Epargne : savoir profiter au mieux de son assurance-vie

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© CalypsoArt - iStock

C’est, de loin, le placement préféré des Français : l’encours des contrats d’assurance-vie atteignait ainsi 1 760 milliards d’euros fin septembre 2020, d’après la Fédération française de l’assurance. « C’est un outil très efficace à la fois par sa fiscalité, ses avantages successoraux et sa gestion », résume Stéphane van Huffel, directeur général du cabinet de gestion de patrimoine indépendant Netinvestissement.

Ainsi, l’assurance-vie permet à l’épargnant de décider du niveau de risque qu’il souhaite prendre. Aujourd’hui, plus de 80 % des encours globaux sont placés sur le fonds en euros à capital garanti, dont le rendement moyen atteint 1,46 % en 2019, d’après l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution. Ce taux reste largement supérieur à celui des autres placements sans risque du marché, mais il diminue année après année, dans un contexte de forte baisse des taux d’intérêt sur les marchés obligataires.

De nombreux supports pour doper l'épargne

Par ailleurs, les contrats d’assurance-vie multisupports proposent une large palette d’unités de compte, c’est-à-dire de fonds dans lesquels l’épargnant peut investir. Contrairement au fonds en euros, ils comportent un risque en capital. Tout est possible : actions françaises, européennes ou internationales, de petites ou de grandes valeurs, par secteur ou thème, ou encore fonds obligataires.

Il est aussi possible d’investir dans des sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) dans son contrat d’assurance-vie. Une bonne façon de doper son rendement en limitant le risque. Ces produits investis en immobilier d’entreprise ont rapporté en moyenne 4,4 % en 2019, d’après l’Association française des sociétés de placement immobilier (ASPIM).

Selon les banques, les contrats peuvent proposer plusieurs dizaines à plusieurs centaines d’unités de compte. Au-delà de sa gestion souple, l’assurance-vie permet de bénéficier d’un régime fiscal allégé. « Contrairement à une idée reçue, les sommes ne sont pas bloquées puisque vous pouvez sortir à tout moment. Mais c’est dans la durée que la fiscalité devient avantageuse », résume Stéphane van Huffel.

En pratique, ce sont les retraits qui déclenchent l’imposition. Seuls les gains sont taxés, à un taux variant en fonction de l’âge du contrat. Ainsi, pour les versements effectués depuis le 27 septembre 2017 sur un contrat de moins de huit ans, les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 12,8 % ainsi qu’aux prélèvements sociaux de 17,2 %, soit un total de 30 %. Il est aussi possible d’opter pour une imposition à l’impôt sur le revenu.

Investir utile grâce à l'assurance-vie

Les contrats d’assurance-vie ont l’obligation de proposer un fonds solidaire, un produit labellisé ISR et un fonds labellisé Greenfin à partir de 2022. Autrement dit, il devient très simple d’investir utile grâce à l’assurance-vie. Ainsi, les unités de compte solidaires consacrent 5 à 10 % de leur actif au financement de structures de l’économie sociale et solidaire. Le solde du portefeuille est géré classiquement puisqu’il est investi en obligations et/ou en actions. De leur côté, les fonds d’investissement socialement responsable (ISR) intègrent des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance en plus des ratios financiers classiques. Enfin, les fonds Greenfin mettent l’accent sur la transition énergétique et la lutte contre le réchauffement climatique.

Des avantages successoraux

Pour les contrats de plus de huit ans, et pour les versements réalisés depuis le 27 septembre 2017, les gains en cas de retrait sont taxés à 7,5 % (plus les prélèvements sociaux) si l’encours total de l’épargnant en assurance-vie est inférieur à 150 000 euros. Ce régime fiscal s’applique après un abattement de 4 600 euros pour une personne seule et 9 200 euros pour un couple.

« Il est possible de calibrer le montant de ses retraits afin que le gain reste inférieur à l’abattement. Ainsi, le contribuable ne règle ni impôt ni prélèvements sociaux », explique Morgane Mathot, ingénieure patrimoniale à l’Institut du patrimoine.

Attention, l’abattement n ne s’applique pas sur les prélèvements sociaux. Enfin, l’assurance-vie reste le placement idéal pour préparer sa succession : les versements effectués avant les 70 ans de l’épargnant bénéficient, à son décès, d’un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire.

Ainsi, un parent ayant deux enfants peut leur transmettre 152 500 euros chacun, hors droits de succession. Les sommes versées après 70 ans sont exonérées à hauteur de 30 500 euros, tous contrats et tous bénéficiaires confondus, avant application des droits de succession.

Quelle fiscalité pour vos SCPI ?

Il est aussi possible de détenir des SCPI en direct, en dehors d’un contrat d’assurance-vie, ce qui permet d’utiliser à sa guise les revenus perçus chaque trimestre, par exemple pour compléter votre pension de retraite. Dans ce cas, c’est le régime fiscal des revenus fonciers qui s’applique. Concrètement, votre bénéfice foncier (les revenus moins les charges et les frais de gestion) est soumis aux prélèvements sociaux (17,2 %) et au barème de l’impôt sur le revenu. À noter, les intérêts d’emprunts contractés pour souscrire les parts de SCPI viennent en déduction des revenus fonciers.

 

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