Deux mois pour réduire vos impôts !

Deux mois pour réduire vos impôts !
Si, locataire ou propriétaire, vous réalisez d’importants travaux d’économie d’énergie dans votre résidence principale, vous aurez droit, sous conditions, au crédit d’impôt pour la transition énergétique (Cite). - © Susan Chiang

D’ici au 31 décembre, vous pouvez réaliser des dépenses qui vous permettront de diminuer votre impôt sur le revenu à régler en 2016. Panorama des meilleurs avantages fiscaux en fonction de vos objectifs et de votre budget.

Acheter pour louer

Acquérir un logement neuf pour le donner en location procure une réduction d’impôt sur le revenu non négligeable : comptez un gain de 12 % du montant de l’investissement si vous louez votre logement 6 ans, de 18 % pendant 9 ans, de 21 % pendant 12 ans. Par exemple, si vous achetez un appartement 200 000 € et que vous le louez 6 ans, la réduction d’impôt s’établira à 24 000 € sur 6 ans,soit 4 000 € par an. L’avantage fiscal est plafonné, dans la limite d’un investissement de 300 000 € et d’un prix de 5 500 € le mètre carré.

Attention aux contreparties ! D’abord, vous êtes tenu d’investir dans une zone géographique spécifique où la demande locative est jugée forte (voir la liste des communes dans l’arrêté du 1er août 2014, J.O. du 6). En outre, vous devez louer le logement, vide, à toute personne (simple particulier, ascendant, descendant) qui y établira sa résidence principale, à condition qu’elle ne soit pas membre de votre foyer fiscal et que ses ressources annuelles ne dépassent pas un certain plafond, modulable selon la zone géographique du logement et la composition du foyer. Ce plafond est de 27 120 € à 36 971 € par an pour un locataire seul, et de 36 216 € à 55 254 € pour un couple.

Enfin, le loyer est compris entre 8,74 et 16,82 € le mètre carré, selon la localisation du bien, multiplié par un coefficient correcteur [0,7 + (19/surface du logement)] plafonné à 1,2. Le loyer hors charges se calculant ainsi : prix au mètre carré x surface du logement x coefficient.

Réaliser des travaux

Si, locataire ou propriétaire, vous réalisez d’importants travaux d’économie d’énergie dans votre résidence principale, vous aurez droit, sous conditions, au crédit d’impôt pour la transition énergétique (Cite). Son montant est de 30 % du total des dépenses engagées, plafonnées à 8 000 € pour une personne seule (16 000 € pour un couple + 400 € par personne à charge). Le gain fiscal maximal s’établit ainsi à 2 400 € pour un célibataire, le double pour un couple. Une seule opération de travaux (isolation thermique ou installation d’une chaudière à condensation, par exemple) suffit, et aucune condition de ressources n’est exigée.

Un autre crédit d’impôt est accordé aux contribuables qui installent dans leur résidence principale (même neuve !) des équipements conçus personne pour les élections, 7 500 € par an et par personne pour les partis politiques). Enfin, si vous adhérez à un syndicat, tablez sur une réduction d’impôt de 66 % des cotisations, retenues dans la limite de 1 % du salaire brut.

Participer à la vie publique

En cas de dons à un organisme d’aide aux personnes en difficulté, vous aurez droit à une réduction d’impôt égale à 75 % des sommes octroyées, retenues dans la limite de 529 € (soit un gain maximal de 396,75 €).

Si vous souhaitez manifester votre générosité auprès d’une association d’intérêt général ou reconnue d’utilité publique, la réduction d’impôt s’établira à 66 % des versements, plafonnés à 20 % du revenu imposable.

En aidant financièrement un parti politique, elle sera de 66 % des sommes versées, limitées à 15 000 € par foyer fiscal (4 600 € par an et par personne pour les élections, 7 500 € par an et par personne pour les partis politiques).

Enfin, si vous adhérez à un syndicat, tablez sur une réduction d’impôt de 66 % des cotisations, retenues dans la limite de 1 % du salaire brut.

Préparer sa retraite

Pour compléter votre future pension de retraite par une rente, vous pouvez ouvrir un plan d’épargne retraite (Perp) – ce placement est ouvert à tous les épargnants, et en particulier, aux salariés cadres et non-cadres – et déduire ainsi vos cotisations de votre revenu imposable, dans la limite de 10 % des revenus professionnels, eux-mêmes plafonnés à 30 432 €. Plus vous êtes lourdement soumis à l’impôt sur le revenu, plus l’avantage fiscal est intéressant !

En contrepartie, votre argent est bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas particuliers. Une fois inactif, vous recevrez une rente viagère, imposable comme une pension de retraite et assujettie aux prélèvements sociaux (7,4%). Seule une sortie en capital à hauteur de 20 % est autorisée (100 % si vous investissez les fonds dans l’achat de votre logement). « En versant 100 € par mois pendant vingt ans, attendez-vous à percevoir une rente mensuelle de 100 €, précise Dominique Prévert, dirigeant associé d’Optimaretraite, société spécialisée dans le calcul et l’optimisation des droits à la retraite. Optez pour le Perp le plus tôt possible, sans toutefois menacer l’équilibre financier familial. Puis, augmentez votre effort d’épargne au fur et à mesure que vous vous désendettez et que vos enfants acquièrent leur autonomie », recommande-t-il.

Les indépendants ont accès au dispositif Madelin, fiscalement plus généreux que le Perp. Il permet de déduire des cotisations du revenu imposable jusqu’à 70 374 €. « Autre avantage, dont le Perp est dépourvu, le taux de conversion de la rente est connu dès l’adhésion », ajoute Dominique Prévert. Mais la sortie du Madelin s’effectue exclusivement en rente.

Investir en entreprise

En injectant du capital dans une petite ou moyenne entreprise (PME) non cotée en Bourse, vous bénéficiez d’une réduction d’impôt égale à 18 % des versements. Ces derniers seront pris en compte dans la limite de 50 000 € (100 000 € pour un couple) dès lors que vous investissez en direct dans la PME, ce qui produit un gain fiscal maximal de 9 000 € (18 000 € pour un couple).

Si vous investissez dans plusieurs PME via des fonds, le taux de réduction est identique mais le plafond fléchit à 12 000 € pour un célibataire (24 000 € pour un couple), ce qui limite le bonus fiscal à 2 160 € (4 320 € pour un couple) par produit financier.

« Optez pour des fonds d’investissement de proximité (FIP) si vous souhaitez soutenir les PME de votre région. Sinon, achetez des parts de fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI), plus diversifiés. Pour bien orienter votre capital, assistez aux réunions de la chambre de commerce et d’industrie où les entrepreneurs exposent leur projet », conseille Daniel François, président de l’Association pour le patrimoine et l’actionnariat individuel.

En contrepartie de l’avantage fiscal, vous devez conserver les parts acquises jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivant celle de leur souscription, sauf exceptions dont la liste a été élargie par la loi Macron (article 144).

À ne pas confondre !

Réduction d’impôt : somme soustraite du montant de l’impôt à payer après application du barème progressif de l’impôt sur le revenu.

Crédit d’impôt : somme également soustraite du montant de l’impôt à payer. Toutefois, à la différence de la réduction d’impôt, vous bénéficiez d’un remboursement, partiel ou total, si son montant dépasse celui de l’impôt dû ou en cas de non-imposition. Par exemple, si vous avez un crédit d’impôt de 1 000 € et que le montant de votre impôt est de 500 €, non seulement vous n’aurez pas d’impôt à payer mais en plus le Trésor public vous remboursera 500 € !

Déduction du revenu imposable : somme soustraite du revenu avant le calcul de l’impôt, et qui permet ainsi de réduire la base imposable.

Le plafond des niches fiscales

L’ensemble des réductions et crédits d’impôt dont vous pouvez bénéficier est limité à 10000 € par an (voire 18000 € en cas d’investissements outre-mer et de souscriptions au capital de sociétés de financement de l’industrie cinématographique et de l’audiovisuel). Sauf exceptions : par exemple, la réduction d’impôt consécutive à un don n’entre pas dans le calcul de ce plafond.