Souscrire un crédit à la consommation

Souscrire un crédit à la consommation

Le crédit à la consommation connaît en France un certain tassement. Aujourd’hui, les particuliers en usent comme d’un outil de gestion de leur budget. Et restent vigilants pour éviter les accidents de parcours.

L’emprunt est devenu un mode de gestion du budget qui accompagne et facilite les projets tout au long de la vie. Les Français, longtemps réfractaires au crédit, ont appris à se servir de cet instrument de financement.

Cependant, 4,6 % des ménages interrogés au mois de novembre 2008 affirmaient envisager de souscrire un crédit à la consommation dans les mois à venir, contre 5,1 % en 2007. La conjoncture économique risque en effet de freiner les enthousiasmes.

La crise freine les souscriptions

"La production de crédits nouveaux pour l’habitat devrait refluer d’environ 10 % cette année, prévoit André Babeau, conseiller scientifique au Bipe (Bureau international des prévisions économiques). Mais, s’appliquant à un niveau déjà élevé, ce léger tassement ne devrait pas avoir d’incidence majeure."

De fait, ayant intégré les incertitudes de la crise, les ménages français ont révisé à la baisse leurs intentions de recourir au crédit en 2009.

Hiérarchiser les priorités

Surtout, toujours plus fourmis que cigales, les Français demeurent dans un registre raisonnable. Leur taux d’endettement (proportion du revenu annuel des ménages s’ils devaient rembourser tous leurs crédits en même temps) n’atteint que 63,7 % en 2007, ce qui les place en onzième position en Europe, largement derrière les Danois, les Hollandais ou les Britanniques, qui dépassent largement les 100 %.

"Cette prudence les a pour l’instant préservés du choc immobilier qui frappe dans certains états, estime André Babeau. Les indicateurs demeurent plutôt sains dans notre pays."

Les établissements bancaires confirment, en observant que leurs clients ont tendance à hiérarchiser le recours au crédit. "Ils le trouvent tout à fait légitime pour acquérir une voiture neuve, un peu moins pour un véhicule d’occasion. Et beaucoup moins pour un achat coup de cœur", observe un spécialiste du crédit à la consommation.

Eviter les accidents de parcours

Il reste à éviter les accidents de parcours. C’est-à-dire à prévenir aussi bien le malendettement - la suite d’incidents qui fragilisent la situation d’un emprunteur sans pour autant qu’il échoue à honorer ses remboursements - que le surendettement à proprement parler, caractérisé par le défaut de paiement.

En 2008, les commissions de surendettement ont ainsi examiné près de 159 000 dossiers, ce qui représente le plus haut niveau depuis cinq ans. Pour prévenir ces situations, la réglementation bancaire a tissé au fil des ans un filet de protection destiné à aider les emprunteurs à ne s’engager que de manière réfléchie.

La réforme du crédit à la consommation est lancée

La réforme du crédit à la consommation, adoptée par le Conseil des ministres en avril et qui devrait être mis en place le 12 mai 2010, constituerait l’ultime maillon de ce dispositif.

Les banques et établissements financiers qui octroient des crédits doivent être agréés par les pouvoirs publics et sont déjà soumis à un formalisme rigoureux : analyse de la situation financière du candidat, remise d’une offre de crédit détaillée, d’un échéancier des remboursements, précision des conditions de résiliation, de remboursement anticipé du crédit… Leurs obligations seront renforcées.

Ne pas dépasser un certain seuil d'endettement

Nombre de professionnels conseillent aux emprunteurs de ne pas dépasser un taux d’endettement de 30 % (rapport entre la mensualité de crédit et les revenus récurrents).

Pour les spécialistes de la consommation, la vigilance doit surtout porter sur certains crédits à la consommation comme les crédits permanents, qu’il est facile (trop facile ?) de multiplier, au risque de dépasser largement sa capacité d’endettement.

On sait aussi que le surendettement ne naît pas tant de l’excès de crédits (15 % des cas) que des accidents qui heurtent l’existence, comme le chômage, le divorce… Un argument supplémentaire pour conserver une solide marge de manœuvre financière.

Assurer un emprunt malgré la maladie

Parmi les accidents de la vie, un gros problème de santé est-il de nature à éloigner une personne - voire toute une famille - du crédit ? La réponse est "oui, mais". Oui, car son état ne lui permet plus d’accéder à une couverture d'assurance-décès-invalidité aux conditions standard.

Mais, car la convention Aeras (s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé), en vigueur depuis le 1er janvier 2007, s’adresse justement aux personnes qui rencontrent des difficultés pour garantir leur emprunt parce qu’elles souffrent (ou ont souffert) d’un sérieux problème de santé (Pour en savoir plus : www.aeras-infos.fr).

La convention leur propose une couverture dite de deuxième ou troisième niveau, dont le tarif est plus élevé que la cotisation de base (le premier niveau, réservé aux bien-portants), ce qui leur permet de souscrire un crédit.

Pour les personnes plus âgées

S’agissant des crédits immobiliers, ce dispositif vise les emprunts d’un montant maximal de 300 000 € accordés à des personnes âgées de moins de 70 ans au terme du crédit.

En matière de prêts à la consommation, il vise les crédits affectés d’une durée inférieure ou égale à quatre ans, souscrits par des personnes âgées de moins de 50 ans lors du dépôt de la demande et pour lesquelles le montant cumulé des crédits entrant dans cette catégorie ne dépasse pas 15 000 €.

Le crédit conso en chiffres

  • En 2008, 14,5 millions de ménages (soit 52,6 %) détenaient un crédit, pour un encours total de 840,6 milliards d’euros ; 9,05 millions d’entre eux remboursaient un crédit

à la consommation et, parmi eux, 3,35 réglaient aussi un emprunt immobilier.

  • Les crédits destinés à acquérir un logement atteignaient un encours de 698,2 milliards d’euros (142,4 milliards

pour les crédits à la consommation).

  • 54,8 % des moins de 30 ans ont recours au crédit : 19,2 % pour acquérir un bien immobilier (13,2 % en 2001), et 31,9 % pour financer un produit de consommation (44,9 % en 2004).
  • 25,7 % des plus de 65 ans font usage du crédit.

Source : Observatoire des crédits aux ménages (mars 2009).

Crédits conso et crédits immobiliers : quels taux ?

Chaque trimestre, le ministère de l’Économie, après enquête auprès des établissements de crédit, recense les taux effectifs moyens (TEM) qu’ils proposaient. Il calcule ensuite le taux d’usure (TEM + 1/3), niveau au-delà duquel la loi interdit de consentir un crédit. Notre tableau présente les principaux taux publiés au Journal officiel du 31 décembre 2008.

Types de prêts

Taux effectif moyen du 4e trimestre 2008

Taux d'usure au 1er trimestre 2009
Crédits immobiliers
Taux fixe 5,85 % 7,80 %
Taux variable 5,85 % 7,80 %
Crédits à la consommation
Montant inférieur ou égal à 1 524 € 15,99 % 21,32 %
Découvers en compte, prêts permanents supérieurs à 1 524 € 15,83 % 21,11 %

Prêts personnels d'un montant supérieur à
1 524 €

7,44 % 9,92 %