Livrets, PEA, assurance vie, or, Bitcoin... Où placer son épargne en 2021 ?

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© Vladimir Sukhachev - iStock

Livrets : miser sur des placements sans risque

Du jamais vu. Le taux d’épargne des Français s’élève à 21,3 % en 2020, contre 14,4 % en 2019, d’après l’Insee. Cette « épargne Covid » traduit à la fois la peur de l’avenir liée à la crise économique et la moindre consommation dans un contexte de fermeture des restaurants et des lieux de loisirs. « Les épargnants ont sanctuarisé cette épargne en la plaçant sur des produits sans risque, comme le livret A, le LDDS (livret de développement durable et solidaire), les livrets bancaires, et en laissant une partie sur leur compte courant », constate Philippe Crevel, le directeur du Cercle de l’épargne. La crise n’a fait que renforcer l’appétit insatiable des Français pour les placements sans risque.

Le livret A et le LDDS ont toujours la cote 

Ainsi, le livret A a atteint le niveau record de 338,5 milliards d’euros à la fin mars 2021, tout comme le LDDS à 124,4 milliards d’euros. Ces deux livrets rapportent 0,50 % depuis le 1er février 2020 et leurs gains sont exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux. Un rendement historiquement faible mais en cohérence avec le niveau des taux d’intérêt à court terme.

En effet, il correspond à la moyenne des taux d’intérêt à court terme et de l’inflation sur les douze derniers mois et ne peut par ailleurs être inférieur à 0,50 %. « La rémunération du livret A ne devrait pas évoluer le 1 er août, date de la prochaine révision. Parce que la formule de calcul plaide pour le statu quo et que Bercy ne cherche pas à inciter les Français à épargner, mais plutôt à consommer pour relancer l’économie », décrypte Philippe Crevel.

Le LDDS est désormais « solidaire »

Ce livret est devenu solidaire le 1er octobre 2020. Désormais, ses détenteurs peuvent réaliser un don par virement à l’une des associations sélectionnées par leur banque directement depuis leur livret. Contrairement aux règles en vigueur pour les livrets « de partage » permettant de donner tout ou partie des intérêts perçus pendant l’année, le mécanisme de solidarité du LDDS porte sur le capital. Il n’y a donc pas de limite au montant du don. Comme pour les dons en direct, le particulier obtient un reçu fiscal lui permettant de déduire 66 % ou 75 % du montant du don de son impôt sur le revenu selon l’association bénéficiaire. Et, depuis l’an dernier, 5 % de l’encours du LDDS et du livret A, qui ne sont pas centralisés auprès de la Caisse des dépôts et consignations, doivent être utilisés par les banques pour des prêts à des structures de l’économie sociale et solidaire.

Leur rémunération est pourtant égale à zéro...

Le livret A, plafonné à 22 950 euros, et le LDDS, limité à 12 000 euros, restent donc les réceptacles naturels de l’épargne de précaution. Mais soyons clairs, ces produits ne permettent pas de s’enrichir. En effet, la hausse des prix a atteint 0,50 % l’an dernier, ce qui rend la rémunération réelle, c’est-à-dire après inflation, nulle pour 2020. C’est un léger mieux, après trois ans d’un rendement réel du livret A dans le rouge. Mais « l’inflation pourrait atteindre 1 % en 2021, soit un rendement réel négatif de l’ordre de 0,50 % pour le livret A », estime Philippe Crevel.

Priorité au LEP pour les ménages éligibles

Les particuliers aux revenus modestes peuvent ouvrir un livret d’épargne populaire (LEP), dont la rémunération atteint 1 % net. La bonne stratégie consiste à l’alimenter en priorité jusqu’au plafond de 7 700 euros si vous y êtes éligible, avant de vous tourner vers le livret A. Pour ouvrir un LEP en 2021, il faut avoir un revenu fiscal de référence inférieur à 20 016 euros en 2019 pour une personne seule. La loi d’accélération et simplification de l’action publique (Asap) du 7 décembre 2020 ayant modifié les modalités d’accès au LEP, c’est désormais à la banque de vérifier auprès de l’administration fiscale si l’épargnant remplit bien les conditions d’éligibilité au LEP. Comme pour le LDDS, réservé aux contribuables, on ne peut détenir qu’un LEP par personne et deux par foyer fiscal. Le livret A est également limité à un par personne mais est accessible à tous, y compris aux mineurs.

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Livret bancaire fiscalisé : l'absence de plafond est son atout

Il est possible de placer ses liquidités sur un livret bancaire fiscalisé, dont le taux est fixé librement par chaque banque. Le rendement moyen s’établit à 0,11 % brut en février 2021, d’après la Banque de France, auxquels il faut enlever 30 % de prélèvement fiscal unique (PFU) pour calculer la rémunération nette. Mieux vaut donc concentrer son épargne de précaution sur les livrets réglementés dont la rémunération est supérieure. Le seul atout des livrets bancaires est leur absence de plafond. Ils permettent de placer une somme importante en attente de réinvestissement, comme après la vente d’un bien immobilier ou en cas de succession.

Rien de mieux qu'un vieux plan épargne logement

Il est aussi possible de placer sans risque son épargne sur un plan d’épargne logement (PEL), en particulier si vous avez eu la bonne idée d’en ouvrir un il y a quelques années, car il ne peut être alimenté que pendant ses dix premières années. Contrairement au livret A dont le taux peut évoluer, la rémunération du PEL est fixée lors de son ouverture. Les anciennes générations bénéficient encore aujourd’hui de leur taux d’origine, bien supérieur à celui des plans récents. Ainsi, les plans ouverts depuis le 1er janvier 2018 rapportent 1 % brut, soit 0,70 % net car ils sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 % dès la première année. Un taux à peine plus avantageux que celui du livret A.

Les PEL ouverts entre 2009 et 2015 affichent un taux brut de 2,50 %, soit 2,07 % net car ils ne sont soumis qu’aux prélèvements sociaux de 17,2 %. Les titulaires d’un vieux PEL ont intérêt à le conserver pour profiter de sa rémunération, dans les limites du plafond de versement de 61 200 euros. Fiscalement, les intérêts des PEL ouverts à partir du 1er janvier 2018 sont soumis au PFU de 30 % dès la première année ou, sur option, au barème de l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux. Pour les PEL de moins de 12 ans ouverts avant le 31 décembre 2017, les intérêts sont soumis aux prélèvements sociaux (17,2 %). Pour les PEL de plus de 12 ans ouverts avant le 31 décembre 2017, les intérêts sont soumis au PFU ou, sur option, au barème de l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux.

Mais attention, le PEL présente quelques contraintes. Il n’est pas liquide, puisque tout retrait entraîne sa clôture, quel que soit l’âge du plan. En cas de retrait avant deux ans, les intérêts sont recalculés au taux du compte épargne logement (CEL) en vigueur, c’est-à-dire à 0,25 % actuellement. De plus, il faut réaliser des versements réguliers de 540 euros par an au minimum. Le PEL ne se justifie donc que pour épargner à moyen terme.

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Fonds en euros de l'assurance-vie : le placement sécurisé le plus rémunérateur

Le fonds en euros de l’assurance-vie permet lui aussi de sécuriser son épargne. Majoritairement investi en obligations d’État, il a rapporté en moyenne 1,3 % en 2020, d’après la Fédération française de l’assurance (FFA). Il est soumis aux prélèvements sociaux à hauteur de 17,2 %. Le rendement net moyen ressort ainsi en moyenne à 1,08 %. Un taux largement supérieur à celui du livret A, mais qui est en chute libre depuis plusieurs années, dans un contexte de baisse généralisée des taux d’intérêt à long terme, puisqu’il atteignait encore 2,3 % en 2015. « Le rendement du fonds en euros devrait encore s’effriter, pour s’établir entre 1,1 et 1,2 % en 2021, soit à peine plus que l’inflation prévue autour de 1 % », note Philippe Crevel.

Pour autant, le fonds en euros demeure le placement sécurisé le plus rémunérateur du marché. Encore faut-il bien choisir son contrat d’assurance-vie, car tous les fonds en euros ne se valent pas. Au contraire. Certains d’entre eux n’ont gagné que 0,80 % à 1 %, quand les meilleurs approchaient 2 % l’an passé.

77,2 % : c’est la part du fonds en euros dans les contrats d’assurance-vie, soit 1 382 milliards d’euros sur un total de 1 789 milliards d’euros. (Source : Fédération française de l’assurance, fin 2020)

À noter, contrairement à une idée reçue, les sommes placées sur un contrat d’assurance-vie ne sont pas bloquées. Certes, la fiscalité devient plus attractive après huit ans de détention. Mais dans la pratique, rien ne vous empêche de puiser dans votre contrat avant cette date en cas de besoin. La fiscalité des retraits dépend précisément de l’âge de votre contrat (lire page 31). Le bon réflexe consiste cependant à investir sur le fonds en euros de votre contrat d’assurance-vie pour un horizon minimum de dix-huit à vingt-quatre mois, et à condition de choisir un contrat sans droits d’entrée.

Dans le cas contraire, il faut un à deux ans de rendement pour couvrir les frais. Contrairement à l’épargne réglementée (livret A, LDDS, PEL, etc.), les sommes versées sur un ou plusieurs contrats d’assurance-vie ne sont pas plafonnées. Cependant, les compagnies d’assurance ont mis en place des conditions d’accès restrictives sur leur fonds en euros puisqu’elles exigent généralement un versement minimum de 30 % environ en unités de compte, qui contrairement au fonds en euros, présentent un risque en capital. Une stratégie payante sur le long terme pour les épargnants acceptant une dose de risque.

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Les bons plans pour votre PEA et votre assurance-vie

Les chiffres sont sans appel : les actions cotées en Bourse ont gagné en moyenne 8,5 % par an sur trente ans, entre 1989 et 2019, contre 1,2 % pour le livret A et 2,4 % pour le fonds en euros de l’assurance-vie (voir l’infographie page 30). Autrement dit, la Bourse est le placement de long terme le plus performant. Certes, les marchés financiers sont volatils. Le cours d’une action ou d’un indice comme le CAC 40, représentatif de la Bourse de Paris, peut gagner ou perdre 5 %, 10 %, voire 50 % en quelques mois.

À ce titre, l’année 2020 a été exemplaire : le CAC 40 a perdu 38 % entre la mi-février et la mi-mars, avant de se redresser pour finir l’année sur une baisse limitée à 7 %, suivie d’une envolée supérieure à 10 % sur les quatre premiers mois de 2021. Pour compenser cette volatilité, il est nécessaire d’investir en actions sur le long terme, c’est-à-dire pendant au minimum cinq ou huit ans. Car dans la durée, les actions restent la meilleure solution pour faire fructifier votre patrimoine.

De nombreux épargnants sont cependant frileux à l’idée de mettre en pratique ce postulat. Qu’ils se rassurent, il ne s’agit pas de s’improviser trader et avoir les yeux rivés en permanence sur les cours de la Bourse. De nombreuses solutions s’offrent à vous pour diversifier votre patrimoine en actions, même si vous ne vous sentez pas l’âme d’un professionnel de la finance.

Miser sur les valeurs européennes du PEA

Le plan d’épargne en actions (PEA) permet d’investir jusqu’à 150 000 euros dans un cadre fiscal privilégié. Vous pouvez y placer uniquement des valeurs européennes, détenues en direct ou à travers des fonds ou des Sicav. Cette dernière solution convient à tous les épargnants, y compris les débutants puisque c’est le gérant du fonds qui prend les décisions d’investissement.

Les banques proposent une multitude de fonds d’actions européennes éligibles au PEA. Ceux- ci peuvent être centrés sur un pays (actions françaises ou européennes), un secteur (les valeurs technologiques, par exemple) ou même un thème d’investissement (les valeurs vertes, etc.). Vous pouvez acheter ou vendre des titres ou des fonds comme vous l’entendez au sein de votre PEA sans incidence fiscale. Ce n’est qu’en cas de retrait que les gains sont taxés. Ainsi, en cas de retrait avant le cinquième anniversaire du plan, les dividendes et les plus- values sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % et le compte est clôturé.

Après cinq ans, les gains ne sont soumis qu’aux prélèvements sociaux, soit 17,2 %. De plus, les retraits n’entraînent pas la clôture du plan, sur lequel l’épargnant reste libre de réaliser de nouveaux versements. Il est donc recommandé d’ouvrir un PEA pour prendre date du point de vue fiscal, quitte à n’y verser qu’une faible somme dans un premier temps.

Opter pour le PEA-PME

Le PEA-PME fonctionne sur le même mode que son grand frère, mais il est réservé à l’investissement dans les petites et moyennes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire. Le montant des versements ne peut excéder 225 000 euros sur un PEA-PME, tout en respectant un plafond global de 225 000 euros pour le PEA-PME et le PEA. « Le PEA permet de gérer un portefeuille-titres en direct dans un cadre fiscal attractif. Mais il reste moins souple que l’assurance-vie, notamment parce que les placements éligibles sont plus limités », rappelle Vincent Fournier, responsable du marché de l’épargne financière du groupe de gestion de patrimoine Quintésens.

Investir en SCPI avec l'assurance-vie

Les contrats d’assurance-vie offrent eux aussi un cadre fiscal très favorable, mais sans la contrainte d’investissement en actions européennes. Il est ainsi possible d’investir sur une très large palette de supports allant du fonds en euros sécurisé (lire page 27) aux fonds investis à 100 % en actions internationales, en passant par des produits affichant un degré de risque intermédiaire. « L’assurance-vie est un produit universel. Tout le monde a intérêt à détenir uncontrat, quels que soient son âge, le montant de son patrimoine et son appétence au risque », résume Vincent Fournier.

C’est précisément sa souplesse qui fait le succès de l’assurance-vie. L’épargnant peut en effet placer le curseur du risque comme il l’entend. « Les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) constituent une bonne alternative au fonds en euros. Leur rendement est de trois à quatre fois supérieur pour un risque limité », ajoute Vincent Fournier. En effet, les SCPI d’immobilier d’entreprise, investies en bureaux et commerces, affichent un rendement de 4,18 % en moyenne en 2020 d’après l’Association française des sociétés de placement immobilier (Aspim), contre 1,30 % pour le fonds en euros. La baisse régulière du rendement de ce dernier plaide pour l’arbitrage d’une fraction des avoirs vers les SCPI.

Sélectionner les unités de compte

Mais il est aussi possible de choisir une unité de compte investie sur les marchés financiers en actions et en obligations, mais dont le profil de risque est limité. C’est le cas des fonds flexibles, dont la répartition entre actions et obligations est pilotée par le gérant en fonction de la conjoncture. Certains d’entre eux ont carte blanche, puisqu’ils peuvent faire varier leur allocation en actions de 0 à 100 %. Dans d’autres cas, la marge de manœuvre est plus limitée, par exemple au sein d’une fourchette comprise entre 20 et 50 % d’actions.

Enfin, vous pouvez opter pour des unités de compte intégralement investies en actions. Le choix est large, avec des fonds centrés sur un pays (France, États-Unis, Chine...) ou une zone géographique (zone euro, Asie...), un secteur (la santé, par exemple) ou un thème (la robotique, l’intelligence artificielle, etc.).

À noter, les contrats d’assurance-vie proposent de plus en plus d’unités de compte socialement responsables (ISR), c’est-à-dire intégrant des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance dans leur gestion. D’ailleurs, tous les contrats auront l’obligation de proposer un produit labélisé ISR et Greenfin et un fonds solidaire à partir du 1er janvier 2022.

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Faire évoluer son assurance-vie

Une fois les unités de compte sélectionnées, reste à faire vivre votre contrat d’assurance-vie. Cela signifie qu’il faut vérifier, au minimum une fois par an, que la répartition de votre contrat entre le fonds en euros et les unités de compte reste cohérente avec vos objectifs. « Il n’est possible de détenir qu’un PEA par personne, mais le nombre de contrats d’assurance-vie n’est pas limité. En ouvrir plusieurs est une bonne idée, car cela permet d’isoler vos investissements par projet », suggère Vincent Fournier, qui évoque, par exemple, un contrat pour financer sa retraite, un autre pour préparer un investissement immobilier ou encore constituer un capital pour ses enfants. Le degré de risque pourra être adapté en fonction de l’horizon du projet.

Enfin, sachez utiliser les options de votre contrat. Nombre d’entre eux proposent l’investissement progressif, permettant de basculer chaque mois une somme du fonds en euros vers des unités de compte, plutôt qu’investir en une seule fois. D’autres options astucieuses, comme la sécurisation des plus-values, permettent aussi de dynamiser votre contrat. Mais si la gestion vous semble trop technique, il reste possible d’opter pour la gestion sous mandat, dans laquelle vous déléguez les choix d’investissement et les arbitrages à un expert. Une bonne solution pour diversifier votre patrimoine en dehors de l’épargne sans risque tout en vous dégageant de la gestion au quotidien. 

Optimiser la fiscalité de son contrat

Sur le plan fiscal, les plus-values réalisées à l’intérieur d’un contrat ne sont pas taxées. L’imposition n’intervient qu’en cas de retrait (on parle de rachat), dans des conditions qui dépendent de l’âge du contrat. Pour les versements effectués depuis le 27 septembre 2017 sur un contrat de moins de huit ans, les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 12,8 % ainsi qu’aux prélèvements sociaux de 17,2 %, soit un total de 30 %.

À noter, il est possible d’opter pour une imposition à l’impôt sur le revenu. Pour les contrats de plus de huit ans et pour les versements réalisés depuis le 27 septembre 2017, les gains en cas de retrait sont taxés à 7,5 % (plus prélèvements sociaux) si l’encours total de l’épargnant en assurance-vie est inférieur à 150 000 euros. Ce régime fiscal s’applique après un abattement de 4 600 euros pour une personne seule et de 9 200 euros pour un couple.

Il reste donc possible à tout moment de réaliser un rachat sur un contrat d’assurance-vie, même s’il est préférable d’attendre huit ans pour optimiser la fiscalité. Une fois la demande effectuée, il faut patienter entre quelques jours et quelques semaines pour recevoir les fonds.

Astuces

Au décès du souscripteur, les sommes versées au bénéficiaire du contrat d’assurance-vie ne font pas partie de la succession.

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Diversifier avec des placements alternatifs

Il est recommandé de répartir son patrimoine sur plusieurs classes d’actifs, y compris en dehors des sentiers battus. Mais à condition de choisir ses placements avec discernement.

L'or : une valeur refuge pour votre patrimoine

L’or physique est LE placement de diversification par excellence : le cours de l’once résiste lorsque tout va mal. L’once d’or a ainsi joué son rôle de valeur refuge en 2020. Elle s’est envolée pour inscrire un nouveau record historique à 2 075 dollars (1 714 euros), le 7 août dernier. Et le contexte reste favorable. En effet, les taux d’intérêt américains devraient rester faibles dans les prochains mois, ce qui se traduit généralement par une appréciation des cours du métal jaune. Les épargnants français peuvent s’intéresser à cet actif sous la forme de lingot (1 kilo), de lingotins (50 ou 250 g, par exemple) ou de pièces, comme le Napoléon.

Tout dépend de son budget, car avec un cours proche de 50 000 euros, le lingot de 1 kilo n’est pas accessible à tous. L’achat se fait dans sa banque, en ligne sur un site spécialisé ou par l’intermédiaire d’officines, comme celles du quartier de la Bourse à Paris. Côté fiscalité, la plus- value est taxée à 36,2 %, prélèvements sociaux inclus, après un abattement de 5 % par an à partir de la troisième année de détention, si l’épargnant peut prouver la date et le prix d’achat par une facture. Autrement dit, la plus-value est totalement exonérée d’impôts après vingt-deux ans de détention. En l’absence de facture, une taxe forfaitaire de 11,5 %, prélèvements sociaux inclus, est appliquée sur le montant de la cession, et non sur celui de la plus-value.

Le crowdfunding : le financement en ligne

Le financement participatif ou crowdfunding (littéralement, le financement par la foule) permet aux épargnants de financer un projet par le biais d’une plateforme internet, donc hors des circuits traditionnels de l’épargne. Ces sites mettent en relation des porteurs de projet avec des épargnants qui leur apportent des fonds. 1,02 milliard d’euros ont été collectés en 2020, contre 629 millions d’euros en 2019, d’après le baromètre du crowdfunding réalisé par Mazars et l’association Financement participatif France.

L’opération peut prendre la forme d’un don, d’un prêt ou d’investissement en actions non cotées. C’est donc une activité à risque qui ne s’envisage que pour une faible part de votre patrimoine. Quelques dizaines ou centaines d’euros suffisent, et il est préférable de répartir son opération sur plusieurs projets quand il s’agit d’un prêt ou de la souscription d’actions. Lorsque des intérêts sont versés à l’épargnant, ou en cas de plus-value après la revente de titres, le gain est soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %.

À noter, certaines opérations de crowdfunding permettent de bénéficier d’un avantage fiscal. Dans ce cas, l’investisseur peut déduire de son impôt sur le revenu 25 % des sommes investies dans le capital de PME jusqu’à fin 2021 (décret à paraître), à condition de détenir les titres pendant cinq ans. L’investissement est limité à 50 000 euros pour une personne seule, ce qui plafonne l’avantage fiscal à 12 500 euros.

Le Bitcoin : à ne pas mettre en toutes les mains

Le bitcoin bat record sur record. La cryptomonnaie est ainsi passée de 5 100 dollars en mars 2020, en pleine tourmente des marchés au début de la pandémie, à plus de 64 870 dollars le 15 avril 2021 pour plonger de 30 % à la mi-mai et parvenir à 45 000 dollars. Cette volatilité est un facteur de risque car, si le bitcoin peut s’envoler de plusieurs milliers de dollars en quelques jours, il peut aussi les perdre ! Et la surenchère des analystes n’arrange rien. Certains anticipent une envolée des cours à 130 000 dollars, creusant le fossé entre les adeptes et les détracteurs de la cryptomonnaie.

« Cette frénésie n’est pas sans rappeler le premier krach de l’histoire, celui de la tulipe, en 1637, dans les Provinces-Unies, aujourd’hui les Pays-Bas », prévient Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne. L’autre difficulté est de choisir un intermédiaire de confiance. Car les sites frauduleux proposant d’acheter des cryptomonnaies sont légion. Il existe des intermédiaires enregistrés auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) en tant que prestataires de services sur actifs numériques (PSAN), dont la liste figure sur le site du gendarme de la Bourse. Les gains sont soumis au PFU, sauf si la plus-value annuelle est inférieure à 305 euros.

Gare aux arnaques !

L’AMF met régulièrement en garde les épargnants contre les miroirs aux alouettes proposés en ligne par des sites internet ou des démarcheurs. Diamants, énergies renouvelables, vins... les escrocs n’ont pas de limite. Les arnaques vont de la proposition frauduleuse de placements à des promesses d’enrichissement farfelues, en passant par l’usurpation d’identité. Pour vous protéger, consultez les listes noires des sites frauduleux publiés par l’AMF et faites appel à votre bon sens. Un site promettant un rendement à deux chiffres sans risque est nécessairement mensonger.

 

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