’un nombre suffisant de supports pour optimiser le rendement de son assurance-vie", ajoute Olivier Éon. Une petite dizaine de fonds autorise une large diversification de son épargne. Attention, plus le contrat comporte de supports, plus il s’adresse aux investisseurs rompus aux pratiques de la Bourse.

Privilégier la souplesse

Si un contrat est destiné à accompagner son souscripteur sa vie durant, il importe de pouvoir l’alimenter au gré de ses disponibilités. La majorité des contrats autorisent l’assuré à verser ce qu’il veut quand bon lui semble.

L’assureur lui demandera en général de déposer une somme minimale (entre 100 et 1 500 €) lors de l’ouverture, et fixera un montant plancher pour les versements ultérieurs (à partir de 50 €), qui seront effectués, au choix, par chèque, par virement ou par prélèvement.

Des planchers de versement compatibles avec ses moyens financiers

"Pour pouvoir utiliser son assurance en souplesse, mieux vaut choisir un contrat dont les planchers de versement sont compatibles avec ses moyens financiers", conseille Sophie Gonsard, responsable de la stratégie patrimoniale au sein d’un réseau notarial. D’autant que, les montants minimaux de retrait étant en général identiques au plancher des versements, un contrat bien adapté facilite sa gestion.

Il est à noter que, contrairement aux placements réglementés (qu’il s’agisse du livret A ou du PEA), aucun plafond ne limite le montant des primes, dans le cadre de l’assurance-vie.

Une famille, trois branches

  • L’assurance-vie : produit au sein duquel l’assureur fait fructifier le capital qui lui est confié par un souscripteur selon les souhaits de ce dernier. Capital et intérêts sont ensuite reversés à l’assuré s’il est vivant au terme du contrat (cette durée est variable), ou à ses bénéficiaires s’il décède auparavant.
  • L’assurance-décès : opération de prévoyance où l’assuré paie une cotisation afin que l’assureur garantisse le versement d’un capital à ses proches s’il vient à disparaître avant la fin du contrat. Il s’agit souvent de formules annuelles, tacitement reconductibles. Le risque de décès prématuré étant faible, les capitaux garantis sont beaucoup plus élevés que le montant des cotisations.
  • Le contrat (ou bon) de capitalisation : formule d’épargne, techniquement comparable en tout point à l’assurance-vie, mais qui ne jouit pas du même statut, ni civil ni fiscal : les capitaux ne bénéficient, par exemple, d’aucun avantage au plan successoral.

Les chiffres à connaître sur l'assurance-vie

  • 122,6 milliards d'euros : sommes versées sur des contrats d'assurance-vie en 2008.
  • 1122,4 milliards d'euros : ensemble des capitaux gérés par les sociétés d'assurance-vie en 2008.
  • 64,2 % : part de l'épargne financière des ménages placée en assurance-vie (chiffre 2007).
  • 65 % : quotité des encours gérés par les sociétés d'assurance-vie investie en obligations émises par l'Etat, les entreprises publiques ou les grandes sociétés privées (taux de décembre 2008).