Solliciter un microcrédit personnel

Solliciter un microcrédit personnel
Solliciter un microcrédit personnel

Vous souhaitez emprunter de l’argent alors que vous n’avez pas accès à un crédit bancaire classique ? Le microcrédit a été conçu pour vous.

Des microcrédits depuis 2005

Comment financer la réparation de sa voiture ou surmonter un coup dur quand ses ressources se révèlent insuffisantes pour emprunter auprès d’une banque ? En demandant un microcrédit personnel ! Ce dispositif est mis en place en 2005 (loi n° 2005-32 du 18 janvier 2005) pour permettre aux ménages qui n’accèdent pas aux prêts classiques de souscrire un crédit à la consommation.

Début 2009, plus de 7 000 microcrédits personnels ont été octroyés à des personnes modestes, présentées par différents organismes : points Passerelle, centres communaux d’action sociale (CCAS), missions locales ou associations comme les unions départementales des associations familiales (Udaf), la Croix-Rouge, les Restaurants du cœur, le Secours catholique… Ces prêts bénéficient d’une garantie partielle de l’État. Ce qui conforte les banques partenaires du dispositif, qui implique un suivi social des emprunteurs, de la demande de crédit jusqu’au remboursement.

Emprunter jusqu’à 3 000 € grâce au microcrédit

"Vous pouvez emprunter une somme comprise entre 300 et 3 000 € et la rembourser en six à trente-six mois, explique Arthur Lhuissier, chargé de mission à l’Agence nouvelle des solidarités actives, créée en 2006 pour élaborer des programmes de réduction de la pauvreté. Ces plafonds sont parfois relevés, notamment si vous traversez un épisode difficile : divorce, décès du conjoint, licenciement, problème de santé… Le plus souvent, le taux d’intérêt varie de 3 à 5 %, hors assurance."

Parfois la collectivité locale assume le coût du crédit. C’est le cas, par exemple, en Poitou-Charentes, où le conseil régional rembourse les intérêts à l’emprunteur une fois qu’il s’est acquitté de ses mensualités. Autre spécificité : ce prêt ne comporte aucun frais de dossier.

Salariés, retraités, étudiants ne recevant aucune aide familiale, demandeurs d’emploi ou bénéficiaires de minima sociaux peuvent solliciter un microcrédit, à condition de disposer d’une capacité de remboursement. Sauf exception, l’accès au microcrédit est subordonné à des conditions de ressources.

Le microcrédit ne sert pas à rembourser des dettes

A noter, les 4,2 millions de personnes inscrites au fichier central des chèques ou au fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers de la Banque de France peuvent parfois accéder à ce prêt.

Attention ! Il ne constitue pas un droit. Ce prêt est destiné à financer un projet qui favorise votre insertion sociale et professionnelle (permis de conduire, nouveau logement, formation…) ou pallier un imprévu. "Le microcrédit ne sert pas à rembourser des dettes ni à couvrir un découvert bancaire", met en garde Mathilde Yvon, intervenante sociale à l’Udaf de Rouen.

Comment solliciter un microcrédit ?

Ce n’est pas à la banque que l’on effectue sa demande de prêt. En premier lieu, on contactera par téléphone un organisme local qui propose le microcrédit. Le site www.france-microcredit.org liste leurs coordonnées. Si vous êtes déjà en relation avec une assistante de service social, joignez-la pour lui soumettre votre requête. "Pendant l’entretien, le conseiller vérifie que le microcrédit correspond à votre profil et vous oriente le cas échéant vers une aide sociale, plus adaptée à votre situation", détaille Arthur Lhuissier.

Ensuite, si ce prêt s’avère pertinent, votre contact vous fixe un nouveau rendez-vous auquel vous devrez vous présenter muni des pièces suivantes : carte d’identité, justificatifs de ressources (derniers bulletins de salaire ou d’indemnités Pôle emploi, avis d’imposition ou de non-imposition…) et de charges (quittance de loyer, facture d’électricité…), ainsi que des trois derniers relevés bancaires du ménage.

"Transmettez-lui également un devis ou une estimation financière du projet, conseille Mathilde Yvon. Par exemple, si vous envisagez d’acheter une voiture d’occasion, pensez à en évaluer le montant, mais aussi les dépenses en carburant et en assurance."

Si vos ressources autorisent la souscription d’un emprunt, le conseiller vous aidera à réduire le montant du prêt en cherchant d’autres sources de financement. Par exemple, si vous déménagez, il vous indiquera l’organisme apte à couvrir la caution exigée lors de la signature du bail afin de limiter le montant du microcrédit au paiement de la facture du déménageur.

Ensuite, il transmettra votre demande à la banque partenaire, à qui revient la décision d’octroyer le prêt. En revanche, si le conseiller estime votre budget trop étriqué pour vous permettre de rembourser le prêt, il vous orientera vers des services sociaux.

Microcrédit : l’accord de la banque

Entre le dépôt du dossier et la réponse de la banque, le délai varie d’une structure à l’autre entre dix jours et plusieurs semaines, pour atteindre le plus souvent un mois. Il faut être conscient qu’un quart seulement des demandes de microcrédit aboutissent, les autres étant réorientées vers des structures sociales.

"Une fois le crédit accepté, la banque vous envoie une offre de prêt classique, développe Benjamin Cavalli, chargé du microcrédit personnel à la Croix-Rouge. Vous disposez d’un délai de réflexion de sept jours avant de la renvoyer signée. Puis la banque débloque les fonds, qu’elle verse directement au commerçant ou sur votre compte."

Pourquoi la banque prête-t-elle à des personnes auxquelles elle hésiterait à le faire ? Parce que la loi a créé le Fonds de cohésion sociale, destiné à couvrir le risque d’incident de paiement. Géré par la Caisse des dépôts et consignations, il garantit les microcrédits à hauteur de 50 %. Certaines collectivités complètent le dispositif : le CCAS de Grenoble, par exemple, ajoute une contribution de 15 %.

En cas d’impayé

Lorsque la banque détecte un impayé, elle alerte le conseiller qui a accompagné la demande de microcrédit. Intermédiaire entre l’emprunteur et l’établissement financier, il est là pour aider le débiteur à régler la situation en négociant auprès du banquier, par exemple, un allongement de l’amortissement du prêt. Certains organismes suivent de près les emprunteurs les plus en difficulté afin de prévenir ce type de déconvenue. "Dès que vous éprouvez des difficultés à payer vos mensualités, contactez au plus vite votre conseiller", recommande Arthur Lhuissier.

À ce jour, selon l’enquête des CCAS, seuls 1,55 % des microcrédits octroyés n’ont pas pu être remboursés par les emprunteurs, contre 4 % pour les prêts bancaires classiques… Un effet positif de l’accompagnement social.

Des microcrédits pour les salariés des services à la personne

Depuis l’automne 2009, plus de 20 000 salariés du secteur des services à la personne peuvent souscrire un microcrédit personnel (Credisap). La condition : que leur employeur (entreprise ou particulier) soit adhérent à la Fédération du service aux particuliers, à l’origine de ce nouveau dispositif. D’un montant de 500 à 3 000 €, Credisap est réservé à ceux qui présentent un projet d’insertion économique et sociale, comme l’achat d’une voiture ou le financement d’un logement (caution, frais de déménagement).

À part son taux - il avoisine 2,5 % - et la durée de remboursement (entre douze et trente-six mois), il fonctionne comme un microcrédit classique. Il ne comporte pas de frais de dossier et le Fonds de cohésion sociale, géré par la Caisse des dépôts, le garantit à 50 %. La situation financière des emprunteurs est étudiée afin d’éviter le surendettement. Le cas échéant, la demande d’un tel crédit s’effectue auprès du directeur ou du responsable ressources humaines de la société qui emploie l’emprunteur.