Pouvoir d’achat : les propositions des candidats à l’élection présidentielle

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Elysée, pouvoir d'achat

Répercussion économique de la guerre en Ukraine et de la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19, l’inflation constitue un sujet d’inquiétude pour de nombreux Français. Les douze candidats à l’élection présidentielle des 10 et 24 avril font de multiples propositions en matière de pouvoir d’achat. Passage en revue des souhaits des prétendants, énumérés ici dans l’ordre de la liste validée le 7 mars par le Conseil constitutionnel.

Nathalie Arthaud : aucun revenu en deçà de 2 000 €

La candidate de Lutte ouvrière (LO), parti d’inspiration trotskiste, réclame un relèvement du salaire minimum interprofessionnel à 2 000 € net mensuels. En deçà, « on ne peut pas faire face au coût de la vie », estime la candidate de LO dans son programme publié sur le site Nathalie-arthaud.info.

De plus, cette enseignante de profession appelle à « une augmentation générale des salaires de base »« Aucun salaire, aucune pension de retraite, aucune allocation en dessous de 2 000 € ! Il faut imposer leur indexation sur le coût de la vie ! », explique Nathalie Arthaud.

Candidate pour la troisième fois à la magistrature suprême et enseignante de profession, Nathalie Arthaud souhaite voir advenir, par la révolution, la fin de la société capitaliste.

Fabien Roussel : un Smic à 1 500 € net

Le candidat du Parti communiste français (PCF) souhaite une hausse du Smic, qui, selon lui, doit « atteindre rapidement 1 500 € net par mois, soit 1 923 € brut », fait-il savoir dans son programme, publié sur le site Fabienroussel2022.fr.

« La loi imposera qu’aucune branche professionnelle ne puisse décider d’un seuil minimum inférieur au Smic et que ce seuil soit automatiquement réévalué avec le Smic », précise Fabien Roussel.

« Des négociations tripartites », impliquant l’Etat, les syndicats et le patronat, « seront organisées pour une hausse généralisée de la grille des salaires, promet le candidat communiste. La reconnaissance des qualifications réelles et la revalorisation des salaires de certains métiers, indispensables au fonctionnement du pays » seront mises en œuvre.

Pour soutenir le pouvoir d’achat des fonctionnaires, le point d’indice utilisé pour le calcul de leur rémunération « sera revalorisé d’au moins de 30 %, pour rattraper un retard de onze ans de gel, qui a amputé le pouvoir d’achat des agents de près de 10 %, favoriser l’attractivité de la fonction publique et améliorer les déroulements de carrières ».

Fabien Roussel promet la réalisation « en un an » de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes. Au-delà de ce délai, « un administrateur judiciaire le fera à la place de l’employeur ».

Selon le député, aucune pension de retraite ne pourra être inférieure à 1 200 € net.

Les étudiants auront droit à un revenu de 850 € par mois, « financé pour moitié par une nouvelle cotisation sociale, pour moitié par l’Etat ».

Emmanuel Macron veut un allègement des droits de succession

Candidat à sa réélection, le président de la République promet dans son programme intitulé « Avec vous », diffusé sur le site éponyme, plusieurs mesures pour permettre de « mieux vivre de son travail ». Dans le détail, il souhaite :

  • un triplement du plafond de la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat, dite Macron, non soumise aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu ;
  • l’obligation de mise en place d’un dispositif de partage des profits (prime Macron, participation ou intéressement) dans toute entreprise versant des dividendes ;
  • une baisse des cotisations sociales pour les indépendants, aboutissant à une hausse de revenu de 550 € pour une personne percevant l’équivalente du Smic ;
  • une suppression de la contribution à l’audiovisuel public (ancienne redevance) ;
  • la fin des impôts sur les successions (dénommés droits de mutation à titre gratuit en langage juridique) pour les transmissions jusqu’à 150 000 € par enfant bénéficiaire et jusqu’à 100 000 € par autre membre de la famille (petit-enfant, neveu, nièce, etc.).

Jean Lassalle est favorable à TVA à 5,5 % sur les carburants

Alors que les prix des carburants flambent, le président du parti Résistons ! s’affirme pour une baisse de « la TVA sur les hydrocarbures, de 20 % à 5,5 % », dans son programme mis en ligne sur le site Jl2022.fr,.

Jean Lassalle propose l’inscription « dans la Constitution et au titre de la solidarité intergénérationnelle » du « maintien absolu du pouvoir d’achat des retraités face à l’inflation ».

« Il s’agit notamment […] d’interdire toute discrimination fiscale ou sociale (exemple la dernière majoration de CSG), dont le poids effectif et définitif pèserait uniquement sur les retraités », précise le député des Pyrénées-Atlantiques.

Jean Lassalle propose une revalorisation du Smic à 1 400 € net, qui doit soutenir « une consommation tournée vers des secteurs à bas revenus » tels que l’hôtellerie et la restauration.

Le parlementaire promet une revalorisation du « statut » et du « salaire des aides à domicile qui s’occupent de personnes en situation de dépendance ».

Il souhaite une extension de « la gratuité des transports publics ou la création de tarifs préférentiels pour les jeunes ».

Marine Le Pen propose une baisse des cotisations patronales

La candidate du Rassemblement national (RN) indique vouloir « permettre aux entreprises une hausse des salaires de 10 % (jusqu’à trois Smic), en exonérant cette augmentation de cotisations patronales ».

Marine Le Pen souhaite une baisse de la TVA « de 20 % à 5,5 % sur les produits énergétiques (carburants, fioul, gaz et électricité) », précise la députée dans son programme publié sur le site Mlafrance.fr.

Au plan fiscal, cette représentante de l’extrême droite souhaite notamment supprimer l’impôt sur le revenu pour « tous les jeunes actifs jusqu’à trente ans ».

Concernant les retraites, elle promet notamment une réindexation des « retraites sur l’inflation », une revalorisation de l’Aspa à 1 000 € par mois et une hausse des « petites » pensions.

Comme Emmanuel Macron, elle souhaite la fin de la contribution à l’audiovisuel public.

Eric Zemmour promet « l’équivalent d’un 13e mois » pour les « travailleurs modestes »

Le candidat de Reconquête !, un autre parti d’extrême droite, souhaite une augmentation des rémunérations « des travailleurs modestes du public, du privé et des indépendants, en permettant de toucher l’équivalent d’un 13e mois, par la baisse de la contribution sociale généralisée (CSG) », est-il écrit sur le site Programme.zemmour2022.fr

Les rémunérations tirées des heures supplémentaires ne seront pas soumises à l’impôt sur le revenu et aux cotisations sociales, promet Eric Zemmour.

Selon le polémiste, les employeurs auront la possibilité de verser « une prime zéro charge au mérite », pouvant représenter « jusqu’à trois mois de salaire net ».

Eric Zemmour promet une défiscalisation totale de « la prime de participation », au profit des « salariés » et des « employeurs ». Le versement de cette prime sera « obligatoire dans les entreprises de plus de onze salariés ».

D’après l’ancien journaliste, les entreprises doivent « rembourser » la moitié « des frais de carburant de leurs salariés » pour les trajets entre le domicile et le travail.

Le candidat d’extrême droite promet également la suppression des plafonds de ressources des allocations familiales.   

Jean-Luc Mélenchon propose un « salaire maximal autorisé »

Le candidat de La France insoumise (LFI) est favorable à un relèvement immédiat du salaire minimum interprofessionnelle de croissance (Smic) à hauteur de 1 400 € net par mois et à une hausse de l’Aspa à 1 000 € par mois, selon son programme « L’avenir en commun » diffusé sur Laec.fr.

Jean-Luc Mélenchon propose la fixation d’un « salaire maximal autorisé pour limiter l’écart de 1 à 20 entre le salaire le plus bas et le salaire le plus haut dans une entreprise ». Il est partisan d’une revalorisation du « traitement des fonctionnaires ».

Pour l’égalité entre les femmes et les hommes, le député des Bouches-du-Rhône souhaite voir « punir sévèrement le non-respect de l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes » et la mise sur pied « dans l’entreprise [d’]une commission de contrôle salarié sur l’égalité entre les femmes et les hommes ».

Jean-Luc Mélenchon souhaite un « blocage des prix de première nécessité » transitoire, comme il l’a réclamé le 6 février sur TF1.

Selon lui, les jeunes ayant entre 18 et 25 ans et ne dépendant pas du foyer fiscal de leurs parents pourront obtenir une « garantie d’autonomie », qui représentera  1 063 € pour une personne seule.

Le député promet une diminution de la TVA sur les produits de première nécessité à 5 % et le rétablissement d’une TVA sur les produits de grand luxe, d’un taux de 21,6 %.

Il souhaite une plus grande progressivité de l’impôt sur le revenu et la fin du quotient conjugal.

Pour le candidat de LFI, différents coûts inhérents à la scolarité dans les écoles publiques (cantine, manuels, fournitures, etc.) doivent être supprimés de la charge des familles.

Anne Hidalgo envisage « une conférence sur les salaires »

La candidate du Parti socialiste (PS) affirme dans son programme, diffusé sur le site 2022avechidalgo.fr, vouloir œuvrer pour une hausse des salaires.

« Dès mon arrivée au pouvoir, j’augmenterai le Smic de 15 % (ce qui correspond à 200 € net de plus par mois) et je convoquerai une conférence sur les salaires avec les organisations patronales et syndicales. Des négociations salariales seront engagées dans les branches professionnelles et dans les entreprises pour faire en sorte que l’augmentation des salaires favorise le plus grand nombre », indique Anne Hidalgo. La prétendante à la magistrature suprême précise vouloir « une révision des grilles de qualification dans les conventions collectives ».

Elle s’engage par ailleurs à une diminution « de la TVA sur la facture de gaz naturel et d’électricité » des « particuliers ». De façon transitoire, « la baisse sera également appliquée pour les carburants en cas de flambée du prix à la pompe ».

Sous l’éventuel quinquennat d’Anne Hidalgo, des mesures seront prises pour favoriser le respect du principe de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes.

« La liste des entreprises qui persistent à laisser perdurer les discriminations salariales envers les femmes sera rendue publique, et des pénalités seront imposées à ces entreprises. J’inverserai la charge de la preuve pour qu’il revienne à l’entreprise de prouver qu’elle n’est pas coupable de discrimination en matière de salaires », est-il écrit dans le programme de la candidate socialiste.

Pour soutenir le pouvoir d’achat des retraités, Anne Hidalgo s’engage à une revalorisation des « petites retraites ». D’après elle, l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa, ancien minimum vieillesse) doit être portée à 1 000 €, le minimum contributif doit atteindre 1 200 €. La candidate veut faire en sorte « que chaque heure travaillée ouvre à cotisation pour la retraite ».

Yannick Jadot : gratuité des « transports en commun »

Pour relancer sa campagne, le candidat d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a annoncé le 1er avril au micro de France Info des mesures qui ne figurent pas dans son programme. Il s’est engagé à la gratuité des « transports en commun », dont « les TER, les bus » mais « pas les TGV », durant « six mois ». Il a en outre promis la fixation d’un plafond de « 1,8 € le litre » de carburant ».

Le député européen propose le relèvement du chèque énergie à hauteur de 400 € pour « 6 millions de ménages », précise Yannick Jadot dans le programme que nous a transmis son équipe de campagne. Ce chèque « pourra être utilisé pour payer toutes les dépenses énergétiques, et notamment les dépenses de carburant dans le contexte de hausse du prix des matières premières ».

Dans le cadre d’une nouvelle « tarification sociale de l’énergie », les personnes « les plus modestes » auront « accès aux premiers kilowattheures gratuitement ».

Le taux de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) doit être abaissé « à 5,5 % pour les transports collectifs et les services de réparation, à 0 % pour l’alimentation biologique ». Le taux sera relevé à « 20 % pour les transports polluants ».

Yannick Jadot promet une augmentation de 10 % du salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic), « en cours de mandat »« Nous obligerons à la renégociation des grilles de salaires dès lors que le minima conventionnel se trouve inférieur au Smic pour assurer l’augmentation de l’ensemble des bas salaires, précise Yannick Jadot dans le programme que nous a transmis son équipe de campagne. Nous revaloriserons immédiatement le point d’indice dans la fonction publique et revaloriserons l’ensemble des métiers du médico-social, de l’éducation populaire et du travail social. »

Pour favoriser le non-respect du principe de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, « les entreprises de plus vingt salariés et les administrations publiques » en tort seront sanctionnées d’« une amende de 330 € par jour » et par salariée « concernée jusqu’à régularisation ».

Le candidat écologiste souhaite l’instauration d’« un revenu citoyen qui sera versé automatiquement à partir de dix-huit ans ». Ainsi, « personne » ne vivra « avec moins de 918 € mensuels », le « revenu de base » que constitue actuellement le revenu de solidarité active (RSA) étant « relevé à 740 € » et pouvant être « cumulé » avec les aides personnelles au logement et avec la prime d’activité, assure Yannick Jadot.

Selon lui, les allocations familiales représenteront « 70 € par mois et par enfant, dès le premier enfant ».

Yannick Jadot promet que durant son éventuel mandat, « aucune personne âgée ne vivra sous le seuil de pauvreté ». L’Aspa doit se situer à ce seuil. « Nous mettrons en place une pension de retraite minimum à taux plein au Smic », nous fait savoir l’équipe de campagne du député européen.

Valérie Pécresse : progression de 10 % sur cinq ans des salaires nets

Dans son programme diffusé sur le site Valeriepecresse.fr, la candidate du parti Les Républicains (LR) s’engage à une hausse de 10 % sur cinq ans des salaires nets allant jusqu’à 2,2 Smic.

Elle affirme vouloir « sortir des 35 heures par la négociation », toutes les « heures supplémentaires » devant être défiscalisées.

La candidate de droite compte faire en sorte que l’ensemble des familles puissentrecevoir les « allocations familiales, dès le premier enfant » et que les allocations familiales progressent « de 15 % pour les deuxième et troisième enfants ».

Les jeunes se formant à l’un des « métiers en tension » auront droit à un « revenu jeune actif (RJA) » de 670 € par mois.

Le « minimum contributif », dû aux retraités « ayant travaillé toute leur vie », représentera au moins le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) net par mois.

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    Philippe Poutou : un salaire minimum à 1 800 €

    Pour le candidat du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), formation d’inspiration trotskiste, tous les salaires doivent au moins être égaux à 1 800 € net. Toutes les allocations-chômage, les allocations aux adultes handicapés (AAH) et l’Aspa doivent être équivalentes au salaire minimum.

    Les différences « de salaire ne devraient pas s’étendre au-delà de cinq fois le Smic », l’ensemble des salaires devant être relevés de 400 €, propose Philippe Poutou.

    L’ancien ouvrier du constructeur automobile Ford, désormais conseiller municipal de Bordeaux, propose le retour de l’indexation des salaires sur l’inflation.

    « De l’autre côté, les prix doivent être surveillés et encadrés par des représentants des consommateurs », ajoute Philippe Poutou. Le candidat appelle à la fin des « impôts indirects qui s’appliquent indépendamment des revenus », une formulation qui recouvre la TVA.

    Pour lui, il faut commencer par supprimer la TVA frappant « les produits de première nécessité », en compensant la perte de recettes par « le report de cette taxe sur les tranches d’impôt sur les revenus les plus élevés ».

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    Nicolas Dupont-Aignan : augmentation des salaires par une baisse des cotisations sociales

    Le candidat de Debout la France (DLF) promet une hausse des salaires de 8 % « pour tous les salariés jusqu’à trois Smic sans peser sur le coût du travail pour les entreprises ».

    « Nous réduirons les charges salariales qui font la différence entre le salaire net reçu par le salarié et le salaire brut payé par l’entreprise. Cette réduction des charges salariales coûtera 20 Md€ à l’Etat et sera financée par la suppression des millions de fausses cartes vitales. Une réduction identique de prélèvement sociaux sera opérée pour les indépendants », précise Nicolas Dupont-Aignan dans son programme publié sur le site 2022nda.fr.

    Le député de l’Essonne souhaite de nouvelles incitations en faveur du versement d’une prime de participation par les employeurs aux salariés.

    D’après Nicolas Dupont-Aignan, les pensions de retraite et les traitements des fonctionnaires doivent être réindexés sur l’inflation.

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