Impôts : réduire ses revenus à déclarer en versant son épargne sur un PER

5 min de lecture

Ce contenu a bien été ajouté à vos favoris

Voir mes favoris

Ce contenu a bien été supprimé de vos favoris

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
© Light Field Studios - iStock

Une enveloppe réservée à la retraite

Le plan d’épargne retraite (PER) a été lancé le 1er octobre 2019. Il remplace les dispositifs précédents comme le Perp (plan d’épargne retraite populaire), le contrat Madelin et le Perco (plan d’épargne pour la retraite collectif).  

Le PER est conçu sous la forme d’un contrat d’assurance-vie doté de règles de fonctionnement spécifiques. Principale contrainte, les sommes investies sont bloquées jusqu’à la retraite. Certes, des portes de sortie existent, mais le principe même du PER reste de faire fructifier une épargne accumulée au fil des années pour en profiter, le jour venu, afin de compléter sa pension de retraite. Car mieux vaut s’y préparer : « Les Français perçoivent en moyenne une pension égale à 50 % de leur dernier revenu annuel. Ce chiffre peut descendre à seulement 25 % pour les travailleurs indépendants. Il est donc indispensable d’épargner au plus tôt pour maintenir son pouvoir d’achat », prévient Ludovic Herschlikovitz, fondateur du site Retraite.com.

En vidéo : 36 astuces pour mieux déclarer ses impôts

Consultez le guide pratique "Je demande ma retraite"
  • Une check-list pour ne rien oublier
  • Des outils pratiques
  • Tous les articles utiles
  • J'y vais

    Quand souscrire un PER ?

    « Le PER s’adresse à tous, quel que soit l’âge », résume Pauline Lefel, responsable des partenariats Île-de-France à l’Union nationale d’épargne et de prévoyance (Unep). Les jeunes pourront ainsi faire fructifier leur capital pendant vingt, trente, voire quarante ans, quitte à n’y consacrer que quelques dizaines d’euros par mois dans un premier temps. « Il peut être judicieux d’ouvrir un PER au nom de son enfant mineur, note Ludovic Herschlikovitz. Le parent bénéficie de l’avantage fiscal à l’entrée et l’enfant pourra, à terme, choisir de liquider son PER pour acheter sa résidence principale, puisqu’il s’agit d’une condition de déblocage autorisée. Cette option permet ainsi aux parents de se rassurer sur l’utilisation de l’épargne transmise tout en optimisant leur impôt. » Mais il reste pertinent d’ouvrir un PER à seulement dix ans de la retraite, en réalisant des versements réguliers plus élevés afin de bénéficier, le jour venu, d’un capital suffisant.

    L’avantage fiscal à l’entrée

    Les versements sur un PER ouvrent droit à un avantage fiscal puisqu’ils sont déductibles des revenus imposables.

    Les salariés peuvent déduire leurs versements à hauteur du montant le plus élevé entre :

    • 10 % de leurs revenus professionnels de l’année précédant le versement (dans la limite de 32 909 € en 2021) ; 
    • 10 % du plafond annuel de Sécurité sociale (Pass) de l’année précédant le versement (soit 4 114 € en 2021).  

    Les travailleurs non-salariés bénéficient de plafonds de déduction spécifiques. Il s’agit du montant le plus élevé entre, d’une part, 10 % du Pass (4 114 €) et, d’autre part, un calcul complexe, plafonné à 76 102 €, reposant sur le bénéfice imposable.  

    Les versements réalisés sont pré-remplis dans les cases 6 NS, 6 NT et 6 NU de la déclaration de revenus. Le plafond de déduction figure quant à lui dans les cases 6 PS, 6 PT et 6 PU.

    Dans la pratique, plus le contribuable est imposé dans une tranche marginale élevée de l’impôt sur le revenu, plus l’avantage fiscal est important. Pour 1 500 euros investis sur un PER, l’économie d’impôt ressort à 450 euros pour un contribuable taxé dans la tranche à 30 % (30 % x 1 500). Son effort réel d’épargne est donc de 1 050 € (1 500–450).  

    Optimiser avec la gestion pilotée

    Le PER est doté d’un mécanisme de gestion pilotée à horizon permettant au titulaire de ne pas avoir à gérer son contrat au quotidien. Il suffit de choisir son profil de risque (prudent, équilibré ou dynamique). Ensuite, l’épargne accumulée et les versements réguliers sont répartis entre des supports sans risque (fonds en euros) et des unités de compte (SCPI, fonds actions et obligataires ou diversifiés, etc.) en tenant compte de l’âge de l’épargnant, donc du temps restant avant la retraite. À l’approche de cette échéance, le contrat est progressivement sécurisé.  

    La sortie : choisir entre rente et capital

    Une fois à la retraite, l’épargnant peut récupérer l’épargne accumulée sur son PER sous forme de rente ou de capital. En cas de sortie en capital, la somme correspondant aux versements est imposable au barème de l’impôt sur le revenu, tandis que les plus-values sont soumises au prélèvement forfaitaire unique de 30 %. « Il est conseillé de répartir la sortie en capital sur plusieurs années afin de fractionner l’imposition à la sortie : il serait dommage que le déblocage vous fasse basculer dans la tranche supérieure du barème de l’impôt sur le revenu », complète Christophe Decaix, fondateur du cabinet de conseil en gestion de patrimoine 2B Patrimoine. En cas de sortie sous forme de rente, celle-ci est soumise à l’impôt sur le revenu au titre des pensions de retraite, après un abattement de 10 %. Un régime fiscal différent s’applique aux épargnants ayant renoncé à l’avantage fiscal à l’entrée du PER.  

    Surveiller les frais

    Le PER étant un placement de long, voire de très long terme, il est important de vérifier que les frais du contrat sont raisonnables (les frais sur versements comme ceux de gestion réglés chaque année au sein des supports). Les PER distribués en ligne bénéficient de frais réduits. À noter, la réglementation prévoit le transfert des anciens dispositifs retraite (Perco, contrat Madelin, Perp) vers le PER et encadre les frais pouvant être prélevés à cette occasion.

    Cas pratique : optimiser l'avantage fiscal du PER

    Éva et Sandrine sont salariées, imposées dans la tranche marginale à 30 %. Selon leur salaire imposable, l’une profitera du plafond de versement égal à 10 % de ses revenus annuels, l’autre du plafond annuel de la Sécurité sociale pour calculer leur réduction d’impôt.

     

    Éva

    Sandrine

    Revenus professionnels après abattement de 10 %

    45 000 €

    35 000 €

    Deux modes de calcul du plafond de l’avantage fiscal

    4 500 € ou 4 114 €

    3 500 € ou 4 114 €

    Plafond le plus favorable

    4 500 €

    4 114 €

    Somme à verser sur le PER pour optimiser la réduction d’impôt

    4 500 €

    4 114 €

    Réduction d’impôt maximum

    1 350 € (30 % x 4 500)

    1 234 € (30 % x 4 114)

    Source : Retraite.com

    A lire aussi