Épargne ou crédit : comment financer un achat ?

Épargne ou crédit : comment financer un achat ?

Au moment dépenser une somme importante, on peut choisir entre deux options : puiser dans son épargne ou souscrire un crédit à la consommation. Quel est le choix le plus judicieux ?

C’est décidé ! Le projet qui vous tient à cœur va se concrétiser. Que vous achetiez une nouvelle voiture ou rénoviez votre cuisine, vous allez dépenser une somme conséquente.

Il convient donc de réfléchir à la meilleure façon de la financer. Certains n’ont d’autre choix que d’emprunter car leur épargne ne couvre pas les 10 000 ou 20 000 € nécessaires.

D’autres, en revanche, ont mis suffisamment de côté pour puiser dans leurs économies. Mais quelle est la meilleure solution ?

Le rendement des placements sans risque est faible

Emprunter n’a jamais été aussi bon marché qu’en ce moment. Pourtant, compte tenu de leurs inquiétudes sur leurs revenus futurs, les particuliers préfèrent puiser dans leur patrimoine financier plutôt que souscrire un prêt, explique Cyril Blesson, associé de PAIR Conseil, société d’études économiques et financières.

D’un strict point de vue financier, mieux vaut aujourd’hui puiser dans son épargne pour financer un projet, car le rendement des placements sans risque comme le livret A est aujourd’hui très faible.

Mais d’autres critères entrent en ligne de compte  : une part de votre épargne de précaution doit être conservée pour faire face aux imprévus.

Souscrire un crédit pour préserver son épargne

Mode d’emploi : si vous avez besoin d’environ 20 000 €, par exemple, vous pouvez souscrire un crédit à la consommation auprès de votre banque ou d’un établissement spécialisé. Les taux varient le plus souvent entre 2,9 et 6,9 % en fonction du montant exact et de la durée de remboursement choisie.

Le coût : vous empruntez 20 000 € sur 5 ans au TAEG (taux annuel effectif global correspondant au coût total intégrant tous les frais) de 5,3 %, soit 60 mensualités de 379,08 €. Coût total : 2 744,80 €.

Mais l’opération sera moins onéreuse si vous empruntez sur une période plus courte : un crédit de 20 000 € sur 2 ans, remboursé en 24 mensualités de 879,04 € à un taux de 5,3 %, correspond à un coût de 1 096,96 €.

Nos conseils : veillez à choisir un crédit en adéquation avec votre projet : un crédit auto sera généralement plus avantageux qu’un prêt personnel sans affectation spécifique. De même, calibrez au plus juste la durée de remboursement car plus le crédit est long, plus il coûte cher.

Les pièges à éviter : attention à ne pas multiplier les crédits : si vous remboursez déjà un emprunt immobilier et éventuellement un premier crédit à la consommation, il est peut-être plus judicieux de financer votre projet en puisant dans votre épargne de précaution.

Un site : lesclesdelabanque.com, édité par la Fédération bancaire française (FBF).

Puiser dans son épargne pour maîtriser le coût

Le plafond des dépôts sur le livret A est de 22 950 euros depuis le 1er janvier 2013 (source : ministère de l’Économie).

Mode d’emploi : le plus simple, pour environ 20 000 €, est de retirer cette somme de votre livret A et/ou de votre livret de développement durable, sans frais ni conséquences fiscales.

Le coût : une fois la somme retirée du livret, elle ne vous rapporte plus rien, ce qui permet de calculer le manque à gagner.

Si vous aviez laissé les 20 000 € fructifier sur un livret A durant 5 ans, rémunéré au taux actuel de 1 % par an, ce capital vous aurait rapporté 1 020,20 € en tenant compte des intérêts capitalisés chaque année.

Ce manque à gagner est très largement inférieur au coût d’un crédit à la consommation sur 5 ans (2 744,80 €) pour une telle somme. Mieux vaut donc, d’un strict point de vue financier, puiser dans votre épargne plutôt que d’emprunter.

Nos conseils : il est conseillé de ne prélever qu’une partie de votre épargne et de souscrire un crédit pour le solde, de façon à conserver une épargne de précaution (deux ou trois mois de revenus) pour financer les imprévus.

Les pièges à éviter : l’épargne à long terme – plan d’épargne en actions (PEA) ou assurance-vie – n’a pas vocation à être débloquée pour payer une dépense de consommation.

Mieux vaut la conserver pour financer, à terme, votre retraite. D’ailleurs, les éventuels retraits sur un contrat d’assurance-vie entraînent des conséquences fiscales, en fonction de l’âge du contrat, qui alourdissent le coût de l’opération.

De plus, en puisant dans votre assurance-vie, dont le rendement annuel est supérieur à celui du livret A, vous augmentez le manque à gagner.

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