Faut-il investir dans le nouveau plan épargne retraite ?

Depuis le 1er octobre 2019, assureurs, banque et sociétés de gestion peuvent commercialiser un nouveau produit d'épargne retraite, destiné à remplacer notamment le Plan d'épargne retraite populaire (Perp). Débat sur l'opportunité d'en souscrire un.

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Les Français investissent en moyenne 1700 euros en assurance-vie contre 230 euros en épargne retraite
© uy2men/stock.adobe.com

Cyrille CHARTIER-KASTLER, fondateur du site Good Value for Money 

“Il faut pouvoir bloquer son épargne de longues années”

> La grande avancée, avec le PER, est que le capital versé n’est pas obligatoirement converti en rente viagère à la retraite, comme c’était la règle jusqu’à présent pour les placements retraite assortis de déductions fiscales. Désormais, avec ce plan, le retraité peut décider de récupérer son capital en une ou plusieurs fois. En revanche, le PER a le même inconvénient que ses prédécesseurs. Jusqu’à la retraite, il reste un produit “tunnel” : impossible, avant cette échéance, de récupérer l’argent versé, sauf pour l’achat de la résidence principale ou dans des circonstances particulières. Or, peu de Français sont assurés de ne pas avoir besoin de leurs économies pendant une période si longue. En définitive, le PER reste donc un produit essentiellement fiscal, comme l’était le PERP.

> Ce qui est plus intéressant, dans cette réforme globale de l’épargne retraite voulue par le gouvernement, c’est la possibilité donnée aux entreprises de créer des PER collectifs pour leurs collaborateurs, voire de transformer leurs actuels Perco (plans d’épargne retraite collectif d’entreprise) en PER. Dans ce cas, les salariés peuvent faire des versements sur le plan de l’entreprise et les déduire de leurs revenus, afin de bénéficier de l’économie d’impôt. C’est très avantageux si leur employeur a l’habitude d’abonder ces versements volontaires. Les salariés pourront alors profiter d’un double atout : l’apport de l’employeur et l’économie d’impôt.

LA CONCLUSION de Cyrille CHARTIER-KASTLER

Le PER prend en compte l’aversion des Français pour la rente, mais il oblige à bloquer son épargne jusqu’à la retraite. Il ne faut donc y placer que les sommes dont on est certain de ne pas avoir besoin d’ici là, et, pour de nombreux ménages, ce sont des montants assez faibles.

Olivier ROZENFELD, président de Fidroit

“Le PER peut être plus intéressant que l’assurance-vie”

> Les versements réalisés sur le PER sont déductibles du revenu imposable. L’effet de levier est considérable pour les ménages lourdement taxés. Un contribuable imposé dans la tranche à 30% de l’impôt sur le revenu peut placer, à budget égal, 30% de plus sur le PER que sur un contrat d’assurance-vie, puisqu’il va engranger une économie d’impôt équivalente. Ce sont donc 30% de plus qui vont fructifier pendant les années qui le séparent de la retraite et, autre avantage, sans subir les prélèvements sociaux car le capital versé en est exonéré. Certes, les sommes versées sur ce plan seront soumises à l’impôt sur le revenu le jour où le souscripteur les retirera de son PER. Mais à ce moment-là, il est probable que, ses revenus ayant diminué avec le passage à la retraite, il sera moins lourdement fiscalisé que durant sa vie active.

> C’est très différent de l’assurance-vie où, en revanche, seuls les gains sont taxés en cas de retrait (le capital versé est, lui, toujours exonéré). Néanmoins, pour les contribuables qui paient 30% ou plus d’impôt, à l’arrivée, les calculs montrent que, sur dix ou vingt ans, un PER est en général plus efficace qu’un contrat d’assurance-vie pour préparer la retraite. Enfin, si le PER a pris la forme d’un contrat d’assurance, il offre aussi en cas de décès des avantages successoraux, mais un peu moins généreux que ceux de l’assurance-vie, en particulier en cas de décès après 70 ans.

LA CONCLUSION d'Olivier ROZENFELD

Pour les contribuables lourdement imposés, le PER est une bonne solution pour obtenir un revenu différé à l’heure de la retraite. À côté de l’assurance-vie, il peut trouver sa place dans l’éventail des placements intéressants.

Édouard PETITDIDIER, fondateur d’Allure Finance

“Il faut bien choisir son contrat”

> Bloqué jusqu’à la retraite, le PER est un placement de long terme, ce qui est un atout pour dégager de bonnes performances. Car, plus l’horizon de placement est long (dix ans, quinze ans...), plus il est possible de prendre des risques, puisqu’on n’a pas besoin du capital rapidement. Cela permet d’investir sur des supports volatils d’une année sur l’autre, mais rentables sur la durée. Un fonds en actions, par exemple, peut connaître de fortes variations, à la hausse ou à la baisse, mais gagner quand même en moyenne 5% à 7% par an si on investit judicieusement. De plus, le PER sera en principe alimenté régulièrement, afin de profiter des déductions fiscales. Au fil des années, le souscripteur investira donc dans des marchés financiers tantôt bon marché, tantôt plus chers, ce qui, en moyenne, lisse le risque et améliore la performance.

> La plupart des PER comporteront également un fonds en euros, qui est encore la meilleure solution pour sécuriser le capital. Mais ses rendements sont trop faibles aujourd’hui pour y placer l’essentiel d’un capital retraite. On peut se faire conseiller dans le choix et le suivi dans le temps de la répartition entre tous ces supports ou choisir une gestion pilotée clé en mains, qui cherche à optimiser la performance et le risque en fonction de la durée de placement prévue.

LA CONCLUSION d'Édouard PETITDIDIER

Le PER peut être un placement performant pour les épargnants qui choisiront un contrat doté d’une gamme variée de supports pour bien diversifier le capital. Comme il est plus facile de prendre des risques lorsqu’on investit pour dix ou quinze ans, le PER devrait aussi permettre des stratégies assez offensives et donc rémunératrices.

 

df
Pauline Clément
Publié le

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