Placements en ligne : comment éviter les arnaques

ENQUÊTE - Faux investissements dans des parkings d’aéroport, dans des chambres d’Ehpad, dans du champagne… Alléchés par des promesses mirifiques de rendement, certains épargnants croient placer leur argent, mais se font escroquer. Même si vous portez plainte, les chances de récupérer les fonds sont aléatoires.

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Containers, parkings d'aéroport... attention aux arnaques dans les placements
© Honglouwawa

Hélène nous a contacté sur notre page Facebook. Elles nous a expliqué avoir perdu 60 000 € en croyant investir avec son mari auprès d’une entreprise censée agir sur le Forex et dont le siège social se trouve dans un pays des Caraïbes, Saint-Vincent-et-les-Grenadines (suivant sa demande, le prénom a été modifié, et le nom des sociétés impliquées non mentionné). Il s'agissait en réalité d'une arnaque.

Le cas d’Hélène n’est pas isolé. « Cybermalveillance.gouv.fr a eu connaissance de plus de cas d’arnaques liées à des investissements en 2020 que l’année précédente », fait savoir à Dossier Familial Jean-Jacques Latour, expert en cybersécurité pour ce service d’assistance aux victimes. « Mais les cas, au nombre de quelques dizaines par an, sont encore marginaux par rapport au total des faits de cybermalveillance », indique Jean-Jacques Latour. La honte et la crainte de ne pouvoir récupérer les fonds perdus peuvent amener les victimes à ne pas dénoncer les arnaques.

En général, les Français sont rétifs aux investissements présentant un risque de perte en capital, à l’inverse par exemple des Américains. Aux investissements boursiers, par exemple, ils préfèrent les placements faiblement rémunérés, mais sûrs. Les rendements du Livret A (0,5 % d’intérêt annuel) ou des fonds en euros des assurances-vie peuvent néanmoins vous sembler peu attrayants.

Un seul objet réel : vous escroquer

Sur Internet, vous pouvez prendre connaissance de propositions d’entreprises vous promettant des rendements montant à 5, 10, 20 ou 25 %. Ces promesses mirifiques s’accompagnent inévitablement d’un risque de perte. Tous les sites qui vous proposent des gains et affichent un risque de perte ne sont pas frauduleux : il peut s’agir de professionnels autorisés à exercer et agissant dans la légalité. Par exemple, en plein essor, les plateformes de crowdfunding (financement participatif) peuvent vous proposer d’investir dans différents projets qui vous tiennent à cœur. Quel que soit l’investissement affiché, en consultant des offres ou en répondant aux sollicitations d’une personne, soyez conscient du risque de perte, et, l’expertise requise pouvant être pointue, estimez vos connaissances en matière économique et financière et la possible nécessité d’un travail important de gestion.

Certaines entreprises ou se disant telles sont, en revanche, à fuir : à l’origine d’arnaques, elles n’offrent aucun service financier, n’ont pour seul objet réel que d’escroquer et sont donc susceptibles de faire perdre automatiquement leur argent aux personnes qui y investissent.

Google et Facebook : les portes d’entrée des fraudeurs

Les arnaqueurs ont essentiellement deux types de victimes : les personnes âgées et les personnes précaires. Ils disposent de deux portes d’entrée principales pour attirer les épargnants dans leurs filets. La première est Google. « Les fraudeurs achètent des liens sponsorisés pour que leur site arrive en tête des résultats des recherche », explique Jean-Jacques Latour. Google peut supprimer le lien sponsorisé à la suite de signalements. Les réseaux sociaux constituent la seconde porte d’entrée principale. « Si les plateformes n’achètent pas de publicités sur les réseaux sociaux, car elles seraient susceptibles de s'y faire repérer, elles disposent d’agents infiltrés dans certains groupes, poursuit notre interlocuteur. Par exemple, un fraudeur qui prétend s’être enrichi commence son message sur un groupe Facebook de retraités par : ‘‘Bonjour, je m’appelle Arthur, j’ai 78 ans…’’ Les groupes de retraités ou ceux ayant pour thème un loisir associé à l’argent, comme le golf ou l’équitation, sont particulièrement infiltrés. Des personnes peuvent écrire au fraudeur, un échange va s’opérer, et le piège peut se refermer. »

L’organisation des arnaques peut s’opérer selon le schéma suivant, décrit par l’expert. Une plateforme en ligne vous propose d’investir une partie de vos économies. Elle vous verse des intérêts ou des dividendes au bout de quelques jours, pour vous inciter à miser encore plus d’argent. Puis la plateforme disparaît. « Alors, les personnes à l’origine de la fraude créent un autre site, sous un autre nom », observe Jean-Jacques Latour.

Méfiez-vous de rendements trop beaux pour être vrais

« Il ne faut jamais penser qu’on est le seul à avoir connaissance des bons plans. S’il existait des recettes magiques pour faire fructifier son argent, tout le monde serait millionnaire », note l’expert. Certaines offres doivent vous mettre la puce à l’oreille. « Méfiez-vous des taux de rendement annoncés largement supérieurs à la moyenne du marché. Si le taux de rendement annoncé est de 25 % alors que la moyenne pour le produit proposé est de 2 %, il faut regarder à deux fois avant d’investir. » De nombreuses victimes « se laissent séduire par un site très bien fait, qui promet des taux de rendement considérables ».

La présentation du site ne doit pas vous tromper. Jean-Jacques Latour préconise d’examiner sa date de création. Si sa création n’a que quelques jours, attendez pour investir (ou n'investissez pas). Privilégiez les entreprises renommées

« Il faut vérifier si la plateforme est connue, voire défavorablement connue, en tapant le nom de la plateforme et les mots ‘‘Arnaque escroquerie’’ sur un moteur de recherche », continue l’expert pour Cybermalveillance.gouv.fr.

Si une personne très insistante vous presse de verser votre argent, cela doit vous amener à ignorer ses sollicitations. Vous pouvez demander conseil à votre banque sur l’opportunité d’investir auprès de telle ou telle entreprise. 

Consultez les listes noires de l’Autorité des marchés financiers

La consultation des documents de l’Autorité des marchés financiers est une précaution indispensable. Vous pouvez examiner les listes noires établies par l’AMF, portant sur ces thèmes :

  • options binaires ;
  • crypto-monnaies ;
  • Forex ;
  • biens divers.

Mais les listes noires, comme les mises en garde de l’AMF, ne peuvent être exhaustives. « Les listes noires comprennent les acteurs non autorisés à exercer une activité pour lesquels ils devraient disposer d’un statut », explique à Dossier Familial Claire Castanet directrice des relations avec les épargnants et de leur protection à l’Autorité des marchés financiers (AMF). « Elles sont établies au regard de réglementations précises », poursuit-elle. Attention à l’effet de latence entre les premières arnaques et la mise sur liste noire.

Les arnaques les plus répandues

Les arnaques financières fonctionnent par vagues. À l’heure actuelle, les arnaques constatées par l’AMF touchent particulièrement de prétendus investissements :

  • dans des parkings d’aéroport ou dans des chambres d’établissement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ;
  • dans des produits financiers usurpant le nom de produits financiers, comme des sociétés civiles de placement immobilier (SCPI), proposées par de faux intermédiaires se faisant passer pour des acteurs autorisés ;
  • dans des biens divers comme le vin, le champagne, le whisky ou les diamants ;
  • via de fausses plateformes de crypto-monnaie, proposant par exemple du bitcoin ;
  • sur le Forex, marché des changes non régulé.

Faites des vérifications pour déjouer les usurpations

Pour les arnaques à l’investissement dans des parkings d’aéroport, Claire Castanet rapporte que des bannières publicitaires ont circulé en ligne. Les internautes, attirés par des offres alléchantes, transmettent leurs coordonnées dans un formulaire sur Internet et sont rappelés par un soi-disant conseiller qui leur propose d’investir. « Il arrive que de faux conseillers en gestion de patrimoine et de fausses sociétés de gestion usurpent le nom de professionnels existants, pour instaurer un climat de confiance qui piège certaines personnes », souligne la directrice des relations avec les épargnants et de leur protection à l’AMF. En outre, dans certaines situations, « des faux conseillers en gestion de patrimoine vous appellent en utilisant le nom d’un produit connu, par exemple d’une SCPI réputée, alors qu’ils ne sont nullement habilités à commercialiser ce produit ». Certains faux conseillers en gestion de patrimoine vont même jusqu’à affirmer disposer d’un numéro d’enregistrement qui les autorise à exercer.

Mais il est possible de bloquer la mécanique insidieuse des usurpations : « Il ne faut pas laisser ses coordonnées sur des formulaires en ligne liés à des offres d’investissement. Si vous êtes contacté par téléphone, ne donnez pas suite : les acteurs sérieux ne pratiquent pas le démarchage. » Vous pouvez vérifier vous-même si la personne avec laquelle vous êtes en contact n’usurpe pas d’identité en recherchant les coordonnées de la société dont se revendique le conseiller qui vous a contacté.

Les propositions dont il faut se méfier

► Les biens divers

Les biens divers comprennent le vin, le whisky, le champagne, l’or, les cheptels ou les forêts.

« S’agissant des biens divers, consultez bien la liste blanche pour savoir quelles offres sont enregistrées », recommande Claire Castanet. Seules sept offres y figurent.

► Le bitcoin et autres crypto-monnaies

Vous envisagez d’investir dans des crypto-monnaies comme le bitcoin ? Le contexte est propice aux arnaques, après un nouveau sommet record de son cours atteint février 2021.

Depuis le 19 décembre 2020, un prestataire de services sur actifs numériques (PSAN) doit impérativement être enregistré auprès de l’AMF pour avoir le droit de proposer les services suivants :

  • conservation de crypto-monnaies ou de clé d’accès à des crypto-actifs ;
  • achat et vente de crypto-actifs contre des monnaies ayant un cours légal.

L’entreprise qui propose l’un de ces services sans être enregistrée peut figurer sur l’une des listes noires de l’Autorité des marchés financiers. « L’enregistrement AMF signifie que l’honorabilité et la compétence des dirigeants ont été vérifiées et que les plateformes respectent les procédures de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme », précise Claire Castanet.

Vous devez vérifier que la personne qui souhaite vous vendre ses services est enregistrée sur une liste blanche. « Mais cela n’exempte pas les épargnants de l’analyse des risques et de la vigilance. » Comme d’ailleurs pour tout investissement.

► Les tutoriels de formation censés vous apprendre le trading

N’utilisez pas les tutoriels vidéo affirmant vous apprendre le trading. Le métier d’opérateur de marché exige d’avoir accompli des études très poussées.

« Ces packs de soi-disant formation sont principalement destinés à des jeunes attirés par la promesse de devenir riches. Une pression est mise sur les jeunes pour qu’ils en recrutent d’autres. Si la personne saute le pas du trading sur le Forex, elle risque d’investir sur des produits hautement risqués, comme les CFD », constate Claire Castanet. Les CFD, acronyme de contracts for difference, sont des instruments financiers spéculatifs.

« Les plateformes qui vendent des packs de formation utilisent un langage ésotérique et contribuent à ce que les victimes coupent avec les liens avec leur famille, au point que la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) s’y est intéressée », remarque la directrice des relations avec les épargnants et de leur protection à l’AMF.

► Forex : pas de réponse aux propositions en dehors de l’Espace économique européen (EEE)

D’après Claire Castanet, le nombre d’arnaques liées au Forex avait progressivement mais fortement diminué depuis 2016, mais il a remonté en 2020.

Dès lors que vous recevez des propositions pour investir de la part d’entreprises installées en dehors de l’Espace économique européen (EEE), n’y répondez pas. Sinon, vous ne disposerez d’aucune mesure de protection, ces entreprises ne sont pas autorisées.

« Même si l’acteur est autorisé à exercer, il faut bien avoir conscience que, en moyenne, 80 % des clients perdent de l’argent sur le Forex », rappelle la directrice des épargnants et de leur protection à l’AMF.

Bien documenter sa plainte

La justice peut enrayer le fonctionnement du « supermarché de l’arnaque ». « Par principe, il faut toujours porter plainte, cela peut permettre d’obtenir l’ouverture d’une enquête et la désignation d’un juge d’instruction, mais aussi de justifier d’un préjudice », rappelle à Dossier Familial Arnaud Delomel, avocat à Rennes.

Pour documenter votre dénonciation, utilisez vos relevés bancaires établissant les dépenses et leur date. Me Delomel recommande également de transmettre à l’appui de votre plainte les publicités qui vous ont appâté, « promettant par exemple que vous allez obtenir un rendement de 5 % pour un investissement dans un forage de pétrole au Panama », ou les contrats que vous avez signés. « Si vous été escroqué après une demande par téléphone, les relevés bancaires constitueront la seule preuve. » Arnaud Delomel conseille aussi de recueillir toutes les informations sur les destinataires des fonds. Vous pouvez fournir les éventuels échanges de courriels que vous avez pu avoir avec les escrocs.

Dans ce type de dossiers, les plaintes individuelles sont rarement couronnées de succès. « Neuf fois sur dix, comme je l’ai constaté à Bordeaux, à Marseille ou à Toulon, les plaintes sont classées sans suite. Mieux vaut donc vous regrouper auprès d’une association ou d’un cabinet d’avocat », estime Me Delomel.

Les chances d’obtenir une condamnation pénale et le remboursement de votre argent sont plus fortes si les escrocs contre lesquels vous portez plainte se trouvent en France ou dans un autre pays se situant dans l’Union européenne plutôt qu’en dehors. « La coopération judiciaire est bonne à l’échelle de l’UE. Si les fonds se trouvent en Chine ou à Hong Kong, il est difficile de les récupérer. »

Si des banques sont intermédiaires, en raison du manquement à leur devoir de vigilance, vous pouvez porter plainte contre elles et tenter auprès de ces entreprises de récupérer vos fonds. « La banque doit informer les clients et prévenir le risque de blanchiment. »

Travaillant avec l’Association de défense des consommateurs (ADC), Arnaud Delomel a lancé, « à Paris, à Lyon, à Marseille et à Aix-en-Provence », des assignations contre des banques intermédiaires pour de nombreux faux investissements, par exemple dans du champagne ou des cheptels.

Jean-Jacques Latour conseille de déposer plainte et de faire connaître les fraudes à l’AMF. « Déposer plainte permet de demander une condamnation des auteurs, la constitution de partie civile permet de demander des dommages et intérêts dont le recouvrement des sommes perdues. Mais les victimes ont toutes les chances de ne jamais revoir leur argent, qui a fait le tour de la Terre en passant par plusieurs comptes. »

L’expert en cybersécurité doute que les actions contre les banques d’où partent les virements puissent prospérer. « Si la victime dispose des fonds, pourquoi ne pourrait-elle pas faire un virement vers l’étranger » ?, fait-il mine de s’interroger.

Contacter l’AMF en cas de besoin

Vous avez la possibilité de contacter l’AMF pour faire connaître des arnaques :

  • soit par téléphone, au 01 53 45 62 00 du lundi au vendredi de 9 heures à 12 heures 30 et de 13 heures 30 à 17 heures ;
  • soit en utilisant un formulaire en ligne, ici.

« Certaines personnes nous contactent avant d’avoir versé de l’argent, pour savoir si une offre est fiable. Il arrive qu’elles nous appellent après avoir fait un virement, qu’il est parfois possible de bloquer si l’argent n’est pas parti », précise Claire Castanet.

Les demandes des épargnants constituent « la première source de détection des arnaques » pour l’Autorité.

L’application mobile AMF Protect Epargne peut vous aider à vous protéger. 

Comment Hélène a perdu 60 000 €

Elle a la voix serrée par l’émotion, mais nous détaille l’arnaque dont elle a été victime, soucieuse que son histoire serve de leçon à d’autres personnes. 

Après 25 ans d’ancienneté, Hélène quitte son entreprise. Elle ne souhaite pas placer son indemnité de licenciement économique « sur un livret d’épargne, qui ne rapporte rien ». « J’ai demandé à mon mari de nous trouver une façon légale de faire fructifier notre argent. » Le conjoint d’Hélène fait des recherches en ligne sur le trading. Il verse 100 € à une société ayant son siège à Londres, qui prétend vendre des livres pour apprendre à pratiquer le trading – une illusion. Hélène et son mari ne voient pas la couleur des ouvrages, mais ils reçoivent un appel en français d’une société dont le siège se trouve à Saint-Vincent-et-les-Grenadines, un paradis fiscal. « Mon mari a discuté avec une personne très gentille, nous avons toujours eu des contacts avec une personne très gentille au sein de cette société. Elle nous a proposé d’investir. Nous avons accepté, alors même que nous sommes très méfiants sur beaucoup de choses. » Hélène dit même n’avoir aucune connaissance en matière économique et financière. « Nos premiers contacts ont lieu avec cette société le 3 ou le 4 avril 2020, c’est le 16 avril seulement que l’AMF a ajouté la société à sa liste noire. » Mais, au-delà de la cruauté de ce calendrier, Hélène constate la « manipulation » qu'elle a subie avec son mari.

« Nous ne savions pas que les vrais courtiers n’ont pas le droit de donner des ordres d’achat et de vente, mais seulement de les exécuter. » L’interlocuteur du couple fait fi de cette règle. « Tous les soirs, nous regardions en ligne l’évolution de notre compte de trading. La personne avec laquelle nous étions en contact s’occupait de nos prétendus investissements, dans différents types de produits, des matières premières, de l’or ou des actions par exemple. Fin 2020, notre courtier nous a demandé de regarder à sa place les courbes de vente, en affirmait qu’un produit allait bien monter. Mon mari est resté devant l’ordinateur. Il a eu un moment d’inattention. Les courbes ont chuté, cela était probablement prévu par la société. Nous avons dû remettre de l’argent au pot. » 

Hélène et son époux se mettent à douter de l’honnêteté de leur interlocuteur. Ils cherchent à récupérer les sommes qu’ils sont censés avoir investies. « Nous avons reçu de moins en moins de nouvelles. Mon mari a prétendu que nous avions des amis qui souhaitaient investir. La société nous a restitué 5 000 €, mais sur les 65 000 € que nous avons versé, 60 000 € sont restés bloqués. » Une partie des sommes évanouies provient de l’indemnité de licenciement, une autre de prêts accordés par des amis ou des membres de la famille du couple, 15 000 € sont issus d’une donation consentie par le père d’Hélène. Le compte de trading reste fictivement créditeur de 79 000 €. 

Comme si elle était coupable, Hélène confie avoir « très honte d’avoir fait cela ». Le couple a déposé plainte durant la semaine du 15 février. « Un de nos avocats souhaite mener une procédure contre la société, mais elle a peu de chance d’aboutir. Mon mari a cité dans la plainte la société qui lui a vendu les livres de formation, car nous supposons un lien avec le courtier, d’ailleurs ce dernier a soi-disant crédité de 100 € notre compte de trading au début de l’arnaque. Cette somme provient peut-être de la somme que nous avions réglée pour les ouvrages. » L’avocat a regroupé sa dénonciation avec celles d’autres victimes de la même société.

Un autre juriste s’occupant des intérêts du couple souhaite agir contre l’une des banques intermédiaires. « Nous n’avons pas versé les fonds directement depuis notre banque habituelle vers le courtier, nous avons utilisé les services d’une banque en ligne », dont le siège social se trouve à Londres. « La banque auprès de laquelle nous avons nos comptes nous a demandé pourquoi nous faisions des virements importants vers cette banque en ligne. Nous avons prétendu que c’était pour des travaux dans notre maison. La banque en ligne, elle, ne nous a jamais interrogés concernant nos virements vers l’étranger, d’un montant par exemple de 4 500, 5 000 ou 15 000 €, alors qu’elle aurait dû. » Sa responsabilité va donc être recherchée.

Hélène pleure à la fin de notre conversation. Dans un sanglot, elle s’excuse. Toujours au chômage, dans une situation financière difficile, elle peut apaiser son sentiment de culpabilité en échangeant avec d’autres personnes qui ont subi les agissements de la société. Près de 30 personnes de différents pays, notamment de Belgique et du Canada, sont inscrites sur la page Facebook regroupant des victimes.

 

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