Taxes et avantages fiscaux : serez-vous gagnant ou perdant ?

Taxes et avantages fiscaux : serez-vous gagnant ou perdant ?
Avec la transformation de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI), les espèces, placements financiers, meubles et titres de société sortent de l’enveloppe taxable. - © Ivan Marjanovic

Plusieurs baisses d’impôt entrent en œuvre cette année. Mais rigueur budgétaire oblige, des hausses sont aussi au programme.

Ce qui coûte moins cher

Payer ses impôts en retard. Les intérêts de retard sont réduits de moitié : ils passent à 0,20 % par mois, soit 2,40 % par an. La réciproque vaut aussi : le fisc devra moins aux contribuables qui obtiennent un dégrèvement.

Habiter chez soi. Les foyers dont le revenu fiscal de référence (RFR) de 2017 ne dépasse pas 27 000 euros pour un célibataire ou 43 000 euros pour un couple (plus 6 000 euros par demi-part supplémentaire) bénéficieront d’un dégrèvement de 30 % de leur taxe d’habitation cette année. La baisse sera moindre si votre RFR est compris entre 27 000 et 28 000 euros ou 43 000 et 45 000 euros.

Posséder un patrimoine financier. Avec la transformation de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI), les espèces, placements financiers, meubles et titres de société sortent de l’enveloppe taxable. Seuls les biens et droits immobiliers non professionnels détenus au 1er janvier 2018 y restent. Les foyers concernés verront leur charge fiscale divisée par deux en moyenne.

Vendre un terrain en zone tendue. Quand le terrain est destiné à la construction de nouveaux logements, la plus-value profite désormais d’un abattement de 70 % ou de 85 %. La condition ? Un avant-contrat doit être signé d’ici à la fin 2020, et la vente définitive intervenir dans les deux années suivantes.

Investir dans les PME. La réduction d’impôt accordée en cas de souscription directe au capital d’une petite ou moyenne entreprise grimpe à 25 % des sommes investies, contre 18 % en 2017. Cela vaut aussi pour les fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI). Mais ces derniers n’ouvrent plus droit à une réduction d’ISF, devenu IFI.

Faire des bénéfices. Le plafond des bénéfices soumis au taux d’imposition sur les sociétés de 28 % passe de 75 000 euros l’an dernier à 500 000 euros ; les PME continuant à bénéficier du taux réduit de 15 % sur la fraction de leurs bénéfices qui ne dépasse pas 38 120 euros. Quant à la contribution de 3 % sur les dividendes, elle a été annulée par la justice. Les entreprises peuvent réclamer le remboursement de celle payée avant 2018.

Vendre des biens professionnels.
 Le taux d’imposition des plus-values à long terme, en cas de cession de machines, brevets, fonds de commerce, par exemple, est réduit à 12,8 %, contre 16 % en 2017.

Ce qui coûte plus cher

Être retraité. La hausse de la CSG de 1,7 point pèse surtout sur les retraités puisqu’ils ne peuvent bénéficier d’une compensation par la baisse des cotisations sociales. Cet impôt s’élève désormais à 8,3 % sur les pensions de retraite et d’invalidité dès lors que votre revenu fiscal de référence dépasse 14 375 euros pour une part fiscale ou 22 051 euros pour deux parts. Si vous êtes imposable, consolez-vous en partie : la hausse de la CSG est déductible.

Conduire. Les taxes sur le diesel ont augmenté de 7,6 centimes par litre et celles sur l’essence de 3,9 centimes, le 1er janvier. À l’achat d’une voiture neuve, le malus frappe dès lors qu’elle émet 120 grammes de CO2 par km (127 grammes en 2017). Et le barème est en hausse. Pour une Citroën C4 VTi (150 g/km), par exemple, il monte à 2 300 euros (1 373 euros l’an dernier). L’immatriculation des bolides de 36 CV au moins coûte 500 euros de taxe supplémentaire par cheval fiscal (plafonnée à 8 000 euros).

Fumer. Avec un euro de plus par paquet de cigarettes à partir du 1er mars, celui qui consomme trois paquets de cigarettes par semaine verra son budget tabac augmenter de 130 euros d’ici à la fin 2018.

Changer de chaudière et de fenêtres. Acheter une chaudière à fioul à très haute performance énergétique et des fenêtres à double ou à triple vitrage permet de bénéficier de 15 % de CITE seulement, au lieu de 30 % en 2017. Encore faut-il remplacer du simple vitrage et régler un acompte avant le 1er juillet 2018. Au-delà de cette date, c’est fini.

Détenir un yacht. Les droits annuels applicables aux bateaux de plus de 30 mètres et 750 kW s’élèvent entre 30 000 et 200 000 euros.

Vendre des lingots et pièces de métal précieux. Sauf à opter pour l’imposition de la plus-value, leur vente est forfaitairement taxée à 11 %, contre 10 % l’an dernier.