5 façons d'aider financièrement son enfant

5 façons d'aider financièrement son enfant

Aider son enfant qui a besoin d’acheter une voiture, de se loger ou de financer ses études ? Plusieurs solutions existent, adaptées à chaque situation.

Faire un chèque à son enfant pour son anniversaire, rien de plus banal ! Attention cependant à ne pas tomber dans l’excès : si vous lui donnez régulièrement des sommes importantes, le fisc pourrait requalifier l’opération en donation.

Mieux vaut prendre les devants en profitant des abattements existants.

Donation à un enfant : à déclarer au fisc

Avec le don familial, chaque parent peut donner à chacun de ses enfants jusqu’à 31 865 € tous les quinze ans en franchise d’impôt. Seules conditions :

  • le donateur (le parent) doit être âgé de moins de 80 ans ;
  • le donataire (l’enfant bénéficiaire) doit être âgé d’au moins 18 ans.

Ce don porte toujours sur des liquidités – données par virement, par chèque ou en espèces. Il doit être déclaré (formulaire n° 2731) au centre des impôts du domicile du donataire, dans le mois suivant le don.

Ce dispositif se cumule avec celui de la donation : chaque parent peut verser à chacun de ses enfants jusqu’à 100 000 € sans impôt tous les quinze ans, en une ou plusieurs fois – sous forme de liquidités, de bien immobilier ou de portefeuille boursier…

Notre conseil. La donation est un excellent moyen d’aider un enfant en franchise d’impôt. Mais, si vous avez plusieurs enfants, privilégiez la donation-partage, juridiquement plus sûre que la donation individuelle.

Prêt d'argent : rédigez une reconnaissance de dette

Une autre solution consiste à prêter de l’argent à votre enfant. Elle s’impose si vous avez déjà utilisé à plein les abattements légaux sur les donations, ou si vous ne souhaitez pas vous dessaisir totalement d’une somme dont vous aurez peut-être besoin plus tard.

Le montant du prêt relève de votre seul choix, et rien ne vous oblige à prévoir le paiement d’intérêts.

Là encore, il convient de respecter certaines règles. Si le prêt porte sur plus de 760 €, il est conseillé de rédiger un acte, en précisant le montant du prêt, son taux d’intérêt le cas échéant, et les modalités de remboursement.

Votre enfant signe la reconnaissance de dette et inscrit, à la main, en chiffres et en lettres, le montant de la somme que vous lui prêtez. N’oubliez pas de déclarer le prêt au service des impôts, cette démarche étant obligatoire.

Plus tard, votre enfant vous remboursera, en une ou plusieurs fois : vous lui signerez une quittance de dette, prouvant le remboursement. De façon, là encore, que ni le fisc ni vos autres enfants ne puissent contester quoi que ce soit.

Notre conseil. Le prêt permet d’aider ponctuellement un enfant, le temps par exemple qu’il vende un bien. Mais ne déguisez pas une donation en prêt : un prêt a bel et bien vocation à être remboursé.

Loger momentanément votre enfant

Vous êtes propriétaire d’un studio et souhaitez y loger votre enfant pour lui éviter le poids d’un loyer ? Voilà une très bonne façon de lui donner un coup de pouce, si vous pouvez bien sûr vous priver d’un revenu locatif.

À condition de respecter certaines règles, comme le précise Sébastien de Lafond, à la tête du site immobilier MeilleursAgents.com :

Il est inutile de rédiger un bail, mais l’enfant doit souscrire une assurance multirisque habitation à son nom.

Veillez à ne pas favoriser l’un de vos enfants : l’idéal est, par exemple, que ce studio serve successivement à chacun d’entre eux le temps de leurs études.

Certes, rien ne vous empêche de loger votre fille pendant des années tandis que son frère paie son loyer de son côté. Mais cette situation constitue une bombe à retardement potentielle, notamment au moment de votre succession (réintégration de cet avantage en nature), du fait de jalousies éventuelles dans la fratrie.

Notre conseil. Pour le prêt d'un logement, mieux vaut désamorcer les difficultés à venir en faisant le point avec votre notaire et l’ensemble de vos enfants.

Se porter caution

Votre enfant n’habite plus chez vous. Il souhaite louer un logement. Vous l’aiderez en vous portant caution, comme l'explique Sébastien de Lafond :

Le bail doit être rédigé au nom de l’enfant, puisque c’est lui qui habite le bien, mais les parents peuvent se porter caution, ce qui est essentiel pour le bailleur.

Attention, cet acte vous engage : si votre enfant ne paie pas son loyer, le propriétaire du bien vous demandera de le régler à sa place.

La situation se complique si votre enfant loue un bien avec un ou une ami(e) : le bail est aux deux noms, mais vous vous portez caution pour votre enfant seulement.

En cas de séparation des colocataires, si l’ami(e) conserve le logement et que votre enfant le quitte, il est indispensable que le bail soit modifié en ce sens.

Dans le cas contraire, si l’ami(e) ne paie plus le loyer, le bailleur pourra légitiment réclamer la somme à votre enfant, puis à vous-même en tant que caution.

Notre conseil. En vous portant caution, vous offrez un précieux sésame à votre enfant. Cet acte ne nécessite pas de dépense particulière. Mais ne le prenez pas à la légère et n’hésitez pas à responsabiliser votre enfant sur cet engagement.

Augmenter les revenus de son enfant

Une autre option s’offre aux parents disposant de revenus suffisants : la donation temporaire d’usufruit. Il s’agit de procurer des revenus réguliers à votre enfant en lui transmettant simplement une partie de votre patrimoine pour une durée limitée, soit en général cinq à dix ans.

Pour cela, vous devez « démembrer » ce bien par une donation temporaire d’usufruit. Celle-ci porte sur un bien immobilier mis en location ou sur un compte-titres. Vous en conservez la nue-propriété, votre fils ou fille en touche l’usufruit, donc les revenus (loyers) ou les dividendes (actions).

Comme vous n’octroyez que l’usufruit à votre enfant, la donation ne porte que sur une fraction de la valeur du bien, estimée à 23 % de la valeur de la pleine propriété par période de dix ans.

Ce montant entre dans le champ de l’abattement de 100 000 € renouvelable tous les quinze ans, montant qu’il est possible de donner en franchise de droit.

De plus, vous n’avez plus à déclarer ces loyers dans vos propres revenus, puisque c’est à votre enfant de le faire.

Vous diminuez ainsi votre impôt. De même, le bien démembré n’entre plus dans votre base de patrimoine éventuellement taxable à l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

L’opération induit certes des frais de démembrement et de donation, mais s’avère très efficace du point de vue fiscal.

Notre conseil. Réservée aux familles relativement aisées, la donation temporaire d’usufruit permet à la fois de procurer des revenus à votre enfant et d’optimiser votre fiscalité. Tout le monde y gagne !

Et aussi sur Dossier familial