Delphine, 41 ans, en couple, 2 enfants, 3 100 € : "On épargne au maximum pour devenir propriétaires."

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© @M.Zut/Lilapik

Longtemps Avignonnais, Delphine et son compagnon Aurélien ont déménagé il y a deux ans à 20 kilomètres plus au nord, à Courthézon. Ils sont en train de racheter la maison familiale, idéale pour leurs deux petites filles et leurs deux chiens : « A la campagne, avec un grand jardin pour pouvoir faire un potager et alléger les frais de fruits et légumes ». En attendant d’y emménager, dans quelques semaines, et pour éviter à leurs fillettes de changer d’école, le couple s’est installé dans une maison de ville prêtée gracieusement. Ils ne perçoivent donc pas d'APL mais ne paient pas de loyer. « Cela nous a permis de faire pas mal d’économies ! » se réjouit Delphine, qui arrive à mettre 240 € par mois sur un livret d'épargne populaire.

Pour acquérir leur prochain toit, il va leur falloir emprunter, entre 150 000 et 180 000 € (avec des mensualités de 600 € par mois au maximum), et financer pas mal de travaux (70 000 €) : les fins de mois seront sans doute plus difficiles… Mais Delphine n’est jamais à découvert : elle surveille ses comptes de près, grâce à l’application qu’elle consulte tous les deux jours. Chacun d’eux a son propre compte et alimente un compte commun pour les besoins du ménage : « Avec le crédit, nous allons en supprimer pour ne pas multiplier les frais bancaires. » Si l'épargne mensuelle du couple est aujourd'hui conséquente, ce sera en effet une autre affaire lorsqu'il faudra rembourser le crédit de leur nouvelle maison. 

Des salaires modestes et des charges importantes

« Après avoir longtemps travaillé dans une bijouterie d’Avignon, je suis passée par une période de chômage et un congé parental. Depuis bientôt deux ans, j’ai retrouvé un emploi à temps plein à la mairie dans une équipe de propreté urbaine entièrement féminine », explique Delphine.Pour 1 300 € net mensuel, Delphine travaille de 12 h à 19 h et un week-end sur deux. Son compagnon est superviseur à la plateforme Biocoop du Sud-Est et travaille lui aussi en horaires décalés, de 5 h à 14 h et un samedi sur deux. Il gagne entre 1600 et 1800 € net par mois, selon les heures supplémentaires. La CAF leur alloue 132,08 € pour les enfants – de quoi couvrir la cantine (90 € par mois). Pas de frais de garde, les emplois du temps en horaires décalés permettent au couple de se partager les responsabilités : maman les emmène à l'école le matin et papa les récupère le soir. 

Certaines de leurs charges se sont envolées en arrivant à Courthézon : « L’eau, par exemple, est 54 % plus chère qu’à Avignon et nous coûte 500 € par an. Quant à la taxe foncière de notre future maison, elle se montera à 2 400 €… », se désole Delphine. Ils se chauffent avec des convertibles réversibles électriques, ce qui leur coûte 150 € par mois.

L'essence et le tabac, toujours plus chers...

Delphine et Aurélien n'achètent plus de cigarettes industrielles. Mais le tabac à rouler leur coûte 200 € par mois. « Nous ne fumons pas devant les enfants, cela nous a permis de réduire notre consommation, mais l'augmentation du prix du tabac annule les économies que nous aurions pu réaliser », déplore Delphine.

Pour aller travailler, ils ont besoin d’avoir chacun leur voiture, c'est environ 300 € d’essence par mois et 100 € de provision pour l'entretien et les imprévus. « Nous payons 140 € d’assurances par mois, dont 80 € pour les voitures : le transport grève vraiment notre budget », soupire-t-elle. Elle n’est pas imposable et reçoit même un petit crédit d’impôts en déduction de ses trajets professionnels et des dons à Médecins sans frontières. Cela correspond à peu près au montant d’impôts que paye son compagnon : 150 € par an.

Au budget auto du quotidien, il faut ajouter celui des vacances : entre l'essence et l'autoroute (toujours le budget auto...), il faut ajouter les petits extras. Ces plaisirs, deux à trois fois dans l'année, représentent, lissés sur l'année, 200 € par mois. Les vacances, c'est pour le famille au grand complet : avec Chronos et Sansa, leurs deux chiens, qui sont aussi un poste de dépense : entre la nourriture et le vétérinaire, autour de 100 € par mois. 

📊 Des aides supplémentaires grâce à notre simulateur "Vos aides sociales"

En utilisant le simulateur de Dossier Familial, nous apprenons que Delphine a aussi droit à 15 € de prime d'activité, à l'allocation de rentrée scolaire, des aides pour la cantine et la garde de ses enfants, aux chèques vacances ANCV, au billet de congé annuel SNCF et à l'aide aux vacances familiales. Le couple est également éligible à différentes aides pour son projet immobilier, comme l'aide au déménagement, le prêt à taux zéro, le prêt à l'accession sociale, le prêt travaux CAF et Ma Prime Rénov.

Mutualiser les abonnements

Leurs emplois du temps leur laissent peu de temps pour les loisirs, tout juste un cinéma de temps en temps. Quant au sport, ils ont tous les deux arrêté pendant le premier confinement et n’ont pas repris depuis. Leurs filles font de la gymnastique et du judo. Cela coûte à Delphine et son compagnon 300 € par an au lieu de 400 € grâce à 50 € d'aide du Pass sport (cliquez ici pour savoir si vous y avez droit), une aide allouée par le ministère des Sports, et à 50 € d'Aide au temps libre (ATL) de la CAF. 

C’est sur les abonnements que le couple réussit à faire de vraies économies : si les frais d’internet et de téléphone sont incompressibles (68 € par mois), ils partagent avec deux autres couples les abonnements Canal+/CanalSat/Disney+, Amazon Prime, Netflix et Deezer. « Nous ouvrons des comptes familles multi-accès et partageons nos codes. Et nous nous remboursons par virement. Sans cela, nous aurions dû faire des choix », se réjouit Delphine, à qui tous ces abonnements coûtent finalement moins de 40 € par mois. 

Tous les 2 ans, je rappelle Canal Plus pour négocier le prolongement de mon abonnement promotionnel. En général, cela se fait sans problème. L'année dernière, j'ai dû envoyer le recommandé mais ils m'ont rappelée et renouvelé l'offre.

« Par ailleurs, nous achetons peu de vêtements et nos employeurs fournissent nos tenues de travail. Pour habiller correctement les filles à moindre coût – environ 550 € par an –, j’anticipe en faisant deux grosses sessions d’achats pendant les soldes de janvier et de juin », poursuit-elle.

Acheter en grands volumes et faire soi-même

Enfin, pour l’alimentaire et l’entretien, le budget moyen du ménage tourne autour de 500 € par mois. L'ami de Delphine peut bénéficier, pour environ 300-350 €, de produits à prix coûtants chez son employeur Biocoop : « Certes, cela nous oblige à acheter en grands volumes mais c’est bio et pas cher. Nous cuisinons tous nos plats et nous fabriquons nous-mêmes nos produits d’entretien, à partir des produits bruts (vinaigre blanc, acide citrique…) : c’est simple et rapide, bien moins coûteux et beaucoup plus écologique ! ».

Pour la viande, même principe : le couple passe par un ami qui fournit du bœuf en direct du producteur à 15 € le kilo. Mais il faut commander 10 kilos minimum. « Cela nous permet d’être certains de la qualité de ce que nous mangeons. Dans la mesure du possible, nous essayons d’acheter bio et local ». Car si Delphine veut bien économiser, cela ne se fera pas au détriment de la qualité !

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