Guerre en Ukraine : les solutions pour protéger votre épargne en 2022

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Piles de pièces, cours de bourse
L’inflation érode le rendement de la plupart des placements. - © ipopba

Emmanuel Macron n’a pu que le reconnaître dans son discours télévisé diffusé mercredi 2 mars : la guerre en Ukraine, déclenchée six jours plus tôt par le président russe, Vladimir Poutine, est venue obscurcir le proche avenir de l’économie française. « Notre croissance, aujourd’hui au plus haut, sera immanquablement affectée », a admis le chef de l’Etat.

L’augmentation du produit intérieur brut (PIB) sera en deçà du niveau de 4 % anticipé en janvier par le ministre de l’Economie, des finances et de la relance, Bruno Le Maire. Mais l’exécutif n’anticipe pas de récession après une croissance historique de 7 % en 2021, qui avait marqué la reprise d’une activité frappée par la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19.

La dégradation de la situation économique va s’accompagner d’une accélération de la hausse des prix. « L’inflation n’est pas une opportunité pour les épargnants. Si l’épargne n’est pas mieux rémunérée que l’inflation, les épargnants perdent de l’argent », rappelle auprès de Dossier Familial l’économiste Marc Touati. L’augmentation des prix « va bientôt atteindre 5 % en France », souligne le président de la société Aux commandes de l’économie et de la finance (Acdefi). Dans ce contexte, comment réussir à protéger vos placements ?

Les valeurs refuges

Selon Marc Touati, deux produits financiers restent des valeurs refuges, les métaux précieux, dont l’or, et certaines obligations – titres que peuvent émettre les Etats et les sociétés pour financer leur dette –, à savoir celles indexées sur l’inflation.

Livret A, LDDS et LEP : attention à l’inflation

Placer votre argent dans les livrets d’épargne réglementée que sont notamment le Livret A et le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), offre plusieurs avantages. Ces deux produits sont entièrement sécurisés, défiscalisés, et leur liquidité est totale : vous pouvez retirer les fonds à tout moment. Les plafonds de ces placements atteignent 22 950 € pour le Livret A et 12 000 € pour le LDDS.

Problème : s’il a remonté de 0,5 % à 1 % le 1er février, le taux d’intérêt du Livret A et du LDDS reste inférieur à l’inflation.

Offrant les mêmes atouts, le Livret d’épargne populaire (LEP), lui, offre un rendement supérieur, à 2,2 %, pour un plafond de 7 700 €. Cependant, l’ouverture d’un LEP est soumis à des conditions de ressources. Pour une personne seule, le revenu fiscal de l’année 2020, inscrit dans votre avis d’impôt ou dans votre avis de situation déclarative, ne doit pas dépasser 20 297 €.

Livrets bancaires : à éviter

Certaines banques peuvent proposer leurs propres livrets, mais la faiblesse de leur rémunération n’incite guère à ouvrir de tels placements. En outre, contrairement au Livret A et au LDDS, les intérêts des livrets bancaires sont soumis à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux au travers du prélèvement forfaitaire unique (PFU), d’un taux de 30 %.

Alimenter un ancien PEL

Même si vous n’avez pas de projet d’achat immobilier, l’alimentation et la conservation d’un ancien plan épargne logement (PEL) peuvent être judicieuses. 

Depuis le 1er août 2016, le taux d’intérêt brut du PEL est de 1 %. Si vous disposez d’un PEL ouvert avant cette date, vous pouvez le garder dans la mesure du possible, les taux en vigueur au moment de l’ouverture restant applicables à votre placement. 

Ainsi, le rendement du PEL s’élève à :

  • 2,5 % pour les plans ouverts entre le 1er août 2003 et le 31 décembre 2015 ;
  • 2 % pour les plans ouverts entre le 1er février 2015 et le 31 janvier 2016 ;
  • 1,5 % pour les plans ouverts entre le 1er février et le 31 juillet 2016.

Une fois ouvert après avoir fait un versement de 225 €, vous devez alimenter votre PEL à hauteur de 540 € minimum par an, c’est-à-dire de :

  • 45 € par mois ;
  • 135 € par trimestre ;
  • 270 € par semestre.

Le montant maximal que vous pouvez placer sur votre PEL est de 61 200 €.

La durée minimale de votre plan atteint quatre ans. Vous avez la possibilité de faire un retrait avant ce délai, mais cela met fin à votre PEL. Votre plan peut être alimenté durant dix ans.

Assurances-vie : sécurité des fonds en euros, mais des rendements de plus en plus faibles

Les fonds en euros des assurances-vie offrent l’avantage de la sécurité. Vous n’avez aucun risque de perte en capital. Certains fonds en euros ont offert des rendements autour de 2 % au titre de l’année 2022, rapporte Le Monde. Mais la tendance est à la baisse des intérêts. Selon Le Monde, « après les bonus de taux et les limitations d’accès aux fonds en euros, les assureurs s’intéressent désormais à la création de fonds à garantie partielle ».

Unités de compte : éviter de vendre malgré les soubresauts

Vous avez placé une partie de votre argent dans des unités de compte ? Vous craignez que les unités de compte de votre assurance-vie perdent de leur valeur, notamment en raison des soubresauts des marchés actions ? « Arbitrer sur des supports plus sécurisés en période de panique revient à figer vos pertes. Cela peut se justifier si vous souhaitez sauvegarder votre capital pour mener à bien un projet à court terme », a estimé Gilles Belloir, directeur général de Placement-direct, auprès du site d’informations MoneyVox. Si vous pouvez garder votre argent davantage que quelques mois, mieux vaut patienter.

En vidéo : 2 min pour comprendre : comment faire un don à un pays en guerre

Acheter ou pas des actions, les réponses des spécialistes

Marc Touati évoque « une tempête boursière ». Jusqu’à quand va-t-elle durer ? « Cela ne dépend pas de nous, une guerre étant par principe non maîtrisable », rappelle l’économiste. La baisse des marchés actions repose en partie sur un dégonflement de « la bulle boursière », entretenue artificiellement par les banques centrales au travers de la planche à billets. « La dégringolade est en partie logique, mais il y a en plus un mouvement spéculatif », note le président de la société Acdefi.

« Même si le conflit s’arrête, il va laisser des traces : 35 des 40 groupes cotés au CAC 40 », l’indice phare de la place de Paris, « sont installés en Russie », prévoit Marc Touati. « Le plus important est que les cours des matières premières redescendent », remarque l’économiste., Pour lui, « si votre horizon est à court terme, ce n’est pas du tout le moment d’investir dans les marchés actions ».

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Malgré le drame qu’elle constitue, la guerre présente « des opportunités » boursières, affirme auprès de Dossier Familial Stéphane Van Huffel, co-fondateur de Net-investissement.fr, site de conseil en gestion de patrimoine. Recommandant l’examen de la situation « avec pragmatisme » et « sans jugement d’ordre moral », Stéphane Van Huffel appelle les investisseurs à « ne pas se frotter à des secteurs » pénalisés par le conflit, comme les énergies, les métaux ou matières alimentaires comme le blé, dont la Russie est un grand exportateur. « Est-ce qu’il ne faut revenir sur le pétrole de schiste ? », s’interroge-t-il. Selon lui, il ne faut pas davantage acheter d’actions de groupes russes ou de groupes industriels automobiles français et allemands, qui vont pâtir de la guerre.

Interrogé mardi par Dossier Familial, l’économiste Philippe Crevel, président du Cercle de l’épargne, recommandait de saisir des opportunités en acquérant des actions dont la valeur chute, dans l’attente d’une remontée. Quoi qu’il en soit, si vous constatez une diminution des cours des titres de votre portefeuille, il faut éviter de « céder à la panique », selon Philippe Crevel. Gardez ces actions dans la mesure du possible.

D’après Stéphane Van Huffel, la crise doit être l’occasion pour les détenteurs d’un plan épargne actions (PEA) ou un compte-titres de se tourner vers un organisme de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM), comme une société d’investissement à capital variable (Sicav) ou un fonds commun de placement (FCP). Attention : les frais de gestion risquent d’être plus élevés que ceux exigés par votre banque.

En vidéo : 3 min pour comprendre : les répercussion de la guerre en Ukraine sur votre pouvoir d'achat

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