Crédit : devez-vous choisir un taux fixe ou révisable ?

Crédit : devez-vous choisir un taux fixe ou révisable ?

Au départ, un prêt à taux révisable paraît moins cher qu'un crédit classique à taux fixe. Mais l'économie réelle dépend de l'évolution des taux d'intérêt. Bref, c'est un pari sur l'avenir...

"Souhaitez-vous un taux fixe ou un taux révisable ?" C'est en général l'une des premières questions que vous posera votre banquier si vous avez un jour besoin d'un crédit immobilier. Les banques vous laissent en effet libre de choisir l'une ou l'autre des deux formules. Or la décision n'est pas facile à prendre.

Taux fixe : aucune surprise à attendre

Le crédit classique à taux fixe a le mérite de la sécurité, puisque tout est prévu d'avance. Aucune surprise - bonne ou mauvaise - à attendre !

Avec un crédit à taux révisable, toutes ces données peuvent évoluer dans le temps. Ce n'est qu'au final que vous saurez si vous avez fait une économie ou non par rapport à un prêt à taux fixe.

Taux révisable : il est recalculé tous les ans

Dans les formules à taux révisable, le taux annoncé au départ n'est valable que pour une certaine période, un an par exemple. Régulièrement, en général chaque année, la banque recalcule un nouveau taux qui s'applique jusqu'à la révision suivante, et ainsi de suite jusqu'à la fin du prêt.

Comment la banque calcule-t-elle un taux révisable ?

Pour calculer un taux révisable, les banques se réfèrent le plus souvent à un indice européen : l'Euribor. C'est le taux d'intérêt, calculé chaque jour ouvrable, que les banques appliquent aux prêts qu'elles se font entre elles pour des durées courtes (un mois à un an…).

À l'indice, la banque ajoute ensuite sa marge (qui tient compte notamment du risque d'impayés sur les crédits accordés).Les années suivantes, la banque refait ce même calcul en remplaçant l'ancien Euribor par celui qui est publié dans les jours qui précèdent la révision.

Un crédit à taux révisable suit donc fidèlement les variations des taux d'intérêt européens. S'ils baissent, votre crédit vous coûte moins cher. Certaines banques vous proposent alors d'en profiter pour réduire vos remboursements mensuels. D'autres vous suggèrent plutôt de raccourcir la durée de votre crédit, ce qui permet de payer moins d'intérêts. Enfin, d'autres banques vous laissent le choix.

Et si l'Euribor monte ? Le taux de votre prêt grimpe aussi et son coût total s'alourdit. Selon les banques, cela se traduit soit par une hausse de votre mensualité, soit par un allongement de la durée du prêt, soit par un mélange des deux.

Des garde-fous pour éviter les dérapages

Pour éviter que votre mensualité ne s'envole ou que la durée de remboursement ne s'allonge trop, de nombreux prêts à taux révisable sont assortis d'un garde-fou : la banque prévoit au départ un taux maximal (un "cap") que le crédit ne pourra jamais dépasser. Ce cap est souvent fixé à 2 % ou 3 % au-dessus du taux initial, par exemple 6,50 % ou 7,50 % hors assurance si vous empruntez au départ à 4,50 %.

Autre variante : certaines banques encadrent le taux de leur prêt révisable dans un "tunnel". Elles garantissent un taux plafond mais fixent aussi un taux plancher, en dessous duquel le crédit ne pourra pas baisser.

Taux révisable : bonne ou mauvaise affaire ?

Depuis plus de dix ans, les emprunteurs qui ont opté pour un prêt à taux révisable ont, dans l'ensemble, été gagnants : le coût de leur crédit s'est allégé car les taux d'intérêt ont régulièrement diminué en Europe. Mais ils sont aujourd'hui descendus fort bas. Il y a donc peu de chances pour qu'ils baissent encore de façon importante. Il est même probable qu'ils remontent si la croissance économique se fait plus vigoureuse.

Le contexte est donc peu porteur pour les prêts à taux révisable. Mais il leur reste l'avantage d'être au départ moins chers que les crédits à taux fixe. L'écart est variable selon les périodes, mais il arrive que le taux d'un prêt révisable soit au départ inférieur de 1 % - ou même davantage - à celui d'un crédit à taux fixe.

Or les premières années d'un crédit sont les plus coûteuses en intérêts, car ils sont calculés sur le capital que vous devez encore à la banque, plus important au début qu'en fin de parcours, où vous en aurez déjà remboursé une large partie.

Ne pas savoir à l'avance... Résultat ? Profiter d'un taux plus faible au départ - même s'il est majoré ensuite - permet parfois de faire quand même des économies.

Conclusion : choisir un prêt à taux révisable, c'est donc accepter de ne pas savoir à l'avance si vous faites ou non une bonne affaire…

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