Épargner pour se constituer un capital à long terme

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© Olivier Le Moal - iStock

Cap sur le rendement avec des placements risqués

Financer les études de ses enfants, préparer l’achat d’une résidence secondaire ou organiser votre retraite : autant de projets nécessitant de mettre de l’argent de côté avec un horizon de cinq, huit, dix ans voire plus. Celui-ci change tout : il est raisonnable d’investir en partie sur des placements risqués, comme les actions, afin de bénéficier de leur potentiel de plus-value sur le long terme. Ainsi, l’indice phare de la Bourse de Paris, le CAC 40, a gagné 110 % sur les dix dernières années.

Cependant, cette performance appréciable ne traduit pas les montagnes russes par lesquelles les actions françaises sont passées depuis 2011. L’année 2020, marquée par la pandémie, est à ce titre exemplaire : l’indice CAC 40 a chuté de 38 % entre la mi-février et la mi-mars avant de se reprendre pour clôturer l’année sur un repli limité à 7 %. L’investissement en actions reste donc pertinent, à condition d’avoir du temps devant soi.

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    Ouvrir un PEA

    L’investissement en actions européennes

    Vous pouvez placer jusqu’à 150 000 euros sur un plan d’épargne en actions (PEA). Cette enveloppe est réservée à l’investissement en actions européennes détenues en direct ou par l’intermédiaire de fonds. « Les épargnants ayant une forte appétence pour les marchés financiers peuvent gérer eux-mêmes leur portefeuille de titres vifs sur le PEA. Dans le cas contraire, il est préférable de donner un mandat de gestion à un professionnel, ou d’investir via des fonds », souligne Philippe Malatier, fondateur du cabinet de conseil en gestion de patrimoine K&P Finance.

    Les fonds éligibles au PEA doivent détenir au minimum 75 % de valeurs européennes. Mais l’offre reste cependant diversifiée : les banques proposent notamment des fonds thématiques ou sectoriels, ou encore centrés sur les petites et moyennes valeurs européennes. Les ETF, ces fonds indiciels répliquant la performance d’un indice comme le CAC 40 ou le Stoxx Europe 600, sont eux aussi éligibles au PEA dès lors qu’ils sont investis dans l’Union européenne.

    Astuces

    Une imposition limitée après cinq ans

    Les plus-values ne sont imposées qu’en cas de retrait d’argent du PEA. Leur fiscalité dépend de l’âge du plan lors du retrait.

    • En cas de retrait avant ses cinq ans, les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 % et le PEA est automatiquement clôturé.
    • En cas de retrait après cinq ans, les gains sont exonérés d’impôt, seuls les prélèvements sociaux (17,2 %) s’appliquent. Vous pouvez réaliser des retraits partiels tout en continuant à gérer le solde de votre plan, et même procéder à de nouveaux versements. « Les actions sont un placement de long terme sur lequel il est recommandé d’investir au minimum pendant huit à dix ans pour optimiser la performance », précise Philippe Malatier.

    Cumuler PEA et PEA-PME

    Il est aussi possible d’ouvrir un PEA-PME centré sur l’investissement dans les petites et moyennes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire. Sa fiscalité est identique à celle du PEA. Une personne ne peut détenir qu’un seul PEA et un seul PEA-PME, mais les deux enveloppes sont cumulables. Les versements sont alors plafonnés à 225 000 euros sur un PEA-PME, tout en respectant un plafond global de 225 000 euros pour le PEA-PME et le PEA.

    © DF

    Souscrire une assurance-vie

    Un placement universel

    Ouvrir un contrat d’assurance-vie reste la solution la plus efficace pour se constituer un capital à long terme car cette enveloppe est à la fois plus souple et moins contraignante que le PEA. Son principal avantage est que vous pouvez y investir sur tout type de supports couvrant des degrés de risque variés. L’épargnant est libre de piloter finement le niveau de sécurité de son contrat, en fonction de son horizon d’investissement et de son aversion au risque.

    « Il n’y a pas de bon âge pour ouvrir un contrat d’assurance-vie. Plus vous commencez tôt, plus votre capital aura le temps de fructifier. Mais il reste pertinent d’ouvrir un contrat à 65 ans, si vous ne l’avez pas fait auparavant », détaille Vincent Fournier, responsable du marché de l’épargne financière du groupe de gestion de patrimoine Quintésens.

    Le fonds en euros pour la sécurité

    Les actifs investis en assurance-vie sont majoritairement placés sur le fonds en euros à capital garanti (77,2 % des 1 789 milliards d’euros fin 2020). Ce placement largement investi en obligations d’État a rapporté 1,3 % en 2020, d’après la Fédération française de l’assurance (FFA). « Dans un contexte de taux d’intérêt très faibles sur les marchés financiers, le rendement du fonds en euros devrait à nouveau s’effriter aux environs de 1,1 à 1,2 % pour 2021 », estime Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne. Un score largement supérieur à celui du livret a (0,5 %) mais qui, là encore, ne permet pas de compenser la hausse des prix, de l’ordre de 2 %.

    Des unités de compte pour la performance

    « Il est logique d’investir une part significative de son capital, c’est-à-dire au minimum 50 % du contrat, sur les unités de compte lorsqu’on a un horizon d’investissement supérieur à dix ans », rappelle Philippe Malatier. Les unités de compte sont des fonds investis en actions et/ou en obligations. Leur performance est directement liée à celle des marchés financiers. La palette de supports disponibles est large puisque certains contrats proposent plusieurs centaines voire plusieurs milliers d’unités de compte. Vous pouvez choisir des supports très offensifs, comme ceux investis en actions des marchés émergents ou en valeurs technologiques. Il existe aussi de nombreux supports à risque modéré, comprenant une part d’actions européennes ou internationales et une part de placements obligataires.

    Autre option, de nombreux produits permettent de bénéficier des perspectives de croissance de secteurs ou thématiques d’avenir comme l’eau, la santé ou l’intelligence artificielle. Rien n’empêche d’investir aussi sur des placements immobiliers comme les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI).

    Les SCPI, le bon couple rendement/risque pour votre assurance-vie

    Les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) sont des placements collectifs investis dans l’immobilier : bureaux, commerces, centres de logistique, etc. Il est permis de les détenir en direct ou de les loger dans un contrat d’assurance-vie. Avantage, ces produits présentent un couple rendement/risque attractif : ils ont rapporté en moyenne 4,18 % en 2020 contre 1,30 % pour le fonds en euros. « Dans le cadre de l’assurance-vie, les supports immobiliers constituent une bonne alternative au fonds en euros. Ils présentent un risque en capital, puisque la valeur des immeubles en portefeuille peut baisser, mais celui- ci reste limité », confirme Vincent Fournier, responsable du marché de l’épargne financière du groupe de gestion de patrimoine Quintésens.

    Une fiscalité douce après huit ans

    Contrairement à une idée reçue, les sommes placées sur un contrat d’assurance-vie ne sont pas bloquées puisqu’il est toujours possible de les récupérer. Mais la fiscalité devient particulièrement avantageuse dès lors que votre contrat a plus de huit ans.

    • Pour les versements réalisés depuis le 27 septembre 2017 sur un contrat de plus de huit ans, les gains en cas de retrait sont taxés à 7,5 % seulement (plus les prélèvements sociaux) si l’encours total de l’épargnant en assurance-vie est inférieur à 150 000 euros. Il bénéficie cependant d’un abattement de 4 600 euros pour un célibataire et de 9 200 euros pour un couple, qui s’applique aux gains et non au montant du rachat. « Il est possible de calibrer le montant des rachats annuels pour rester dans les limites de l’abattement et ainsi optimiser la fiscalité », souligne Philippe Malatier.
    • Pour les versements effectués depuis le 27 septembre 2017 sur un contrat de moins de huit ans, les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 12,8 % ainsi qu’aux prélèvements sociaux de 17,2 %, soit un total de 30 %.
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