A partir du 24 juillet, votre salaire ira vraiment dans votre poche

A partir du 24 juillet, votre salaire ira vraiment dans votre poche
Cette année, les Français travaillent pour l’Etat jusqu’au 24 juillet. - © ridvan_celik

Cette année, le jour de libération fiscale tombe le lundi 24 juillet. Après avoir travaillé 205 jours pour financer les dépenses de l’Etat, les Français travailleront enfin pour eux.

A compter du 24 juillet, l’argent gagné sera réellement perçu par le contribuable. C’est deux jours plus tôt qu’en 2016, d’après les calculs de l’association des Contribuables Associés*. Appelé « jour de libération fiscale », cet indicateur permet d’avoir une idée du nombre de jours passés par an par les salariés à travailler non pas « pour eux-mêmes » mais pour l’Etat, c’est-à-dire pour payer les impôts et cotisations.

En se basant sur les chiffres de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique), l’association a calculé que « le ratio entre les dépenses publiques (Etat, collectivité territoriales, sécurité sociale, Union européenne) et les richesses créées en France (le Produit intérieur brut) est de 56 % en 2017 ». L’administration publique absorbe donc plus de la moitié de la richesse produite dans le pays.

Ramené aux 365 jours de l’année, cela signifie que les Français ont dû travailler 205 jours en 2017 pour financer les dépenses de l’Etat. Et c’est seulement à partir de lundi qu’ils profiteront des fruits de leur labeur.

La France est la championne des dépenses publiques

Comparés à la moyenne européenne, les Français sont « libérés » un mois plus tard. Les Irlandais obtiennent leur libération fiscale dès le 11 avril, les Suisses le 5 mai, les Britanniques le 5 juin, les Belges le 10 juillet, les Danois le 13 juillet et les Finlandais le 20 juillet.

La raison de ce décalage ? La France est le pays de l’OCDE où le poids de la dépense publique est le plus élevé. Elle se classe ainsi devant la Finlande (55 % du PIB dépensé pour la sphère publique), le Danemark (53,28 %), la Belgique (52,43 %) ou encore l’Irlande qui arrive loin derrière (27,5 %). « La France dépense beaucoup trop pour sa sphère publique, et ce poids se traduit par un matraquage fiscal gigantesque sur les contribuables », juge Eudes Baufreton, délégué général de Contribuables Associés.

Un indicateur contesté

Créé en 1948 par Dallas Hostetler, un homme d’affaires américain, pour illustrer le taux de prélèvement obligatoire aux Etats-Unis, cet indicateur a été remis au goût du jour en 1980 par l’économiste néolibéral Milton Friedman qui proposa même de faire de ce « jour de libération fiscale » une fête nationale aux Etats-Unis.

Annoncé chaque été, cet indicateur comporte toutefois des limites. S’il permet de mesurer le poids de la dépense publique sur le contribuable, il ne faut pas oublier qu’une grande partie de l’argent prélevé est redistribué aux habitants via les prestations sociales par exemple. De plus, l’indicateur donne une moyenne. Tous les agents économiques ne sont pas soumis à la même fiscalité.

* Contribuables Associés est la première association de contribuables de France. Elle se présente comme apolitique, non partisane et non subventionnée.